Les Oneiroi, la mythologie et l’interprétation des rêves

interpreter-reves-onirologieAujourd’hui, j’ai envie de vous parler de l’interprétation des rêves. Peut-être parce que la saison onirique, enfin un peu plus propice aux rêves, a repris pour moi. C’est un sujet passionnant que j’ai exploré plus ou moins régulièrement. Cette exploration a commencé, il y a plus de 20 ans maintenant. Cela a commencé avec un livre, qui trainait dans la bilbiothèque de ma soeur aînée. Il parlait en introduction de l’étude des rêves, je crois et de la psychanalyse. Puis, il y a avait un dictionnaire avec des propositions d’interprétations. C’est à dire plusieurs réponses possibles pour comprendre la présence d’une personne, d’un objet dans un rêve selon le contexte. C’est ainsi que j’ai débuté. Je m’y suis remise un peu, il y a quelques années en commençant un journal de rêve sur pc. Plus pratique que le pc pour faire des statistiques sur les élements récurrents. Aujourd’hui, j’aimerai vous parler de l’origine des mots onirologie, oniromancie, onirocritique, onirique….

Petit détour par la Grèce antique

Tous ces mots tirent leur origine du grec óneiros, qui désigne les songes, ceci que ce soit un rêve ou un cauchemar. Apparenté à ce dernier, le mot oneiroi (un pluriel) désigne des divinités du rêve. Selon Hésiode (un poète grec du VIIIe siècle av. J.-C.), ils sont les fils de la déesse Nyx (nuit), qui les conçut seule. Ce phénomène de conception est appelé la parthénogenèse, du grec parthenos, vierge, et genesis, naissance. Bref, ils sont nés d’une vierge. Ils sont aussi frères d’Hypnos (le sommeil), de Thanatos (la Mort) et de Geras (la vieillesse). C’est une première version de leur histoire, mais il y en a d’autres. Marcus Tullius Cicero, homme d’Etat et auteur latin,  reprend le même scenario, à la différence qu’il ajoute un compagnon à Nyx. Pour lui, elle aurait conçu les Oneiroi avec Erebus (les ténèbres).

Ces divinités qui façonnent les rêves

Euripide, par exemple, les décrit comme des démons aux ailes noires, enfants de Gaia (la terre). Selon le poète latin Ovide, ils sont fils d’Hypnos (le sommeil). Il en désigne trois en particulier par leurs noms. Il y a Morphée (forme) ou Morpheus en latin, qui prend l’apparence des personnes humaines dans les rêves. Il est représenté sous les traits d’un jeune homme aux ailes de papillon. Il porte le plus souvent un miroir à la main et des pavots soporifiques dans l’autre. Il octroie le sommeil en touchant une personne avec ses pavots. Son frère, Icelos (Semblable) ou Phobetor (Effrayant) prend l’apparence d’animaux dans les songes. Enfin, Phantasos (Apparition) se change en terre, en roches, en eau ou en bois. Dans l’Odyssée, œuvre d’Homère, il les décrit sortant chaque nuit de leur demeure sombre (une grotte) aux confins occidentaux de l’Océan, dans l’Érèbe.

Vous remarquerez, que tous les protagonistes de ces récits mythologiques, évoquent le monde ou l’environnement du rêve. Nous avons Nyx ou la nuit, qui est la période du sommeil et donc des rêves. Il y a son compagnon Erebus, les ténèbres ou le manque de lumière qu’on peut expérimenter la nuit. Parmi les enfants de Nyx, nous avons aussi Hypnos qui désigne le sommeil, Thanatos ou la Mort, qui est une sorte de sommeil éternel. Enfin, il y a Geras la vieillesse. Car c’est à la fin du jour que nous connaissons le sommeil et à la fin de la vie, que nous entrons dans la mort. Quant aux Oneiroi, ils sont vraiment en action dans le sommeil en produisant la matière des songes, c’est à dire des formes ou des illusions, que ce soit des êtres humains, des animaux ou des environnements.

Les rêves peuvent véhiculer des messages utiles à notre croissance personnelle et notre spiritualité.

Divinités citées dans l’article : Gaïa, Nyx, Hypnos, Thanatos, Geras, Erebus, Morphée, Icelos, Phobetor, Phantasos.

La précision dans nos comptes-rendus spirituels

Ces dix dernières années, j’ai eu l’occasion de participer à des formations de traditions de la sphère païenne contemporaine. J’ai également pratiqué une forme d’auto-formation en tenant des blogs où je partageais mes retours d’expériences. Rédiger ces billets me permettait de prendre de la distance par rapport à mon vécu, tout en bénéficiant des regards extérieurs des lecteurs. Au fil des années et en me relisant, j’ai pris conscience d’une chose. Quand j’écrivais des impressions globales au sujet d’un exercice, d’une leçon ou d’un sujet, sans citer un (ou des) exemples précis, c’est que je n’avais pas fait les choses à fond.

Ecrire flou pour mieux se flouer ?

Ecrire flou ou des impressions générales est le symptôme d’une sorte de fuite ou d’évitement pas forcément conscient. Je vais présenter ci-dessous un exemple, pour être plus concrète. La phrase ci-dessous est issue d’un compte-rendu sur le thème de la part d’ombre, un concept issu des théories du psychiatre C.Jung, qui déborde aussi sur des thèmes spirituels.

« Cet exercice sur l’ombre m’a permis d’explorer une partie de ma psyché ignorée. J’ai ainsi pu prendre conscience de ma propre obscurité dans mes relations sociales. »

Adopter la pensée d’un autre

Cette phrase peut être sincère. Elle pourrait être écrite par quelqu’un ayant fait un travail profond sur lui-même à ce sujet. Elle expose des généralités, sans rentrer dans les détails. Mais, elle pourrait très bien aussi être écrite par quelqu’un qui a lu un livre ou une leçon passionnante sur l’ombre. Elle s’est sentie concernée en lisant certains exemples proches de son vécu, au point de croire avoir trouvé des réponses pour elle-même. Mais, en réalité, elle n’a pas forcément creusé plus loin. C’est le défaut parfois de la lecture. Adopter le point de vue d’un auteur qui nous plait, le faire sien en oubliant que nous n’avons pas forcément expérimenté concrètement ou en profondeur, ce dont il est question. La même chose peut se produire avec une vidéo ou une conférence.

« Du moment que certaines paroles nous plaisent, nous les reprenons à notre compte comme si nous en avions l’expérience et notre pensée réelle, vivante, spontanée, est remplacée par la pensée de nos parents, la pensée de nos maîtres, la pensée de ceux que nous avons admirés dans notre adolescence, la pensée de ceux dont les livres nous ont influencés. »

Extrait de « Bienvenue sur la voie » – Arnaud Desjardins

Je pense que lorsque nous rédigeons un compte rendu d’expérience spirituelle, pour soi ou dans le cadre d’une formation, la précision est importante. Lorsque je rédige un compte-rendu spirituel, j’essaie (parfois j’oublie…) de relier mon impression concernant les connaissances acquises à un exemple précis et concret. Si nous reprenons la phrase ci-dessus, il s’agira de lister qu’est-ce que j’entends par « ma propre obscurité ». Qu’est-ce que cela désigne en termes de traits de personnalité ? A quelles occasions en ai-je pris conscience ? C’est évidemment plus difficile, mais bien plus enrichissant. Cela évite aussi de se raconter à soi-même, et en toute bonne foi, des « salades » sur ce que nous retirons d’une formation, d’une vidéo, d’une conférence ou d’une lecture. Car notre égo est parfois assez prompt à nous tromper à ce sujet. Etre plus concret et moins dans les concepts….

© Sterenn – 2016

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L’Ambiance du solstice d’été (Litha, Alban Hefin…)

Pour parler du solstice d’été, je pourrais évoquer la façon dont mes ancêtres le célébraient, d’après ce qu’en disent les sources. Je pourrais aussi invoquer le témoignage de groupes (néo)païens ou d’auteurs celtisants ou druidisants. C’est ce que j’aurai fait probablement, il y a quelques années, quand je n’écoutais pas mon propre ressenti et que j’estimais que d’autres savaient mieux que moi. Mais, ça s’était avant… Aujourd’hui, j’ai décidé de témoigner de ce qu’évoque pour moi en dehors de ces sources, le solstice d’été.

Quand la communauté se rassemble…

La mi-juin et le solstice d’été sont liés dans mes expériences à une période de fêtes et de rassemblements. J’ai grandi dans une commune rurale d’à peine plus de 600 habitants. Pour nous, cette période était associée aux premiers pique-niques, qui rassemblaient la famille ou les amis en bordure de rivière à l’ombre d’un bois ou dans un pré bordé d’arbres (avant que le remembrement ne détruise les haies bocagère en créant de grandes parcelles céréalières impropre aux pique-niques sauvages…). C’est aussi la période des fêtes de fin d’année des écoles, qui rassemblent les familles autour d’un après-midi de fête costumé. Chacun mettait les « mains à la pâte » pour faire tourner cet événement animé bénévolement. Les uns tenaient le stand frites/saucisses, pendant que d’autres géraient la pêche à la ligne, le bar, la tombola, les jeux d’adresse, les stands d’artisanat locale (panier en osier, broderie, crochet…) ou le tour en carriole avec le cheval ou l’âne sorti de son pâturage pour l’occasion.

La fête se finissait tard dans la nuit après un repas commun servi dans la salle des fêtes (bâtie aussi bénévolement par les habitants) autour d’un feu de joie, au son du violoneux et de l’accordéon. Autrefois, on brûlait un grand mât orné d’une couronne de branchage et de pétards, puis vint la mode des feux d’artifice. On oublia alors le feu de joie et son mât. C’est aussi à cette saison que j’ai participé à mes premières rencontres païennes, pendant lesquelles nous nous couchions tard dans la nuit après de longues discussions devant nos toiles de tente à la lueur du feu ou… de la lampe torche.

Abondance au jardin

Le solstice d’été, c’est aussi les fruits d’été du jardin. Je me souviens des petits matins ensoleillés accompagnant mes parents dans le jardin pour arroser les légumes et en récolter certains… croquer une fraise au passage. Ce sont les cabanes faites avec des tréteaux de bois et des couvertures sur la pelouse. C’est aussi le petit pré, près du jardin, que mes parents allaient faucher pour faire du foin à l’odeur chargé de soleil si agréable.

Ce sont les fleurs des champs cueillis pour faire des bouquets champêtres ou des couronnes. C’est une époque où l’ensoleillement aidant, nous passions plus de temps dehors et plus longtemps le soir. En cela effectivement, c’est la victoire du soleil. Un temps de fête. Un temps d’abondance. Un temps de rassemblement. C’est une époque propice aussi à l’observation du coucher du soleil et des étoiles dans le ciel dégagé.

Intuition, rêves….

La période entre le solstice d’été et le début du mois d’août est un temps pendant lequel j’ai été jusqu’à présent plus susceptible de faire des rêves significatifs. En fait cette période, plus favorable, va en gros de mai à octobre, mais est plus manifeste à partir du solstice d’été. Pendant de longues balades, la connexion avec la terre et ses rythmes est restaurée. Je suis moins enfermée à la maison ou au bureau, moins enchaînée aux nouvelles technologies. La vie se manifeste comme une énergie abondante, foisonnante et généreuse.

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© Sterenn – 2016