Lettre à mes ancêtres ou proche défunts

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Bonsoir,

Je vous salue mes ancêtres en cette période d’honneur à nos défunts. Je ne vous ai pas oublié, mon papa, mon neveu, mes grands parents, mes oncles et ma tante.

Cette année, je ne peux me déplacer sur vos tombes ou m’occuper de votre autel, à cause d’un problème de santé. Malgré cette difficulté, je tiens à vous rendre hommage. Ce sera un hommage public et sur une sorte d’autel virtuel, ce blog spirituel. Car je ne crains pas d’afficher l’amour et le respect que j’ai pour vous. Depuis mon enfance, je sens que vous êtes à nos côtés. C’est une conviction personnelle, quelque chose de subtil.

Notre famille était unie et solidaire de votre vivant, et je pense qu’elle l’est toujours aujourd’hui par-delà la vie et la mort. Je suis heureuse de perpétuer après vous ces liens de solidarité au sein de notre clan. Je sens que vous me protégez, même si parfois j’ai agis d’une façon que vous n’auriez peut-être pas approuvé. Devant vous, je ne crains pas de reconnaître mes erreurs. Je ne peux rien vous cacher et vous savez subtilement me guider pour que je puisses apprendre et me corriger. Vous avez chacun des qualités, dont je peux m’inspirer pour évoluer.

Je regrette que nous n’ayons pas pu passer plus de temps ensemble. J’aurai aimé apprendre encore plus de vous, partager de la joie et de l’amour. J’aurai aimé aussi pouvoir bénéficier plus longtemps de la guidance, de la bienveillance et de la protection d’un père, mais la vie en a décidé autrement. Je constate que nous ne savons pas toujours jouir pleinement de l’opportunité d’être vivant, ensemble et en bonne santé, quand elle nous est offerte. Car nous pensons trop souvent pouvoir remettre à demain.

En ces jours de fin d’année celtique et d’honneur aux proches défunts, je tenais à vous rendre hommage du fond du coeur pour tout ce que vous m’avez donné. Et j’espére être digne de bénéficier encore longtemps de votre protection et de votre guidance, ainsi que toute notre famille.  Puissiez-vous accorder l’abondance, la santé, la bonne entente et la joie à vos descendants.

Puisses votre séjour parmi les bienheureux être agréable et joyeux.
J’espère que vous y avez aussi retrouvé des proches, heureux de vous accueillir parmi eux avec amour et dans la félicité.

Ancêtres communautaires, culturels et/ou héros

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Ancêtre… ce mot désigne en premier lieu l’ascendant familial, que soit une filiation biologique ou que celle-ci aie été établie par un acte d’adoption. En second lieu, l’ancêtre désigne une personnalité défunte remarquable d’une culture et/ou de mon cheminement personnel. Cette personne incarne un fondateur, un héros, un sage, un pionnier, un auteur, un citoyen engagé, un souverain, un visionnaire, un artiste, etc. Il s’agit de quelqu’un qui a marqué son époque, une civilisation, une communauté ou plus modestement votre vie. Elle vous inspire dans vos actions, même si vous ne l’avez pas connu personnellement de son vivant. Elle vous a précédé peut-être dans le domaine où vous exercez, et fait figure de modèle pour vous. Il est possible que ce soit sa personnalité hors du commun, qui suscite votre admiration et le désir de suivre son enseignement.

Ma liste d’ancêtres comporte plusieurs noms. Je ne vous en présenterais  qu’un pour illustrer mon propos. Et si cela vous tente, je serais ravie que vous me présentiez l’un des vôtres en utilisant la zone de commentaire de cet article.  Certains d’entre vous, on peut-être la reine Boudicca, un auteur célèbre ou le fondateur d’une tradition ésotérique… ?

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Ayant découvert son histoire au travers d’un roman de Christian Jacques (La reine liberté), j’en ai peut-être une vision romancée. Cette souveraine a vécu pendant la période de domination de l’Égypte par les Hyksôs. Elle a aidé son époux, puis son fils à reconquérir le pays. Ce dernier dit d’elle dans une inscription :
« Celle qui a accompli les rites et pris soin de l’Égypte. Elle a veillé sur ses troupes et les a protégées. Elle a ramené ses fugitifs et rassemblé ses déserteurs. Elle a pacifié la Haute Égypte et a chassé les rebelles. »
Elle a reçu une décoration militaire pour faits d’armes remarquables (3 mouches d’or de la vaillance). Ceci est exceptionnel pour une reine, cette décoration est remise aux combattants. A mes yeux, elle représente :
– la résistance face à l’adversité,
– un engagement à défendre sa liberté et celle des autres,
– le désir de sauvegarder, restaurer et perpétuer sa culture, ce en quoi on croit ( religion, valeurs, éducation…),
– le courage et la force féminine,
– la souveraine juste qui agit conformément à la règle de Maât (concept égyptien).
Elle a assuré pleinement le rôle de régente et elle a administré judicieusement le pays à la mort de son époux ou lorsque son fils se battait. En bon leader, elle a motivé aussi les autres à se battre et les a inspiré. Si bien, que les égyptiens lui vouèrent un culte longtemps après sa mort.

Photo source : https://templeofmut.wordpress.com/2012/11/29/queen-ahhotep-the-badass-matriarch-of-egypts-17th-dynasty/

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Exemple de lettre aux ancêtres…

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La saison et ses festivités font honneur aux ancêtres. C’est l’occasion de se replonger dans l’arbre généalogique et/ou de faire un point sur notre rapport aux ancêtres. Je vous partage ci-dessous un exemple de lettre à adresser à sa lignée biologique…

Chers ancêtres biologiques,

Je suis vous avec toutes vos forces et vos faiblesses. Je porte inscrite dans chaque cellule de mon corps, le témoignage de votre existence. Grâce à vous, je suis aussi unique et j’ai ma propre voie à tracer. Ma vie se place dans la continuité des vôtres. Pour autant, je ne suis pas tenue d’accomplir, ce que vous n’avez pu réaliser. Par ces mots, j’invite notre lignée à se libérer de tout lien de fidélité nocif des ascendants vers leurs descendants.

En fonction des circonstances et de votre volonté, vous aviez en vous le potentiel de réaliser le meilleur comme de vous fourvoyer. Vos choix vous appartiennent. Mais il est possible, que je ne sois pas toujours en accord avec eux. Aujourd’hui réconciliée avec ce passé, j’accepte que vous n’ayez pas été parfaits. Et je reconnais, que je ne le suis pas moi-même. Vous ne répondez pas plus à toutes mes attentes, que moi aux vôtres. Acceptons-nous tel que nous sommes et sans rancoeur. Qui sait ce que j’aurais fait à votre place, dans les mêmes circonstances ? Peut-être n’aurais-je pas mieux agi que vous. Cette leçon de vie, je vous la dois, tout comme la vie dont je jouis.

Pour cela soyez remerciés et honorés,
Ancêtres que je connais pour vous avoir côtoyés,
Aïeuls dont ils ne restent que des noms sur du papier,
Ascendants depuis des décennies oubliés.

 

 

 

Ce que j’apprécie dans le néo-paganisme

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C’est un peu difficile de désigner ce que j’apprécie dans le néo-paganisme. Parce que cette étiquette est attribuée à une large palette de croyances, de pratiques, comme de traditions parfois interrompues et récemment reconstruites. Je parlerai donc de ce que j’apprécie, dans ce que je pense que nous avons en commun.

Le refus du prosélytisme et la liberté de conscience

Dans notre cas, c’est même plus qu’un refus. Le prosélytisme ne fait tout simplement pas partie de la culture néo-païenne. Car celle-ci prend racine dans des formes de spiritualités non-missionnaires. Il n’est pas question de changer les autres pour les faire adhérer à nos idées et changer le monde, non ! Il s’agit plutôt de se comprendre soi-même, pour mieux comprendre le monde et vivre en composant avec lui. De ce fait, les néo-paiens sont assez attachés, je pense, à la notion de liberté de conscience. Cette liberté, nos ancêtres ou nos prédécesseurs, ont pu en être dépossédés par d’autres courants religieux ou même des régimes politiques. Ces événements ont laissés des blessures dans la mémoire collective païenne.

Le pragmatisme

Le néo-paganisme sous certains aspects est très pragmatique. Je pense par exemple aux célébrations de la roue de l’année, même si leurs noms peuvent varier d’un groupe ou d’une tradition à l’autre. Elles concordent avec des événements astronomiques et marquent des cycles saisonniers, observables dans la réalité et ayant des répercussions concrètes au quotidien. Par exemple, l’hiver, c’est pas la saison des tomates. N’en déplaisent aux supermarchés qui essaient de nous refourguer tous les ans une matière rose, dur, sans goût et onéreuse cultivée en serre à coups de produits chimiques. La roue de l’année nous apprend les cycles de la vie, saisonniers, des âges, bref… la réalité dans laquelle nous vivons. Et dans celle-ci se succèdent vie, mort et renaissance. L’hiver n’est pas l’été. Il n’y a pas de croissance perpétuelle. La jeunesse perpétuelle n’est pas un ideal à atteindre, car tous les âges de la vie sont sacrés et porteur de richesses, chacun à leur façon. Ces événements de la roue de l’année ne discriminent personne. Car le soleil et la lune se lèvent pour tous, que vous soyez un homme, une femme, homosexuel, transsexuel, noir, blanc ou jaune de peau, de gauche ou de droite, petit ou grand, maigre ou obèse, jeune ou vieux, croyant ou athée… Les solstices et les équinoxes se produisent tous les ans et pour tous. Ils sont juste inversés entre l’hémisphère Nord et le Sud. Quand est célébré Beltane en Australie, on fête Samhain au Royaume-Uni. Les divinités et les mythes concourrent à cette compréhension du monde et à la bonne participation des humains à celui-ci.

Pouvoir conjuguer le divin et le sacerdoce au féminin

Le néo-paganisme honorent les manifestations féminines du divin. Il y est aussi possible pour les femmes d’exercer des sacerdoces, de conduire des rituels, bref d’être automnes et créatives dans le domaine spirituel.

Le néo-paganisme est créatif

Cette mouvance contemporaine est jeune, même si elle s’inspire de religions anciennes. Et je la trouve créative dans sa façon de ressusciter les anciens cultes, mais aussi de mettre en oeuvre des événements, des ateliers, des formations, un artisanat spécifique, des médias (forum, Web radio, webzine, page et groupe facebook) pour relier les pratiquants entre eux et faire vivre la communauté. Chacun peut mettre la main à la pâte et apporter sa contribution. C’est festif, vivant et collaboratif.

Mon point de vue est évidemment subjectif et je me suis concentrée sur le positif. Il y a du négatif aussi. Mais d’autres blogs ayant déjà traités de ces aspects, j’ai choisi de parler du bon côté.

Eco-paganisme, tiny house, handicap et habitat…

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Curieuse des innovations proposées par les citoyens, en France ou ailleurs, pour faire changer la société, je vois régulièrement passer des articles sur le concept de tiny house. J’ai pas encore trouvé de terme français équivalent à part «petite maison». Amis québécois, avez-vous une expression pour ce type d’habitat ? Si, oui, je veux bien la connaître. Je trouvais le concept sympathique, car économique, faisant appel au recyclage ou à l’auto-construction à base de matériau souvent écologique. Et puis, étant malade et limitée dans ma mobilité depuis quelques semaines, il y a un détail qui m’a alors frappé.

La tiny house et sa chambre en mezzanine

Dans ma situation, vivre dans une tiny house serait difficile, voire pas possible et aussi pour beaucoup de personnes handicapées ou malades. En effet, sur beaucoup de modèles j’ai vu la chambre en mezzanine au dessus du coin repas/cuisine accessible par une échelle ou un tout petit escalier bois à la pente bien raide. Imaginez-vous aller vous coucher avec une cheville, un poignet ou une jambe cassée, un lumbago, une sciatique, etc. Vous voyez le problème ? En fouillant sur le net, j’ai trouvé des sites anglophones de constructeurs avec les mots clés du handicap et tiny house. Donc, certains se sont posés la question. Côté francophone… quasiment rien (ou alors j’ai mal cherché), à part une proposition de rampe pour fauteuil roulant pour accéder au rez-de-chaussée, mais et le coin chambre en hauteur ? En fait, la conception des tiny house souffre du même défaut que la construction classique ou que l’urbanisme depuis des décennies. L’habitat est pensé en prenant comme modèle type de d’habitant, un homme jeune et en bonne santé. Les problèmes liés à la santé, aux handicaps, à l’âge (bébé, enfant, personne âgée) ou à des situations particulières mais faisant partie du court de la vie comme grossesse et maternité, sont négligées.

La vision païenne sacre tous les âges de la vie

Il me semble que nos traditions via la roue de l’année et ses cycles, le respect aux ancêtres, nous enseignent que la vie, ce n’est pas croire que nous serons jeunes, beaux et en bonne santé éternellement. J’ose espérer que la sagesse de la terre et de nos prédécesseurs, nous a amené amis lecteurs à intégrer cette réalité. J’ose espérer que l’habitat inspiré par une spiritualité paienne sera aussi respectueux de la nature et que de la diversité de la condition humaine. Ceci signifie aussi être critique des architectures anciennes, s’en inspirer, mais aussi les adapter pour ne pas exclure les paiens à mobilité réduite, malades, de la communauté et de ses activités. Laissé un participant en fauteuil roulant dehors, parce qu’aucune rampe n’a été prévue sur la reconstitution d’un joli temple accessible par un escalier, ce serait dommage…

Penser autrement le vivre ensemble

Il me semblerait plus logique, que les normes de construction soient basées sur un profil d’habitant à handicap. Car une personne en bonne santé peut se servir d’un espace adapté pour des personnes à mobilité réduite, mais pas l’inverse. Ce sont les personnes jeunes et en bonne santé, qui ont le plus de possibilité de s’adapter à leur environnement. C’est un peu comme la domotique, pouvoir faire fonctionner par télécommandes et automatismes sa maison devrait rendre de grands services aux personnes à mobilité réduite. Hors, est-ce cette population qui a le meilleur accès à cette technologie ? Pas forcément car les installations ont un coût, difficile à supporter pour ces foyers souvent à faibles revenus. Par contre, vous verrez des habitats haut de gamme de gens en parfaite santé truffés de ces équipements, qui leur sont finalement bien accessoires. Là encore, j’ose espérer que la sagesse païenne nous amène à rendre accessible aux populations, qui en ont le plus besoin, les technologies qui leur correspondent.

Nota bene : y’a surement moyen de faire une tiny house avec couchage au rez-de-chaussée rabattable ou encastrable.