(Néo-)Paganisme et ouverture d’esprit

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Je me rends compte aujourd’hui, que le (néo-)paganisme est une voie qui m’a permis d’enrichir mon vocabulaire religieux et d’être plus curieuse dans ce domaine. Il faut dire, que cette expérience est difficilement comparable avec la catéchèse. Le (néo-)paganisme a demandé un engagement personnel plus important de ma part. De plus, la multitude de traditions et de courants, au coeur de cette mouvance m’a amené à côtoyer, à étudier et à ritualiser avec des personnes ne suivant pas exactement la même voie que moi. Nous nous contrefichions de savoir lequel de nous était le plus dans le vrai. Le plus important était d’être rassemblé pour partager ensemble un moment de devotion et de fraternité.

La catéchèse, le choix des parents et l’incohérence des adultes 

Si je dois comparer mes années de catéchèse avec mes années d’initiation au (néo-)paganisme, je dirai que cela n’a vraiment, mais vraiment rien à voir. Commençons par le commencement. Je n’ai pas choisi de devenir catholique, ni de suivre la catéchèse, ni de faire mes communions. Donc à chaque cérémonie de ce type, j’ai du mentir et réciter des paroles vides de sens pour moi, pour faire plaisir aux adultes. J’ai donc menti pour suivre une religion, qui condamne le mensonge. Imaginez dans la tête d’un enfant ce que peut représenter cette incohérence approuvée par les adultes. Je n’en veux pas à mes parents. Je leur ai dit que je ne voulais pas faire ma communion, mais ils n’en ont pas tenu compte. Pour eux, cela semblait le meilleur choix possible en accord avec leurs convictions. Ce n’est pas facile d’être parent. De plus, nous étions encore à une époque où ne pas être baptisé, ne pas être marié à l’église ou pire divorcer, était mal vu. Le qu’en-dira-t-on pesait  sur les choix de vie dans une commune d’à peine plus de 500 habitants, dans les années 70.

Le (Néo-)Paganisme, faut le chercher pour le trouver !

Pour le (néo-)Paganisme, c’est différent. Au cours de mon adolescence, j’ai compris que je n’étais ni chrétienne, ni athée, ni agnostique. Les autres grands courants religieux ne m’attiraient pas, sauf un peu le bouddhisme ou les sagesses antiques. Arrivée à l’âge adulte, je savais que j’avais une spiritualité et une croyance en un principe divin, actif autour de moi, lié à la nature différent du monothéisme. Mais, je n’arrivais pas à mettre un nom et des concepts connus dessus. Il a donc fallu que je cherche par moi-même. Ma démarche était différente par rapport à la catéchèse. Avant, il n’y avait pas d’engagement personnel, je subissais les conséquences du choix de mes parents. Là je décidais volontairement de consacrer du temps et d’agir pour comprendre qu’elle était ma voie. Je cherchais des réponses en fonction des questions qui se présentaient à moi et au fil des expériences. J’ai abordé du vocabulaire et des concepts religieux, que je n’aurais probablement pas abordé dans le contexte de la catéchèse, comme par exemple : hénothéisme, monolatrie, pantheisme, panantheisme, kathénotheisme, immanence, transcendence, spiritualité, chamanisme, initiation… J’ai surfé sur le web, j’ai lu, j’ai dialogué et j’ai fait des rencontres. Au passage, je brisais le tabou qu’en dehors des 3 ou 4 grandes religions (les plus connues), il n’y a pas d’autres choix valables et sensés. A partir de là, mon esprit pouvait être plus ouvert à d’autres façon de penser notre rapport au monde et au principe divin (un ou multiple). J’ai brisé la croyance, qui voulait que le monothéisme soit une évolution par rapport aux polytheismes. Comme si ceux-ci avaient été la préhistoire ou les étapes préliminaires avant que l’homme n’évolue vers des entre guillemets «vrais religions».

Un apprentissage perpétuel 

Au coeur du (néo-)paganisme, j’ai découvert et construit ma voie pas à pas. En effet, il n’y a pas :
– un livre sacré de référence comparable à la Bible ou au Coran,
– de dogmes, ce qui ne signifie pas qu’il n’y a pas de valeurs, ni d’éthique,
– une formation standard officielle, mais des formations variables en durée, en qualité et différents d’une tradition/d’un groupe à l’autre,
– de professeurs, de prêtres/prêtresses ou de groupes disponibles près de chez soi pour dialoguer, s’entraider partout,
– etc.
Ceci peut être pour les uns de sérieux inconvénients alors que pour d’autres, ce sont des avantages. Au final, j’ai fait une bonne partie de mon «cursus» autant en autodidacte qu’au sein de cours proposés par des groupes. Mais même au sein de ces cours, il y a beaucoup de recherches, d’expériences à vivre et un travail d’introspection, qui font que les leçons ne donnent pas de réponses toutes faites à l’étudiant. Il devrait, selon ma propre expérience, savoir penser par lui-même, avoir l’esprit critique et être motivé pour trouver ses réponses. Il n’y a pas de petit manuel fournissant du prêt-à-penser, tout cuit et prémâcher style : «Le (néo-)Paganisme pour les nuls». Enfin, l’apprentissage est permanent et sans fin.

Entrer dans cette mouvance n’a pas alimenté ma rancoeur envers le catholicisme ou les monothéismes. Au contraire, elle s’est apaisée. A partir du moment où j’ai trouvé ma voie. J’ai pu reconnaître dans le regard de certains croyants (sauf les extrémistes), la même ferveur que celle qui m’anime. Je distingue ce qui est enseigné par les institutions, de ce qui est pratiqué sur le terrain par les individus. Ceci permet de ne plus juger les uns à partir des erreurs commises par les autres. Bien que le néo-paganisme ressemble pour beaucoup à un fourre-tout de diverses traditions. Je commence à penser que certains de ses défauts peuvent se révéler à l’usage être des qualités. Sa diversité, par exemple, est une invitation à la découverte de l’autre et à demeurer ouvert d’esprit. L’absence d’un leader unique évite d’ériger en «gourou», un individu charismatique ou d’attendre l’homme ou la femme providentielle qui viendra prendre la communauté en main, faire des choix ou penser pour les autres. L’absence d’un livre sacré permet de garder l’enseignement vivant, comme quelque chose qui s’expérimente ici et maintenant au travers des relations sociales, des échanges, du contact avec la nature… C’est très concret. 

 

Les grands axes du vivre une spiritualité inspirée des anciens au présent

Ce schéma est susceptible d’évoluer. Il n’y a donc rien de définitif dans cette réflexion, qui pourra être revue selon les expériences vécues. J’émet l’hypothèse, que c’est notre investissement dans chacun des axes présentés sans en privilégier un, qui permet d’avoir une spiritualité équilibrée et vivante. J’ai associé à chacun de ces axes une liste de questions, évidement non exhaustive.

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L’apport du monde ancien

C’est à dire l’étude des sources anciennes et la prise en compte du témoignages des anciens. Est-ce que je suis capable de prendre de la distance par rapport à elles ou pas ? Suis-je capable de reconnaître les qualités des anciens, mais aussi de voir leur défauts ou leurs faiblesses ? Est-ce que ma relation au passé est lucide ou au contraire, est-ce que je n’idéalise pas trop le temps d’avant ?

L’apport du monde contemporain

C’est à dire ce nous héritons de notre éducation contemporaine. Être conscient de ce qui nous différencie des anciens et reconnaître les influences modernes dans nos choix, nos valeurs et nos comportements. Est-ce que j’ai une bonne vision de mon époque ou au contraire est-ce que celle-ci est sévère ? Suis-je capable de reconnaître le système de valeurs qui me vient de mon époque et de le distinguer de celui qui me vient de l’antiquité ?

La spiritualité vécue individuellement

C’est à dire ce qu’elle m’apporte en tant que personne. Comment elle s’articule dans ma vie ? Comment est-ce que je comprends la nature de « ce qui divin » (dieu, déesse, divinités) ? Quelles croyances anciennes j’intègre au quotidien ou pas ? Quels enseignements utiles j’en tire et que je peux appliquer tous les jours (famille, travail, loisirs, amitié…) ? Est-ce que je suis capable d’intégrer à ma spiritualité des leçons tirées de mes expériences personnelles, mais qui ne trouvent pas de référence dans les sources anciennes ? Est-ce que ma spiritualité m’aide à faire mon introspection et à évoluer ?

La spiritualité vécue dans la sphère collective ou son aspect communautaire

C’est à dire les projets de groupes ou collectifs. Est-ce que les individus pratiquant la même spiritualité se reconnaissent dans un ensemble de valeurs communes ou un projet même informel ? Qu’est-ce que j’apporte à la communauté des gens partageant la même spiritualité ? Quelle y est ma place ou quel rôle est-ce que je souhaite tenir ? Qu’est-ce que cette communauté m’apporte ? Qu’est-ce que cette spiritualité peut apporter de bénéfique pour vivre ensemble (païen et non-païen) dans ce monde ?

Accueillir un enfant, vos croyances païennes et la bénédiction du nouveau né

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Lorsqu’un enfant vient au monde, touché par sa fragilité, notre premier réflexe est de prendre soin de lui. Il suscite en nous un élan protecteur et bienveillant. Sa famille tient à l’accueillir dans les meilleures conditions possibles. Si vous êtes ses parents, vous aurez envie de l’élever dans un cadre que vous estimez bénéfique à sa croissance tant physique, intellectuelle, émotionnelle, que spirituelle. Vous aurez à cœur de lui transmettre certaines valeurs essentielles du «Vivre ensemble», le sens des responsabilités et à penser par lui-même. C’est en tout cas, ce que j’ai pensé en tant que mère.

Questions avant la naissance

Dés sa naissance voire même avant, en tant que parents, nous nous sommes posés des questions le concernant vis à vis de nos spiritualités respectives. J’en ai listé quelques-unes ici.

– Devons-nous lui en parler, comment, à quel age et de quelle façon ?
– Faisons-nous un rituel d’accueil et/ou bénédiction du nouveau-né, un baptême laïc ou pas ? Si oui, avec nos proches cercle large (païens, non païens) ou en cercle restreint/privé de ceux qui respectent nos croyances seulement ?
– Comment lui présenter notre spiritualité, celles des autres et le cadre laïc de notre société ? Et aussi les grandes fêtes de l’année, les mythes, les rites….

Une religion ne s’impose pas, c’est un choix personnel !

Il est clair pour moi depuis longtemps, qu’une foi ne s’impose pas. En tant que parent et citoyenne néo-paienne, je n’ai pas de vocation à convertir les autres, pas plus mon voisin, que mes enfants. Une spiritualité se choisit en son âme et conscience. De ce fait, aucun voeux ou engagement religieux ne devrait être proposé de 0 à 18 ans de mon point de vue, tant qu’un jeune n’a pas la maturité suffisante pour penser par lui-même et être responsable. Mais il peut tout à fait si il le souhaite et en fonction de son âge, s’informer et participer aux rites des adultes. Je dis bien «si il le souhaite». Il est important de tenir compte de son avis.

Parler de ses croyances à ses enfants

Dans ce domaine, il n’y a pas de réponses toutes faites. Un enfant a le sens de l’observation. Je pense, qu’il se rendra compte par lui-même, que vos croyances sont différentes de Tata Monique catholique pratiquante ou de Tonton Richard, bouddhiste. Donc, inutile de les cacher. Ensuite, et bien cela dépend de votre contexte, votre entourage (défavorable, favorable ou indifférent) et de l’enfant. Pour ma part, je pense répondre à ses questions au fur et à mesure qu’elles viendront, selon son envie. Je ne suis pas opposée à ce qu’un membre de la famille lui parle d’une autre foi, si il respecte ma démarche, c’est à dire :
– ne rien imposer,
– répondre selon l’envie de découvrir de l’enfant,
– ne pas dénigrer les croyances des autres devant lui, pour régler à travers lui des conflits avec eux sur ce sujet.

Bénédiction du nouveau-né, baptême laïc…

J’aurais aimé. Mais mon époux n’est pas païen et pas très pratiquant. Les rituels, c’est pas son truc. Comme notre entourage amicale et familiale est majoritairement catholique, nous avons préféré ne rien faire. Nous avons pensé à un moment au baptême laïc. Mais cela aurait soulevé des débats, notamment avec les plus âgés sur le sujet et nos croyances, qu’aucun de nous deux n’avaient envie d’affronter. Nos prières de bénédictions ont donc été faites dans la sphère strictement privée du foyer. De mon point de vue, ce rituel n’engage en rien l’enfant dans la foi de ses parents. Il s’agit d’un rituel de bienvenue et de reconnaissance de l’enfant au sein du foyer (ou de la communauté) d’une part et d’autre part, une demande de protection de l’enfant par les parents à leurs divinités (prière d’intercession…). C’est aussi l’occasion de le nommer ou présenter les noms choisis pour lui.

Le baptême civil ou laïc

Notre pays offre la possibilité aux parents de faire un baptême civil ou laïc en Mairie. Aucune loi ne régit cette cérémonie. Les mairies ne sont pas obligées de le célébrer et il n’y a pas de cérémonial préétabli. Au cas où votre mairie ne pratique pas le parrainage civil, sachez qu’il est possible de demander une dérogation auprès d’une autre commune.

Plus d’infos, consultez le site : bapteme-civil.com ou service-public.fr

Prière à Cathubodua

Il n’existe pas de sources écrites anciennes de prières, d’hymnes ou d’hommages à Cathubodua. Ce qui laisse un vaste espace de libre création pour ceux qui souhaiteraient créer des textes en son honneur. Certes il existe des sources littéraires pour des déesses proches d’elle comme la Morrigane ou Badbh. Cependant, depuis le début de mon exploration avec elle, je la sens proche, avec des domaines communs et en même temps subtilement différente d’elles. Je vous partage ci-dessous un texte que j’ai créé pour lui rendre hommage, vous pouvez le citer à condition d’indiquer la source.

Hommage à Cathubodua

Je rends hommage à Cathubodua,
La corneille des batailles,
Au plumage noir et bleuté.

Je révère ta force et ta volonté.
Tes qualités sont source d’inspiration,
Dame des transformations.

Tu te tiens au seuil de la mort,
Furie blafarde qui me dépouille,
Pour me faire naître encore.

Prophétesse, tes présages sont sans appel,
Car ils révèlent les vérités,
Qu’on ne veut pas toujours affronter.

Je rends hommage à Cathubodua,
La corneille des batailles,
Au plumage noir et bleuté.

Composition du 02/01/2014

Utilisation de ces textes et copyright : Vous pouvez les citer sur vos blogs personnels, les utiliser dans votre pratique personnel privée à condition de mentionner la source ou de ne pas pretendre vis a vis d’autrui en être l’auteur, l’usage à des fins commerciales est strictement interdit (edition d’un livre, supports imprimés, application mobile, CDrom, film, etc).

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Cathubodua et la femme celte

Cet article a été publié pour la première fois, il y a environ 3 ans sur un blog à propos de la divinité Cathubodua. Conservé dans mes archives depuis la fermeture du site, j’ai décidé de le ré-édité.

Je poursuis mon exploration historique. Cette fois-ci, je vais aller à la rencontre de la femme celte. Peut-être que comprendre la place de la femme dans la culture celte pourra m’éclairer sur la nature de Cathubodua.

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La femme celte et le mariage

La femme celte est relativement indépendante de l’homme. Elle peut posséder des biens en propre, notamment mobilier (la propriété foncière était collective chez les Celtes). Elle les conservait en cas de mariage et pouvait les reprendre en cas de divorce. Le mariage est une institution souple, un contrat en deux personnes, dont la durée n’était pas nécessairement définitive. En théorie, la femme choisissait librement son époux. Si elle possédait plus de biens que son époux, c’est  elle qui dirigeait les affaires du ménage. Si leur fortune était égale, le mari pouvait gérer ses biens sans l’avis de sa femme. Le mariage ne signifiait pas pour l’épouse entrer dans la famille de l’époux, elle était toujours membre de sa famille et y retournait en cas de divorce. Si l’époux décidait de la quitter, il devait indiquer des motifs graves pour justifier sa décision, sinon il devait payer des dédommagements. De même la femme pouvait divorcer en cas de mauvais traitements et conservait ses biens. La séparation pouvait aussi se faire par consentement mutuel. Les remariages sont aussi possibles.

Le courage de la femme celte et la guerre

D’après Diodore de Sicile (V.32) :

« chez les Gaulois, les femmes sont presque de la même taille que les hommes, avec lesquels elles rivalisent de courage ».

D’après Ammien Marcellin (XV.12), quand un gaulois est dans une rixe, il peut appeler sa femme pour l’aider :

« l’humeur des Gaulois est querelleuse et arrogante à l’excès. Le premier venu d’entre eux, dans une rixe, va tenir tête à plusieurs étrangers à la fois, sans autre auxiliaire que son épouse, champion bien redoutable encore. Il faut voir ces viragos, les veines du cou gonflées par la rage, balancer leurs bras robustes d’une blancheur de neige et jouer des pieds et des poings, assurant des coups qui semblent partir de la détente d’une catapulte ».

Lorsque les troupes romaines de Caius Marius firent face  aux fantassins cimbres près de la ville de Vercellae (en -101 av. JC), elles combattirent aussi des femmes armées d’arcs, de poignards et de glaives. Leur furie marqua Caius Marius.

Plutarque  nous raconte la fureur des femmes ambrones dans la bataille d’Aix-en-Provence opposant leurs époux aux troupes romaines de Marius, en 102 av. J.-C. (DEYBER 2009, p. 143) :

« Mais là, les femmes se jetant à leur rencontre avec des épées et des haches et poussant des cris aigus de colère et de rage s’efforçaient de repousser à la fois les fuyards et leurs poursuivants, les uns comme traîtres, les autres comme ennemis : elles se mêlaient aux combattants ; de leurs mains nues, elles arrachaient les boucliers des Romains et saisissaient leurs épées, en supportant les blessures qui déchiraient leurs corps avec un courage invincible jusqu’à la fin. » (Plutarque, Vies parallèles, Marius, XIX, 9)

Tacite

« Sur le rivage l’armée ennemie faisait face, dense en armes et en hommes ; parmi elle couraient des femmes semblables à des furies, les cheveux dénoués et portant des torches. Autour d’elles des druides, les mains tournées vers le ciel, répandaient d’affreuses imprécations […] » Tacite, Annales, XIV, 30

« Nous bretons, nous avons l’habitude qu’une femme commande à la guerre. » Tacite, Annales, XIV, 34

Malgré ces témoignages, l’existence de la femme celte guerrière fait encore débat et divise. On ignore si ces témoignages sont des cas isolés ou si la participation de la femme celte aux batailles était courante. L’archéologie nous en apprendra peut-être plus dans les années à venir. Les études des ossements issus de « sépultures de guerriers » ne sont pas aussi fréquentes qu’il le faudrait. Le raisonnement est souvent d’associer une sépulture en armure à un homme, hors il y a peu de temps des archéologues sont tombés dans le panneau. Une news datant du 18 octobre 2013 raconte que deux squelettes ont été retrouvés dans une tombe étrusque, l’un armé, l’autre porteur de bijoux. De prime abord, il a été déduit que celui porteur d’armes était un prince, celui porteur de bijou une princesse. Hors l’analyse des ossements en laboratoires a révélé l’inverse (voir les liens suivants Oops! Etruscan Warrior Prince Really a Princess – Etruscan Warrior Prince Actually A Princess, Bone Analysis Reveals).

La femme celte et la politique

D’après Plutarque, les femmes peuvent jouer un rôle important dans les assemblées confédérales, qui traitent des alliances ou des conflits. Leur bon jugement et leur impartialité y sont appréciés. C’est pourquoi elles se voient confier la tâche d’arbitre dans les conflits.

Tacite (56-120 après J.C) dit dans ses Annales que « les Celtes n’avaient rien contre le fait d’être dirigés par une femme« . Ou encore dans « Vie d’Agricola« : « Sur l’île de Bretagne aucune loi n’interdit aux femmes de monter sur le trône ou de commander les armées« .

Conclusion

Le contexte culturel dont est issu Cathubodua témoigne d’une vision de la femme  plus libre et souveraine que par exemple chez les romains ou les grecs. Il nous apprend également qu’elle peut se révéler aussi combative et courageuse que l’homme, voire prendre les armes et s’engager dans les batailles. Deux passages m’ont fait penser à l’aspect furie, des déesses des batailles associées à la Corneille qui  encouragent les guerriers au combat  :
– « Mais là, les femmes se jetant à leur rencontre avec des épées et des haches et poussant des cris aigus de colère et de rage s’efforçaient de repousser à la fois les fuyards et leurs poursuivants, les uns comme traîtres, les autres comme ennemis. »   (Plutarque, Vies parallèles, Marius, XIX, 9)
–  » […] parmi elle couraient des femmes semblables à des furies, les cheveux dénoués et portant des torches  (Tacite, Annales, XIV, 30) ».

L’octogramme ou étoile à huit branches

Il est fréquent de voir le pentagramme ou l’étoile à 5 branches dans le milieu néo-paien, surtout chez les pratiquants passionnés d’ésotérisme, d’occultisme, de magie, etc. Ce qui est un peu moins mon cas. Vous aurez peut-être remarqué malgré tout la présence de l’étoile à 8 branches ou octogramme, comme logo/symbole de ce projet.

L’octogramme, figure géométrique de l’astre, de l’étoile…

Les plus anciens dessins d’étoiles à 8 branches représentaient l’idée d’étoile ou l’astre comme corps céleste (lune, soleil, planète, comète…), notamment en Mésopotamie. Dans la culture russe, elle représente le soleil rayonnant, comme chez certains amérindiens.

Étoile à 8 branches, déesses, tarot…

L’octogramme est aussi une figure géométrique associée à des déesses, comme Ishtar/Inanna et Laksmi. Elle est présente sur la carte dite de l’Étoile du Tarot de Marseille. C’est Vénus, mais aussi chez les chrétiens l’étoile guide de Bethléem.

Un symbole mettant en rapport l’espace et le temps

L’octogramme évoque pour moi le monde créé, l’univers, car elle condense en elle la notion de temps cyclique, d’espace et un centre caché qui est sa source, son axe et son origine. En Chine, le chiffre 8 représente la totalité de l’univers

L’étoile à 8 branches et la roue de l’année : le temps

Sur la roue de l’année, il y a 8 festivités. C’est à dire 2 équinoxes, 2 solstices et 4 fêtes intercalées entre ces événements. Si je trace un cercle pour représenter la roue de l’année et place les 8 points, je peux relier les 8 points entre eux par le dessin d’une étoile (cf.schéma).

L’octogramme et la rose des vents : l’espace

En suivant le même modèle géométrique que pour la roue de l’année, nous pouvons construire une rose des vents. Chaque pointe de l’étoile indique une direction Est, Sud, Ouest et Nord, ainsi que leurs intermédiaires Sud-Est, Sud-Ouest, Nord-Est et Nord-Ouest.

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L’axe ou le centre

Si l’étoile compte 8 branches, toute son architecture est reliée et vient d’un point pas toujours visible ou matérialisé, qui est le centre. Je dirais sa source ou son origine.

On peut reprendre la figure du cercle et l’étoile à 8 branches pour y représenter les 4 éléments (terre, air, eau, feu) et les 4 qualités élémentaires (chaud, sec, froid, humide), ainsi que les 4 états (ignée, solide, liquide, gazeux).

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Le chiffre 8 est associé à:
– La rose des vents, 4 points cardinaux et 4 directions intermédiaires,
– les 4 Éléments et les 4 qualités élémentaires,
– la roue solaire à 8 bras des celtes,
– La roue du Dharma,
– La rose de Wotan
– Muhlespiele ou jeu du moulin, ou encore l’escarboucle,
– en mathématique le symbole de l’infini est représenté par un 8 couché,
– l’étoile de Vénus, d’Ishtar, de Bethléem ou de Laksmi
– l’étoile rayonnante,
– l’infinie, l’harmonie, l’espace, la matière,
– l’ogdoade ou 8 dieux de la cité égyptienne antique d’Hermopolis,
– Huit principes de yǒng ou 8 traits de base de la calligraphie chinoise,
– considéré comme un nombre chanceux dans la culture chinoise car il sonne comme le mot « prospérité »,
– les 8 trigrammes du Yi King (le ciel, la terre, le tonnerre, l’eau, la montagne, le vent, le feu, le lac),
– les 8 formes de Laksmi, les 8 bras de Vishnou, les 8 pétales du lotus de Bouddha, les 8 planètes autour du soleil, les 8 immortels chinois
– Croix à 8 branches du dieu maya Quetzalcoatl,
– Auseklis (etymologie de son nom dérive de celui de l’aube) était un dieu letton et la personnification de l’étoile de Vénus, représenté par une étoile à 8 branches,
– le symbole de l’organisation appelée l’Aurum Solis.

Prier et prières dans une dévotion néo-païenne

 

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Prier. Par expérience, j’ai constaté que ce mot peut mettre certains de mes collègues (néo-)païens mal à l’aise. Car il évoque des souvenirs désagréables au sein d’une autre religion, suivie sans leur consentement (tradition parentale, pression sociale…). Ils préféreront utiliser des expressions comme entonner un hymne, rendre hommage ou honorer les dieux. Le mot prier prend chez eux une légère connotation négative. Il appartient au vocabulaire de cette autre religion, contre laquelle ils conservent des griefs. D’autres m’ont confié que l’acte lui-même les bloquaient. Ils ne savaient pas comment faire, quoi dire, comment se comporter… Le dialogue direct avec le divin sans une aide, sans une structure ou un intermédiaire, un mode d’emploi leur étaient très difficile. Pourtant l’acte de prier est peut-être la pratique, que la plus part des religions et des spiritualités ont en commun. Enfin, c’est ce qu’il me semble. Et vous ?

Prière d’intercession

Cherchons un peu du côté des racines de ce mot. Prier vient du latin precari, issu du verbe precor, qui signifie demander ou souhaiter. La prière est donc une requête adressée au divin. Par exemple à Ostara lors de l’équinoxe de printemps, je peux souhaiter pour moi-même et mes proches de futures bonnes récoltes dans tous les domaines de nos vies (relation, travail, santé…). Et lorsque je prie pour les autres, il s’agit d’une prière d’intercession. Vous retrouvez cette expression chez les religions du livre. J’en suis consciente, inutile de s’en s’offusquer. Appelons un chat, un chat. Il existe bien des synonymes du verbe intercéder, mais aucun n’est aussi pertinent. Par exemple avec intervenir, nous aurions la prière d’intervention… bof !

Prière de gratitude ou actions de grâce

Par la prière, il est aussi possible de faire preuve de gratitude et de remercier les divinités pour ce qu’elles offrent. Il s’agit de la prière de gratitude ou encore actions de grâce (…comme à Thanksgiving). Parmi les trois prières, que j’ai partagé dernièrement sur ce site, il y en a une qui a la forme d’une action de grâce.

Prière confidence

La prière peut aussi prendre la forme d’un dialogue intime avec «ce qui est divin». Je désigne ce type de prière par l’expression de prière confidence. Le pratiquant de tradition (néo-)païenne est suffisamment en confiance, dans une relation intime et sincère pour lui faire des confidences et solliciter son conseil. Si vous êtes comme moi, peut-être qu’un synonyme de confidence vous a traversé l’esprit. Je pense à confession, qui est une confidence. Hors je me suis bien gardée de l’utiliser, car la prière de confession existe dans d’autres religions. Mais, elle s’appuie sur une conception de la confession liée à l’idée du péché et du pardon, qui leur est spécifique. De ce fait, il n’est pas possible d’employer le même terme. Ce qui n’exclue pas que nous puissions parler de nos erreurs pendant une prière confidence païenne et souhaiter les réparer.

Prière d’adoration

C’est la prière du culte rendu à une divinité. Elle énonce généralement toutes les qualités appréciées chez elle, ses épithètes et pourquoi le dévot l’adore. Certaines ressemblent parfois presque à des chants ou des poèmes d’amour.

Prière de consécration

Elle est dite lors d’un acte de consécration. C’est à dire une dédicace ou des voeux prononcer pour suivre une tradition, entrer dans un sacerdoce ou passer un rite de passage.

L’ingrédient essence-ciel ?

C’est vous. Il n’y a pas entre guillemets de «bonne prière» sans sincérité, sans un engagement ou une foi qui vienne du coeur. Après et bien vous pouvez chercher vos mots, vous prendre les pieds dans le tapis ou trembler. Ce n’est pas le plus important. Osez parler avec votre coeur et le reste viendra avec la pratique.

Les valeurs du néo-paganisme

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Avant d’entrer dans le sujet, je vous propose ci-dessous de consulter quelques définitions du mot valeur. Car, j’aimerai être sûr, que nous désignons la même chose, quand nous utilisons ce mot. Je prend ce dernier dans son sens de valeur morale et son aspect sociologique.

Larousse
« Ce qui est posé comme vrai, beau, bien, d’un point de vue personnel ou selon les critères d’une société et qui est donné comme un idéal à atteindre, comme quelque chose à défendre. »

Wikipedia
« Les valeurs sont des principes auxquels doivent se conformer les manières d’être et d’agir. Ces principes étant ceux qu’une personne ou qu’une collectivité reconnaissent comme idéales, et qui rendent désirables et estimables les êtres ou les conduites auxquelles elles sont attribuées. Elles sont appelées à orienter les actions des individus dans une société en fixant des buts et des idéaux. Elles constituent une morale qui donne aux individus les moyens de juger leurs actes et de se construire une éthique personnelle. »

Les valeurs néo-païennes

Pourquoi est-ce que je m’intéresse au sujet ? Et bien parce que j’ai été confrontée à des opinions critiques concernant les valeurs du néo-paganisme. Il était accusé soit de ne pas en avoir, soit d’en avoir des moins bien qu’une autre mouvance religieuse auquel il était comparé. Comme je l’ai déjà dit dans mon billet sur ce que j’aime dans le néo-paganisme. Je reconnais que cette étiquette est attribuée à une large palette de croyances, de pratiques, comme de traditions parfois interrompues et récemment reconstruites. De ce fait, il est possible que les valeurs mises en avant d’un groupe ou d’une personne à l’autre varient. Il n’y a donc pas une liste commune pour tous. Ce qui ne signifie pas pour autant que les néo-païens n’ont pas de valeurs et/ou que les leurs seraient moins bonnes que celles d’autres spiritualités.

Quelques exemples

Sur ce site, j’ai présenté quelques unes d’entre elles, relatives à ma pratique, mes expériences et à ce projet web. Elles sont citées dans le slogan : autonomie, créativité, authenticité et libre expression dans le domaine spirituel. Auxquels je devrais ajouter la sagesse, la famille, l’amitié, l’honnêteté, le sens des responsabilité, le respect de la nature, etc. Chez les égyptiens ou les netjeristes, c’est en étudiant ce que représente le concept de Maât (l’ordre, la vérité, la justice, l’harmonie, l’ équilibre du monde, la solidarité, l’éthique, l’équité, la droiture…), qu’il est possible de cerner leurs valeurs. Sur le site de l’assemblée druidique du Chêne et du Sanglier, le visiteur peut lire à la page traitant de ce sujet, les valeurs suivantes :

«Le respect des Dieux, des Ancêtres, de la Nature : la Sagesse
– Le respect des autres et de soi-même : l’Honneur
– Le respect de la parole donnée : la Véracité 
– Le respect du libre choix des individus : la Responsabilité»

Sur le site de l’Ordre Druidique Dahut, il y a aussi une page consacrée à ce sujet, qui aborde entre autre : le courage, la responsabilité, l’entièreté, l’autonomie, le respect, l’absence de jugement, l’ouverture, la curiosité d’esprit, l’esprit communautaire, etc. (Voir sur http://www.druidisme.fr) Dans le milieu asatru (tradition nordique), j’ai trouvé aussi une liste de 9 vertus ou valeurs, qui peut varier un peu d’une source à l’autre. Les neuf vertus sont : l’hospitalité, le travail, le courage, la discipline, la liberté, la persévérance, la vérité, la fidélité et l’honneur. Les traditions romaines, grecques, amérindiennes et autres ont aussi les leurs. Mais, il m’a semblé un peu fastidieux, d’enquêter pour toutes les énumérer. Si vous êtres membres de celles-ci n’hésitez pas à les faire connaître en utilisant la zone de commentaire ci-dessous.

Nous n’avons donc pas à rougir, ni à être comparés forcément négativement avec d’autres courants spirituels à ce sujet. Au contraire, je constate que nous partageons des valeurs et des idéaux communs entre néo-païens, voire avec des traditions hors de notre mouvance. Soyons fières de nos valeurs.