Bibliomancie, l’art divinatoire des rats de bibliothèques

Je considére cet art divinatoire comme particulièrement adapté aux bibliophiles et aux bibliovores comme moi. Mon mari peste souvent parce que j’ai beaucoup de livres et qu’il faut de la place pour les stocker. Avec l’avènement des liseuses électroniques pourtant, j’ai fait du progrès. Suite à mon retrait de la tradition égyptienne, j’ai aussi revendu quelques ouvrages sur le sujet. Malgré tout le jour du déménagement, il m’a fallut plus de 10 cartons rien que pour mes livres.

C’est assez naturellement, que j’ai découvert la bibliomancie. Un jour que j’avais besoin d’une réponse concernant ma vie, instinctivement j’ai pris un livre et j’ai ouvert une page au hasard. J’ai pointé du doigt les lignes de cette page et je suis tombée sur une phrase pertinente pour mon cas. J’ai réitéré l’expérience les années suivantes et puis j’ai fini par regarder sur internet si cette forme de divination existait. Effectivement, elle existe.

Selon les sources, il est conseillé de le faire uniquement avec des livres sacrés (Coran, Bible…), de sagesse anciennes ou n’importe quel livre. Pour ma part, je dirai pas n’importe quel livre. Par exemple si vous avez des livres de cuisine dans votre bibliothèque les ouvrir et tomber sur une liste d’ingrédients ne vous apportera pas grand-chose. C’est le type de livre qui ne convient pas vraiment à cet art. Ma préférence va aux sections de ma bibliothèque réservés aux livres sacrés, de sagesses anciennes, de développement personnel et les romans initiatiques. La technique est assez simple :

  • Se recueillir.
  • Fermer les yeux et faire face à votre collection d’ouvrages.
  • Penser à la question qui vous préoccupe.
  • Ouvrir les yeux. Sortir le livre qui vous attire de son étagère ou en prendre un au hasard, selon votre intuition. 
  • Ouvrir le livre au hasard, fermer les yeux et pointer du doigt un passage sur la page ouverte.
  • Ouvrir les yeux et lire le passage.

Voilà. Testez et n’hésitez pas à me faire de vos expériences. Je serai curieuse de savoir si cela fonctionne bien pour tout le monde ou seulement pour quelques fous de bibliothèque.

Par exemple pour cette journée, je suis tombée sur ce passage du livre d’Arnaud Desjardins, Adhyatma Yoga :

La sadhana  ne consiste pas à détruire l’ego. Pas du tout. Elle consiste à faire tout un travail extrêmement habile, extrêmement subtil en faveur de l’ego. Pour que cet ego se transforme en atman. Voilà la vérité. N’entendez jamais le mot mort sans résurrection. N’entendez jamais le mot souffrance sans le mot joie. Bien sûr. Sinon il n’y a plus de chemin.

Pourquoi écrire son blog spirituel à la première personne ?

C’est une question qui trotte depuis longtemps dans mon esprit et qui finalement ne concerne pas que les blogs païens. En fait, j’ai du me la poser dès les premières années ou j’ai bloggé, soit il y a un plus de 15 ans. Cette question est intervenue suite aux accusations faites aux blogueurs qui parlaient de leurs vies d’être égocentriques ou de trop regarder leur nombril. Je pense surtout aux blogueuses mode/beauté, qui gravitent autour de communauté type Hellocoton. Ces dernières ont pu retirer des avantages financiers de leur notoriété (articles sponsorisés, partenariats avec des marques…), qui ont suscités jalousies et polémiques. Il me semble qu’il y a eu aussi des polémiques ou jalousies de ce type dans le monde ésoterico-païen. Cela me semblait un peu hâtif comme conclusion et trop simpliste de mettre tout le monde dans le même panier. Le « Je » n’est pas sale, ni tabou. Seulement subjectif et le subjectif n’est pas forcément un défaut.

Définition selon Larousse.fr
subjectif, subjective. Qui relève du sujet défini comme être pensant, comme conscience individuelle, par opposition à objectif. Se dit de ce qui est individuel et susceptible de varier en fonction de la personnalité de chacun.

Le blog, comme journal et site personnel

Parler à la première personne n’est pas forcément une démarche nombriliste. C’est au contraire le moyen d’aborder des sujets selon l’angle que tu connais le mieux, c’est-à-dire ta propre expérience. La plus part des blogueurs ne sont pas des journalistes, notamment dans le monde néo-païen. Ils ne sont donc pas soumis aux règles de cette profession, c’est-à-dire éviter d’être subjectif. Bien au contraire. Le blog est à l’origine un journal de bord apparenté au journal intime. Depuis sa naissance, ce type de site a évolué et il y a effectivement des blogs institutionnels, d’entreprises, de journalistes, d’universitaires, etc. Il reste cependant le format favori des sites personnels de Monsieur et Madame Toutlemonde, donc le lieu où l’on parle de soi (ses expériences, ses croyances, ses centres d’intérêts, ses erreurs…). Selon le site trucsdeblogueuse.com : « En France, il semblerait qu’il y ait eu 14 millions de blogs en 2011 d’après Technorati, avec 2,5 millions d’articles par jour.». Impressionnant ! J’ignore quel est la part de blogs spirituels et parmi eux païens.

Parlez de soi

Quel intérêt de parler de ton vécu ? Tu es la personne que tu connais le mieux. Tu es le seul à avoir accès à tes pensées, tes émotions et tes motivations les plus intimes. Certes, lorsque j’écris, je peux faire le choix de ne pas en parler ou de mentir sur le sujet. Mais écrire un blog constitué de faux sentiments et de pensées empruntées, falsifiées, cela n’a aucun intérêt. Enfin pour moi. Après, tu  fais ce que tu veux. Parlez des autres est un exercice périlleux, d’abord parce que même en étant très proche d’une personne je ne connais jamais toutes ses intentions, ses sentiments et ses émotions. Je ne suis jamais que spectateur de ce que l’autre veut bien extérioriser et je suis possiblement trompée par mes filtres interprétatifs (cf. articles précédents « ces automatismes qui influent notre perception du monde »). Comme le dit Bernard Weber dans son encyclopédie du savoir relatif :

« Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous avez envie d’entendre, ce que vous entendez, ce que vous comprenez… il y a dix possibilités qu’on ait des difficultés à communiquer. Mais essayons quand même… »

Le sens des mots et les quiproquos

Enfin, bien que nous ayons tous appris la même langue à l’école primaire, nous ne donnons pas exactement le même sens aux mots et surtout la même connotation affective. J’ai constaté que les mots sont autant l’expression de notre raison que notre cœur. Pensez à la madeleine de Proust ou à la saveur de l’eau du puit du Petit Prince chapitre 25 :

« Je soulevai le seau jusqu’à ses lèvres. Il but, les yeux fermés. C’était doux comme une fête. Cette eau était bien autre chose qu’un aliment. Elle était née de la marche sous les étoiles, du chant de la poulie, de l’effort de mes bras. Elle était bonne pour le cœur, comme un cadeau. »

Ce n’est que l’eau d’un puits. Pourtant dans ce contexte, elle devient une fête. Ainsi j’ai lu le témoignage de personnes pour qui le néo-paganisme peut être un mot à connotation péjorative comme New Age, alors que pour d’autre il est neutre. Il en va de même pour le mot éveil. J’ai vu ce mot autant employé pour décrire une découverte du monde spirituel et le début d’un cheminement, que au contraire comme son aboutissement ultime. Un même mot peut désigner plusieurs réalités, pratiques ou expériences. D’où la difficulté à en concevoir une définition qui satisfasse tout le monde et se concentre sur ce qu’il y a de communs au sein d’un mouvement. Il y a par exemple une grande diversité de traditions et de croyances au sein du néo-paganisme, et au sein mêmes de celles-ci encore des nuances. Employer ce mot (ou d’autres) peut donc susciter des quiproquos comiques. C’est pourquoi les cours de communication proposent plutôt que de rester sur ce qu’on croit comprendre de son interlocuteur, de lui poser des questions pour l’inviter à reformuler son point de vue. Car comprendre l’autre ne va pas toujours de soi, même les gens que nous aimons et avec qui nous vivons tous les jours. Alors imaginez avec une personne que vous ne connaissez que par relations interposées ou via des échanges sur le Web.

Le danger des suppositions

Parler des autres, c’est prendre le risque de parler sur eux, de mal interpréter leurs propos, de les déformer, de leur attribuer des idées ou des intentions qu’ils n’ont pas ou de porter des jugements de valeur. La vie que je connais la mieux est la mienne. C’est pourquoi par exemple parmi les 4 accords toltèques, on trouve le suivant :

« Ne faites pas de suppositions. »
Miguel Ruiz

Un des poisons de la communications entre humains est de supposer à partir des paroles de l’autre ses intentions et de finir par se convaincre que ces hypothèses sont exactes. C’est ainsi que naissent les ragots et la médisance. Alors qu’il est plus simple de poser des questions directement à l’intéressé.

« Celui qui pose une question risque de passer pour un sot. Mais celui qui n’en pose pas est sûr de le rester. »
Confucius

Je, on et nous

Et puis, il y a aussi des articles exposant un avis personnel, mais où l’auteur utilise le « on » pronom indéfini par essence, qui désigne tout le monde et personne en particulier. Ceci ne veut pas dire que je déconseille ou déteste son emploi. Dans certains cas, son utilisation est justifiée. Mais disons que dans certaines tournures de phrase, ce pronom peut donner l’impression que l’auteur n’assume pas ce qu’il écrit. « On » est indéfini. « Je » désigne franchement et sans équivoque qui écrit. Le « nous » est problématique aussi. Car il peut être utilisé en pensant nous, comme étant moi plus le groupe auquel j’appartiens, je me sens relié ou la mouvance. Cela présuppose que l’auteur et cette entité de plusieurs personnes aient la même vision des choses. Sinon, l’auteur va parler au nom d’un groupe en lui prêtant ses pensées alors qu’elles ne sont pas partagées par tous. Le « nous », c’est un peu le porte-voix du porte-parole. Qui est ce « nous » ? Comme pour le « on », il y a des contextes ou le « nous » est tout de même justifié. Inutile de le bannir. Tout dépend de la situation.

Assumer sa sincérité

Toutes ces erreurs, je les ai faites et il m’arrive encore si je ne fais pas attention, de les reproduire. Pourquoi surveiller la forme de ce que j’écris ? Pour être comprise ( qui n’est pas synonyme d’approuvée), pour éviter les quiproquos qui font perdre un temps fou pour rien… Dans toute forme de communication, chaque interlocuteur est responsable de ce qu’il émet, mais pas de la façon dont l’autre reçoit. Donc peut importe les précautions prises, il y aura toujours une ou plusieurs personnes pour se tromper sur tes intentions, tes pensées, etc. Que cela ne t’empêche pas de communiquer de façon franche et assumée avec le « je ».

“Dans la communication, le plus compliqué n’est ni le message, ni la technique, mais le récepteur.”
Dominique Walton, sociologue français

Quelle horreur néo-païenne, ça veut aussi dire New Age ?

(Article tiré de mon ancien blog Sterenn Tharz-an-Deiz et re-publié ici car toujours d’actualité, datant d’octobre 2015)

 

J’ai partagé un de mes textes à mon réseau de contacts (octobre 2015), il y a de cela plusieurs semaines. Parmi ce réseau, une personne m’a répondu en parlant du New Age. Cette appellation a retenu mon intérêt. En effet, l’étiquette New Age est un qualificatif que j’ai fui, auquel je ne souhaitais pas correspondre ou adhérer. Pour moi, elle était plutôt péjorative, synonyme de fourre-tout ou de bricolage spirituel ! Et pourtant en me relisant et en consultant les caractéristiques de ce mouvement selon Wikipédia (média certes imparfait, je vous l’accorde, mais auxquels tous les lecteurs de ce blog ont accès) et de quelques auteurs sociologues, j’ai bien été obligé de me rendre à l’évidence. Sur plusieurs points, ma spiritualité a des caractéristiques communes avec le New Age. Oh my goddess ! Ais-je eu soudain envie de m’exclamer face à cette révélation embarrassante… Serais-je soudain face à une partie de mon ombre ? Vous savez ce qu’on rejette et qu’on critique chez les autres, parce qu’on a du mal à accepter en être soi-même porteur… J’ai ressenti comme un petit malaise, une sorte d’embarras…

Rechercher des sources sur le sujet du New Age

Etant donné que Wikipédia n’est pas toujours une source fiable, j’ai recherché sur internet si il n’existait pas des travaux de sociologues sur le sujet. Et je suis tombé sur l’article de Martin Geoffroy : « Pour une typologie du nouvel âge » (1999). Martin Geoffroy est Ph.D. sociologue, professeur en sociologie au Cégep Édouard-Montpetit. Son blog est : http://martin-geoffroy.blogspot.fr/. J’ai préféré le travail d’un universitaire au point de vue d’une institution religieuse sur le sujet. Car la vision des autres religions est parfois faussée, du fait qu’elles partent du principe que tout ce qui n’est pas conforme à leurs doctrines est un égarement.

Que dit wikipédia sur le New Age ?

Je vais essayer de résumer… Selon wikipedia (en 2015 au moment où l’article à été écrit) le mouvement New Age est une approche :

– individuelle et éclectique;
– syncrétique;
– qui souhaite transformer les individus par l’éveil spirituel et changer l’humanité;
– qui propose une quête hors des structures historiquement constituées comme les églises par exemple;
– issue du phénomène plus globale des nouveaux mouvements religieux qui ont émergés à partir des années 1960 et qui sont en partie héritiers de la théosophie.

Le New Age se nourrit de plus de sources multiples comme :
– le channeling ou la communication avec des entités spirituelles (anges, maîtres spirituels, maîtres ascensionnés, divinités, bouddha, saints…);
– la guérison et le développement personnel;
– le recours à des références scientifiques ou pseudo-scientifiques (physique quantique, NDE…);
– le néopaganisme ;
– le thème de l’avènement d’un nouvel âge ou l’âge du Verseau.

Qu’ai-je en commun ou pas avec cette vision ?

Ma démarche partage avec cette définition du New Age le fait d’être :

– individuelle et éclectique;
– syncrétique;
– hors des structures historiquement constituées;
– teintée de référence au développement personnel, parfois aussi un peu scientifique avec la physique quantique;
– et un peu aussi de communication avec des entités spirituelles, si je pense à la dévotion envers mes divinités;
– néopaïenne.

Mais, ma pratique et mes croyances n’incluent pas de référence au thème de l’avènement d’un nouvel âge ou l’âge du Verseau ou à l’idée d’éveil spirituel, quoi que le thème de la démarche initiatique puisse s’en approcher.

Que dit Martin Geoffroy sur le New Age ?

L’auteur commence par présenter les définitions du New Age selon plusieurs auteurs et constate que il semble y avoir autant de définitions du NA qu’il y a de chercheurs pour les formuler. Ces auteurs sont :

– Françoise Champion, sociologue française, chargée de recherches au CNRS, Groupe de sociologie des religions et de la laïcité, qualifie le New âge de « nébuleuse mystico-ésotérique »;
– le sociologue belge Van Hove considère le New Age comme une composante d’un « immense marché de la spiritualité »;
– V.Vaillancourt et A.Kubiak envisagent le New Age comme une forme de religiosité post-moderne;

Voici comment il définit la religion et le New Age en introduction de son article :

« Ce tour d’horizon me permet de préciser ma propre définition de la religion et surtout du NA. J’envisage la religion comme une structure sociale ayant pour objectifs l’élaboration et le maintien de systèmes de sens ultimes de l’existence. Son organisation doit être en constante mutation pour lui permettre de s’adapter aux changements sociaux. Ces « mutations » servent à harmoniser les systèmes de sens désuets avec les nouvelles conditions sociopolitiques qui se mettent en place au fil de l’histoire. Le NA est religieux parce qu’il vise la transformation de ces systèmes par le biais d’une démarche spirituelle, sociale et culturelle. Le NA serait la plus récente mutation des systèmes de sens ultimes. On pourrait même affirmer qu’il est une mutation radicale, puisqu’il remet en question les fondements mêmes de l’organisation religieuse, d’où la nécessité de construire une typologie qui serait propre au phénomène du NA. Celui-ci est un réseau informel de personnes ayant des affinités spirituelles, sociales, culturelles et techniques, un réseau qui établit un lien virtuel entre des individus de toutes les couches de la société occidentale, engendrant ainsi une nouvelle façon de vivre la religion au quotidien. » (page 12).

Enfin, l’auteur fait référence au point de vue du sociologue Michael York, point de vue qu’il partage et sur lequel il s’appuie pour son article, notamment les caractéristiques suivantes :
– le New Age a un leadership polycentrique, pas de porte-parole unique, aucun individu n’exerçant un pouvoir régulateur, aucune personne ne prend de décisions au nom d’une majorité;
– manque de consensus sur les buts du mouvement et les moyens de les atteindre;

Selon M.York, c’est une force qui lui permet de s’adapter aux changements sociaux et même d’innover. Enfin une organisation segmentée et non centralisée composée de plusieurs cellules organisationnelles est difficile à surveiller ou à influencer.

Martin Geoffroy expose ensuite la typologie qu’il a construite spécifiquement pour le New Age. Il a dégagé 4 dimensions dans ce mouvement, afin de recenser les grands courants idéologiques qui caractérisent le N.A :

  • sociale,
  • culturelle,
  • ésotéro-occultiste,
  • biopsychologique.

Ces 4 dimensions se subdivisent elle-même en sous-dimensions.

  • Dimension sociale : holisme, écologisme et pacifisme.
  • Dimension culturelle : musique, littérature, art visionnaire.
  • Dimension ésotero-occultiste : gnose, ésotérisme, occultisme.
  • Dimension biopsychologique : thérapies holistes, mouvement du potentiel humain, religions de guérison.

A propos de son enquête, il dit :

« Mon concept opérationnel est celui d’un « réseau du nouvel âge » dans le sens d’un réseau social défini comme un rassemblement informel d’individus ou de groupes ayant une appartenance ou une sensibilité commune, soit, dans le cas qui nous occupe, une forme d’affinité spirituelle et émotionnelle. Pendant cinq ans, soit de 1992 à 1997, j’ai fréquenté les lieux d’échanges culturels et sociaux du réseau du nouvel âge à Montréal (librairies, restaurants végétariens, boutiques de cristaux, d’encens et de pyramides, galeries d’art visionnaire, etc.), assisté à divers événements culturels (concerts de musique NA, vernissages) et analysé le contenu et le tirage des publications spécialisées. J’ai aussi essayé diverses « thérapies holistes » (chiropractie, homéopathie, naturopathie, acupuncture, reiki, etc.) et suivi des cours de « croissance personnelle » (celui de Sylva Bergeron et plusieurs autres). J’ai également fréquenté plusieurs personnes qui prétendent au titre de psychothérapeutes et même assisté à une « tenue blanche » d’une loge franc-maçonnique humaniste. Toutes ces expériences, qu’on pourrait qualifier d’« observation participante », ont été faites dans le cadre strict d’un projet de recherche et avec tout le détachement qu’impose la démarche scientifique en sociologie. La collecte des données a été complétée par des entrevues réalisées avec quelques porte-parole du mouvement NA, soit Marilyn Ferguson, Pascal Languirand et Jac Lapointe. »

A noter que l’auteur classe le néopaganisme (animisme, religions nordiques, wicca, sorcières et witchcraft…) dans la dimension ésotero-occultiste du New Age et en particulier sa subdivision gnostique (page 24). J’inviter les lecteurs qui souhaitent connaitre plus en détail l’article de Martin Geoffroy à le consulter au format pdf sur : http://classiques.uqac.ca/contemporains/geoffroy_martin/typologie_nouvel_age/typologie_NA.html (si le lien ne marche pas faire une recherche sur Google)

Bilan de 1ére lecture ou 1ére impression (octobre 2015)

Après cette lecture, ma vision du New Age ou Nouvelle Age est devenu moins péjorative. J’ai plus l’impression d’y voir le bouillonnement d’une phase de transition spirituelle, que réellement un mouvement. La définition de Martin Geoffroy me semble intéressante et pertinente. Car, cette mouvance spirituelle occidentale n’est pas vraiment comparable aux mouvements spirituels et/ou religieux précédents. Il n’y a d’abord pas de doctrine unique ou centrale, ni de leader ou d’institution de référence. Comme le dit l’auteur Françoise Champion, je perçois le nouvel âge plutôt comme une nébuleuse, un truc un peu brouillon de personnes partageant une sensibilité et des centres d’intérêts communs, sans pour autant adhérer tous strictement aux mêmes croyances, ni avoir les mêmes pratiques. Cela me donne matière à réfléchir. Je trouve que finalement cette mouvance est à l’image de son époque. Je doute que nous puissions résumer seulement à un égarement ou un effet de mode. Et surtout, je découvre en quoi, sans l’avoir cherché ou sans m’en revendiquer, des caractéristiques de mon cheminement sont communes avec le nouvel âge. Je reviendrais peut-être sur le sujet plus tard. Car finalement ça soulève autant, si ce n’est plus, de questions que de cela n’apporte de réponses. Je n’ai fait que survoler le sujet. Découvrir l’avis de sociologues sur le sujet est  intéressant, car je ne suis pas forcément un critique objectif, en ce qui concerne mes pratiques et ses croyances.

IMPORTANT : l’écriture web étant parfois imparfaite à rendre un point de vue, il est possible que certaines subtilités de ma pensée ne soient pas correctement traduites par mes mots, malgré ma vigilance. Si vous avez un doute, posez-moi une question, plutôt que d’interprétez mes propos en vous basant sur des impressions. Merci.

Ces automatismes qui influent notre perception du monde

(Article tiré de mon ancien blog Sterenn Tharz-an-Deiz et re-publié ici car toujours d’actualité, datant de mai 2016)

Notre vision du monde est influencée et influençable. Même pour les plus cartésiens d’entre nous.

Ces influences sont multiples. Emotions, sentiments, perceptions issues de notre corps, éducation familiale, etc. Nous voyons le monde à travers des sortes de filtres. Au cours du travail sur soi qu’implique un cheminement spirituel, j’ai du en prendre conscience. Au travers d’échanges avec d’autres pratiquants païens ou non, j’ai découvert que cette révalation que d’autres avaient vécu, était une sorte d’étape utile pour avancer. Cela s’accorde aussi avec le peu que j’ai pu extraire ou comprendre de la thématique du mot Ouab dans l’Egypte ancienne, qui désigne la pureté (une qualité et un titre sacerdotal aussi). Ici, je prend le mot pureté ou Ouab dans son sens non d’un idéal de perfection à atteindre, mais d’authenticité. C’est à dire être non souillé par les influences extérieures, être fidèle à soi-même ou semblable à son état d’origine, essentiel. Dans le cas du sujet de cet article, je pense que prendre de la distance par rapport à des filtres, des influences ou des automatismes d’interprétation du monde, c’est aller vers une vision pure de ce qui « Est » (non filtrée ou influencée). Mais quels sont ces voiles, qui s’immiscent entre nous et la réalité ? Dans l’hindouisme, cela peut peut-être se rapprocher de la notion de Maya ? Si un hindouiste passe par là, merci d’éclairer ma lanterne à ce sujet.

Parce que le cerveau humain est bombardé en permanence d’informations venant de notre environnement via nos sens, il a adopté des automatismes pour fonctionner sans être débordé. Ces processuss fonctionnent, sans que nous nous en rendions compte le plus souvent. Ils nous aident aussi à économiser de l’énergie.

La généralisation

Le premier d’entre eux est la généralisation. Ce processus permet d’appliquer un apprentissage maîtrisé lié à une expérience passée, à toute situation qui s’y apparente quelque peu. Par exemple, vous avez appris à vous servir d’un aspirateur, vous n’aurez pas à réapprendre chaque fois que vous devrez en utiliser un ou à réfléchir à son fonctionnement. Spontanément, vous aller chercher le bouton « Power ». Dans votre cerveau, un aspirateur s’allume avec un bouton, pas besoin par exemple de pédaler, de tirer une ficelle ou que sais-je d’autre… Toutefois, si cet automatisme s’avère bien pratique dans de nombreuses situations, il peut nous jouer des tours quand il est appliqué à des personnes ou à des évènements. Prenons quelques exemples concrets…

Exemple 1 : Un jeune à casquette vous parle mal en banlieue. Par la suite vous vous méfiez de tous les jeunes à casquette de banlieue, car ce sont forcément des malotrus.
Exemple 2 : Vous avez rencontré un groupe de jeunes filles wiccanes, un peu « fluffy bunny », donc tous les jeunes wiccans le sont.
Exemple 3 : Le seul groupe de nordisants, que vous avez rencontré, était d’extrême droite et haineux. Depuis vous associez paganisme nordique à l’idée de brutes épaisses et xénophobes.
Etc.
C’est cet automatisme qui crée les préjugés ou les idées toutes faites. Il rend plus difficile l’innovation, l’ouverture d’esprit et explique en partie la résistance au changement. Hors, en tant que païens, si il y a bien une chose que nous apprend la vie, par exemple quand elle s’exprime au travers des cycles de la nature, c’est que tout est pérpétuel changement. Même si chaque année, les saisons reviennent, aucun hiver ne ressemble trait pour trait au précédent.

La distorsion

La distorsion est le fait d’amplifier ou de minimiser certains aspects de la réalité. Ce sont des processus créatifs, liés notre capacité d’imagination. Prenons l’exemple de l’enfant qui imagine un monstre derrière la porte du placard, parce qu’il a entendu un bruit dedans (un livre qui a glissé sur une étagère par exemple). Pensez aussi à la décoratrice d’intérieur, qui imagine votre futur séjour, alors que vous, vous ne voyez qu’une grande pièce vide aux murs blancs. Nous faisons aussi de la distorsion, quand nous exagérons les conséquences possibles d’un changement, ce qui peut conduire à un excès d’optimisme comme de pessimisme. Tout dépend de l’aspect amplifié. Soyons conscients de la facilité avec laquelle nous créeons parfois des scénarios catastrophiques à partir d’un détail du réel, alors qu’il ne s’est encore rien passé.

Exemple : Votre patron vous a fait une remarque sur la qualité de votre travail ces derniers mois et vous voilà à imaginer qu’il envisage votre licenciement.

La sélection

A cause de la quantité de stimuli et d’informations, que nous recevons de notre environnement (plus que ce que nous avons conscience), notre cerveau opère une sélection. Sans ce tri, nous ne saurions où donner de la tête. La sélection consiste à choisir dans l’expérience du réel que nous avons, un aspect quite à en ignorer d’autres. C’est ce qui est désigné par l’expression « focus de l’attention ». Si vous avez vécu ou observé un conflit entre individus, vous aurez peut-être remarqué que chaque protagoniste ne focalise pas son attention sur les mêmes élements de la situation conflictuelle. Chacune aura tendance à accorder son attention à ce qui va dans son sens, son opinion et pas forcément par mauvaise foi. La sélection se fait de façon à maintenir la perception du monde ou l’environnement auquel nous sommes habitués, qui nous convient. Là encore, cet automatisme illustre notre difficulé à aborder le changement ou ce qui remet en question nos croyances ou nos habitudes.

Une fois, que j’ai pris conscience de ces mécanismes, j’ai pu non pas les supprimer, mais apprendre (et apprendre encore, toujours) à ne pas en être esclave. C’est à dire les identifier en temps réel et prendre de la distance, si nécessaire. Je dis bien si nécessaire, car ces automatismes ne sont pas néfastes à 100%. Cette leçon s’insère dans mon cheminement spirituel, notamment dans le fait de vivre au présent et en pleine conscience. Elle aide à avoir une vision juste du monde qui nous entoure, pour agir aussi de façon juste.

Le quatrième monothéisme dont on parle moins : le sikhisme

(Article tiré de mon ancien blog Sterenn Tharz-an-Deiz et re-publié ici car toujours d’actualité, datant de septembre 2015)

Je suis en amour avec la divinité. Je prends ce terme dans le sens large des manifestations de l’être divin, créateur/trice et animateur/trice du monde. Ce qui m’émeut dans les différentes religions et les traditions spirituelles, ce sont les textes ou s’expriment la dévotion avec sincérité. Il y a parfois des mots et des témoignages si forts, que lorsque je les lis, j’oublie ce qui peut me différencier dans ma pratique de son auteur. Je perçois alors ce que nous avons en commun. Ce fut le cas dernièrement avec certains textes de la tradition Sikh, qui est un monothéisme, mais différent des 3 religions du Livre, que nous connaissons le plus. Il me semble sentir l’influence de l’Hindouisme dans cette religion née au coeur du Penjabe. J’ai (très très) résumé ci-dessous quelques éléments que j’ai appris à ce sujet en consultant les sites du sikhisme francophone et certaines sources anglophones.

Le Sikhisme

Le mot Sikhisme vient du mot sikh, lui même dérivé du sanscrit शिष्यः (śiṣya) signifiant disciple ou étudiant, ou de शिक्ष (śikṣa), signifiant étude ou instruction. Le fondateur du Sikhisme est Guru Nanak (1469-1539). Il a été influencé par la culture hindouiste, mais aussi par la religion musulmane. Fils d’une famille hindous, il est né dans un village de l’actuel Pakistan. Dès son enfance, le jeune Nanak est fasciné par la spiritualité. Après une expérience spirituelle forte ou il se ressent fusionner avec l’essence de toute chose, il compose le JAP JI SAHIB, poème mystique qui résume un enseignement qu’il décide de partager. Il voyage ensuite dans toute l’Inde, au Népal, au Tibet et au Sri Lanka, puis dans le monde musulman (péninsule d’Arabie, Perse, Afghanistan…). Il se rend également en pélerinage à la Mecque. Après plusieurs années de voyage, il fonde un village à Kartarpur où se rassemble aussi une petite communauté autour de lui. Il pense que la religion est un lien pour unir les hommes, mais comprend vite que dans la pratique, elle peut ausis être prétexte à monter les hommes les uns contre les autres, créer des discriminations entre hommes et femmes, entre castes, entre ethnies, etc. Il regrette entre autre l’antagonisme entre musulmans et hindous, alors que lui perçoit la richesse commune des deux religions. Une sentence bien connue de Guru Nanak dit : « Il n’y a ni hindou et ni musulman. » À ceux qui demandent alors qui ils sont s’ils ne sont ni hindous, ni musulmans, il répond : « vous êtes des disciples ». C’est ainsi que le mot Sikh (disciple), se répand.

Leur vision du divin : Ek Ong Kaar

Les sikhs sont dévoués à un dieu unique, qui est pour eux une seule conscience créatrice, non-née, sans peur, sans haine, hors du temps ou éternelle, existante par elle-même. Il n’y a pas de notion de diable, de paradis ou d’enfer. Dans le sikhisme, le créateur ne peut être séparé de la création. Il est partout et en tout. Il est à l’intérieur de chaque molécule. C’est une force vivante, qui se manifeste sous des milliards de formes, qui toutes constituent l’unité. Guru Nanak a enseigne que le divin ou cette force de vie est derrière toute la création et vit à l’intérieur de chacun. Le sikhisme a pour but de révéler la conscience du divin en chacun.

L’art de vivre Sikh

Dans le sikhisme, il n’y a pas de différence ou de discrimination entre les hommes et les femmes. Guru Nanak était fermement opposé à ceux qui considéraient la femme comme inférieure. Le sikhisme rejete aussi le système des castes hindou. Concernant les autres religions, le sikhisme considère que chacun a le droit de vivre son propre chemin vers dieu, sans condamnation, ni discrimination. Dans le sikhisme, il n’y a pas de notion de péché originel. Après la mort, selon les actes d’une personne, le sikh croit qu’il pourra soit être uni avec Dieu, (comme une vague se fond dans l’océan), soit rejoindre le cycle de réincarnation.

Institutions sikhs :
– SEVA ou service désintéressé aux personnes;
– GURDWARA, le lieu de culte sikh;
– LANGAR ou cuisine communautaire. Cette cuisine est ouverte à tous et tenue par des volontaires. Elle est une manifestation concrète de la volonté des sikhs d’aider les pauvres et les nécessiteux;
– SANGAT ou congrégation, groupe formé de minimum 5 personnes, qui se réunissent autour du Guru Granth Sahib, livre de la tradition sikh, pour lire ou chanter des textes de la tradition.

Le GURU GRANT SAHIB est le livre unique et centrale de la tradition. C’est un recueil de textes . Le sikhisme possède aussi son mantra, le MUL MANTRA (signifie mantra racine), ci-dessous une version du MUL MANTRA chantée :

MUL MANTRA ou MOOL MANTAR
~~~
Ik Onkaar
Satnaam
Kartaa Purakh
Nirbhau Nirvair
Akaal Moorat
Ajooni
Saibhang
Gurprasaad

Un sikh est tenu de porté les 5 K (Panj kakke), des attributs qui le rend facilement reconnaissable :

Les Kes – les cheveux, (y compris la barbe) ne sont ni coupés ni taillés. Les cheveux sont enveloppés dans un turban (dastar).
Le Kanga – un petit peigne en bois, (cet article de foi symbolise la netteté et rappelle à un(e) Sikh qu’il faut soigner les cheveux.)
Le Kara – un bracelet en fer / acier, (cela symbolise l’âme d’un(e) Sikh qui doit être forte et ne devrait pas courber sous la pression.)
Le Kachera – un short en coton porté comme sous-vêtement, (cela rappelle à un(e) Sikh son engagement à la pureté.)
Le Kirpan – un cimeterre (poignard) cérémonial, (c’est le devoir de chaque Sikh de battre contre l’injustice, protéger les faibles et défendre la Vérité.)
Le sikhisme interdit à ses pratiquants de commettre l’adultère, de fumer, de boire de l’alcool et de prendre les drogues. Le sikhisme interdit de faire marier quelqu’un contre sa volonté et permet les mariages entre époux de différentes origines ou religions.

Le code de conduite sikh encourage à faire des dévotions trois fois par jour:
1) Le matin au lever du jour.
2) Le soir, après le travail et juste avant le coucher du soleil
3) Avant de dormir.
ainsi que des méditations et à se remémorer la présence divine tout au long de la journée dans chaque action.

Quelques uns des principes sikhs

KIRAT KARNA: gagner sa vie honnêtement.
VAND CHAKNA: partager avec les autres.
NAM JAPNA: garder Dieu à l’esprit et répéter les Gurbanis.
NAM SIMRAN: Le matin ou à n’importe quel moment de la journée méditer sur Dieu.

Un Sikh prie pour lui-même, sa famille, le Khalsa mais aussi pour l’ensemble de l’humanité et de la création.

A lire au même sujet :
http://www.sikhiwiki.org – encyclopédie sur le sikhisme
– Conseil représentatif des sikhs de France – http://www.sikhsdefrance.fr
http://www.sikhs.nl/ site d’info sur le sikhisme en français

Dieu s’en moque ou mes points de vue communs avec une monothéiste

J’ai emprunté en partie le titre de ce billet au livre que je viens de finir de lire, il y a quelques jours. Il s’agit de « Dieu s’en moque » de Marie-Josée Arel. C’est le livre d’une monothéiste. J’utilise l’étiquette monothéiste, car elle parle de dieu ou du divin comme une présence unique. Si elle admet que chacun peut lui donner le nom qu’il veut dans un passage de son livre, elle n’aborde pas la pluralité de manifestations comme l’envisage le (néo)paganisme. Même si son parcours a été fait majoritairement dans le catholicisme, je trouve qu’aujourd’hui dans son témoignage, elle est s’exprime comme une personne simplement spirituelle. Elle  a une relation personnelle au divin en dehors de toutes étiquettes, de tous dogmes ou de toutes institutions religieuses. Oui, une néo-païenne ou polythéiste comme moi peut lire, trouver du plaisir à lire et même partager quelques points de vue avec une monothéiste. Il y a quelques semaines, j’ai regardé à nouveau les vidéos de la série « Papa, Maman, je suis païen(ne)! » (2013) sur la chaîne Païens tout simplement de Dailymotion. Et je ne sais plus dans au cours de quelle vidéo, l’une des personnes interrogées a témoigné à propos de ses rapports avec les autres religions. Elle reconnaissait que depuis qu’il/elle s’était reconnu(e) païen/païenne ses relations avec les autres religions étaient apaisées et qu’il/elle comprenait même mieux la foi/ferveur/dévotion de certaines personnes. C’est aussi mon cas. Le jour où j’ai admis la forme de ma spiritualité, j’ai commencé à mieux comprendre la foi de certaines personnes monothéistes (pas toutes) et comment une pratique spirituelle pouvait être épanouissante ou la joie apportée par la dévotion envers le divin.

Si j’en reviens à l’ouvrage « Dieu s’en moque » de Marie-Josée Arel, je partage plusieurs points de vue issues de mes expériences avec l’auteur, même si nos parcours sont bien différents. Par exemple, elle a été pendant 6 ans religieuse dans un couvent avant d’en claquer brutalement la porte à l’âge de 28 ans pour démarrer une nouvelle vie. Pas moi.

Une vie spirituelle excitante

Tout d’abord, je partage avec elle l’idée qu’une vie spirituelle, peut-être quelque chose d’excitant. C’est à dire le contraire d’austère et sérieux. D’ailleurs cela  me fait penser au dieu égyptien Bès, seul figure divine de cette culture, qui a demeuré dans mon sillage depuis que j’ai pris mes distances avec cette tradition. La vie spirituelle admet l’humour, le sens de la dérision, la joie et la légèreté. Bès incarne les pratiques spirituelles, qui utilisent l’humour, le grotesque, la sensualité, le rire et même les grivoiseries. C’est l’art de ne pas se prendre trop au sérieux pour mieux croquer la vie à pleine dents et au présent.

Attendre des réponses des autres, être dépendant de l’avis d’autrui

Je suis tombée au début de mon parcours dans le même piège qu’elle, c’est à dire que je cherchais des réponses dans l’expérience des autres oubliant d’écouter la mienne ou cherchant le livre, l’auteur qui saurait me faire la révélation attendue. Mais, c’est après tout une erreur de beaucoup d’entre nous lorsque nous débutons. Elle dit, je cite :

 « Longtemps, j’ai été de ces personnes espérant mettre la main sur le bouquin ou sur un être humain exceptionnel capable de résoudre l’énigme Dieu. Je me revois en train de gober tout ce que j’entendais ou je lisais, sans aucun sens critique. Dès qu’une lecture, un motivateur ou un leader spirituel me faisait me sentir bien, je devenais convaincue d’avoir enfin trouvé la vérité. »

Extrait du mot de l’auteure

S’autoriser à définir le divin et la spiritualité

Dans la même veine, elle s’autorise comme je l’ai fait moi-même à questionner et à verbaliser sa propre définition de dieu et de la spiritualité avec ses mots et en fonction de son vécu. Pour autant elle admet conjointement que le divin est si vaste, qu’il est difficile de le cerner avec une définition et que chacun le nomme aussi avec le terme qui convient le mieux à la perception qu’il en a.

« Dieu ne peut se réduire à un lexique ou à une terminologie. Ce serait comme essayer de contenir le vent dans une boîte. »

« Je définis la spiritualité comme étant le très vaste mouvement dans lequel s’inscrit la vie de l’âme. »

Extrait du chapitre 2, Dieu une marque sans nom

 Les croyances une affaire de tête, la foi une affaire de cœur

Voilà encore un reste de mon parcours avec les égyptiens, pour moi le cœur est très important dans la spiritualité, s’en est même le centre. Point de vue d’ailleurs qui n’appartient pas qu’à cette tradition. Marie-Josée parle aussi du cœur dans la distinction qu’elle fait entre croyances et foi. La foi vient du cœur, du déclic d’une expérience personnelle, elle engage l’être profond. Les croyances sont bâties sur des certitudes, des concepts et des préceptes bâtis autour du divin à l’aide de la réflexion intellectuelle. Les croyances conduisent souvent en se rigidifiant aux dogmes coercitifs, définissant ce qui est correct ou pas.

« Plus j’avance et plus mon âme s’écrie : « A bas les croyances ! » Je ne peux plus m’empêcher de questionner leur validité. Avant elles étaient la sécurité. Je les prêchais, je les exposais et les défendais avec conviction. Je pouvais en parler pendant de heures ! Maintenant je les observe et j’évalue leurs retombées dans mon quotidien. Est-ce qu’elles me poussent à aimer l’autre ou à le juger ? Est-ce qu’elles provoquent de la souplesse ou de la rigidité en moi. Est-ce qu’elle me donnent de ailes ou sont-elles un boulet ? Surtout, je sais qu’elles ne sont que de passage. Il se pourrait bien qu’un jour, je n’en ai plus besoin. »

Extrait du chapitre 3, A bas les croyances

Elle voit comme moi le recours aux croyances utiles pendant un temps pour progresser au début, un peu comme une béquille ou une canne quand on ne peut pas marcher seulement par ses propres moyens. Mais sur le long terme, elles sont handicapantes et abandonnées au fur et à mesure qu’on prend confiance en ce que nous enseignent nos expériences personnelles de relation au divin. Les croyances rassurent en apportant une réponse toute faite à nos peurs et à nos incertitudes. Puis, on apprend à vivre avec l’incertitude et le mystère autour du divin, à ne pas avoir réponse à tout, à dire « je ne sais pas ».

« Une spiritualité VIVANTE consiste à accueillir la révélation, sans pour autant en faire quelque chose de définitif, d’absolu. »

Extrait du chapitre 4,  Expériences demandées

L’importance de l’expérience et du vivre au présent

Je partage aussi avec l’auteur l’idée que l’expérience quotidienne qu’offre la vie est très importante, plus que la parole d’un prophète, d’un auteur ancien ou d’un livra sacré ou pas d’ailleurs. Comme moi, et vous l’avez peut-être déjà lu ans mes billets précédents, elle appelle à vive au présent. Car c’est en lui qu’est la vie ou l’existence, le passé et l’avenir ne sont que des projections dans notre esprit, des films..

« S’accrocher au passé revient à croiser les bras face à l’infini, qui ne souhaite que se déverser. Du moment que j’ai compris que le passé n’existait plus, je créé de l’espace en moi pour du neuf. »

Extrait du chapitre 15 : Faire son temps

 L’homme instrumentalise la religion

A propos de la religion, nous partageons l’idée que les religions sont ce que les hommes veulent bien en faire. C’est à dire autant des moyens de s’élever que de détruire ou manipuler. Je partage bien d’autres points de vue avec elle, mais il serait  fastidieux de tout énumérer ici. Et je ne veux pas révéler trop du contenu de son livre dans cet article. Je laisse le plaisir de la découverte à ceux qui voudraient le lire. Je terminerais sur ce passage.

« Une vie spirituelle enrichissante laisse une grande place à l’autonomie. Prendre soin de notre relation personnelle avec Dieu et veiller à son évolution. Renoncer à l’approbation des autres. Trouver nos propres réponses. Assumer notre perception du divin. Ne jamais laisser un individu, un groupe, une croyance, une doctrine s’interposer entre nous et notre conscience. Il faut maintenir un équilibre entre la pratique individuelle et la démarche collective. Une spiritualité communautaire vécue au détriment de la relation intime à Dieu nous déconnecte de notre essence. A l’inverse une vie spirituelle en solitaire peut provoquer une forme de nombrilisme où le je-me-moi prend trop d’espace. Chercher le divin peut se faire partout et de bien des façons… »

Extrait du chapitre 8 : Où est Charlie ? – Dieu s’en moque » de Marie-Josée Arel.

(Article tiré de mon ancien blog Sterenn Tharz-an-Deiz et re-publié ici car toujours d’actualité, datant d’avril 2016)

Pourquoi je ne suis plus reconstructionniste  ? 

J’ai commencé mon cheminement de néo-païenne avec la tradition égyptienne, aussi appelée  kemetisme  (kemitisme, orthographe variable) ou netjerisme. J’ai été sincèrement et profondément engagée dans cette voie pendant plusieurs années, au point de penser que c’était définitivement ma Voie (avec un grand V). A cette époque je n’aurai pas cru celui ou celle, qui m’aurait prédit que je viendrais un jour à la religion de ma terre. La vie nous réserve parfois de drôle de surprise. Cette tradition à été comme une sorte d’école ou d’introduction au polythéisme. Je comprend que de nombreux grecs anciens aient pu se rendre en Égypte pour y être instruits (ou le prétendre). C’est une tradition ancienne, riche et pleine de sagesse. A cette époque là, je me considérai  reconstructionniste et je n’aimais pas le terme néo-paganisme. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. 

Parlons du reconstructionisme 

C’est un mot récent. Il me semble, qu’il est propre au milieu païen. Il est d’abord apparu sous une forme anglophone avant d’être francisé. Je ne pense pas qu’il figure dans le dictionnaire (j’ai une veille édition du Larousse qui date beaucoup…). Lorsque j’étais netjeriste, je me reconnaissais dans ce terme. En effet, je pensais participer à la reconstruction ou restauration d’un culte éteint. Une sorte de résurrection. Hors au fil de ma pratique et de mes expériences, j’ai compris que le passé ne se reconstruit pas, même avec la meilleure volonté du monde. Une reconstruction, même la plus fidèle possible aux sources, est une création contemporaine. En ce sens, je trouve le terme néo-paganisme pertinent. Car il traduit bien cette idée de renouvellement (néo) tout en étant affilié à de l’ancien (paganisme antique). La reconstruction s’opère au présent, d’après des traces du passé qui n’en restituent pas l’intégralité. Ces éléments permettent de se faire une idée de ce qui fut. C’est donc une projection mentale à partir de laquelle se construit une pratique cultuelle . Elle est susceptible d’être influencée par le filtre culturel et/ou personnel de celui/celle qui interprète. Faute de sources écrites ou de témoignages matériel, la vision que l’on se construit, est lacunaire  ou composée d’hypothèses, qui peuvent être réfutées à la moindre nouvelle découverte. 

Une création et alors ?

Toute création ne part jamais de rien. Elle se nourrit toujours de l’existant ou de ce qui a pu la précéder, même si elle semble innover ou marquer une rupture. Ainsi, les nouvelles religions du New Age, a bien y regarder, reprennent souvent des éléments déjà présents dans les spiritualités, qui les ont précédées. Comme le dit justement Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne se crée, mais tout se transforme.» Si pratiquer un culte antique polythéiste éteint peut surprendre nos contemporains, je ferais remarquer que créer une nouvelle religion ou une tradition est un sujet tout aussi tabou. En matière de spiritualité, il me semble que si les formes évoluent, le fond quant à lui demeure. C’est-à-dire le désir de se relier au divin, qu’il soit un ou multiple, comme les chemins qui y mènent. Et cette diversité est une richesse.