Les auteurs spirituels contemporains, qui m’ont marqué !

Ces dernières années, plusieurs auteurs dans le domaine spirituels ont influencé ma réflexion ou m’ont aidé à progresser grâce à leurs témoignages. Leurs ouvrages font partie de ceux que j’ai relu plusieurs fois avec plaisir, jusqu’à jaunir la tranche et parfois écorner la couverture. Ce sont des livres sur lesquels je me permet de souligner des passages ou marquer une page avec un post-it.

La tradition égyptienne, Tamara Legan Siuda, René Lachaud et Erik Hornung

Je commencerai dans la tradition égyptienne, aussi appelée kemetisme ou netjerisme, par Tamara Siuda. Cette auteur allie une solide expérience dans le domaine spirituel et celui de l’égyptologie. Ce qui lui permet de proposer une pratique de la tradition égyptienne à la fois contemporaine et conforme aux anciens, bien documentée. C’est de plus une interlocutrice respectueuse, à l’écoute et posée avec qui il est agréable d’échanger. En France, c’est René Lachaud qui a suscité mon intérêt et m’a beaucoup appris, lorsque je débutais dans l’étude de cette tradition. Je recommande la lecture de son encyclopédie illustrée, « l’Égypte ésotérique des pharaons » et « Magie et initiation en Egypte pharaonique ». Enfin, j’ajouterai « Les dieux masqués : Chamanisme dans l’Egypte pharaonique », dont je n’ai pas pu faire l’acquisition, car il est épuisé et plus édité. Mais dont j’ai eu de bons échos. Les ouvrages d’Erik Hornung, égyptologue, sont aussi de bonnes références, dont « Les dieux de l’Égypte, l’un et le multiple ».

Daniel Odier, le tantrisme et le boudhisme chinois Chan

A propos du tantrisme et du bouddhisme Chan, j’ai beaucoup aimé le témoignage de Daniel Odier. Je vous recommande le récit de son expérience auprès d’une tantrika du Cachemire dans « Tantra la dimension sacrée de l’érotisme ». Cet ouvrage vous fera surement réviser beaucoup d’idées reçues et de clichés occidentaux sur le sujet. A propos du Bouddhisme Chan chinois, je vous conseille « Chan & Zen, le jardin des iconoclastes » et « Les Portes de la joie » co-écrit avec Fabrice Midal.

Arnaud Desjardins, le chercheur spirituel

Le troisième auteur, que j’apprécie, est Arnaud Desjardins. Il est né au sein d’une famille chrétienne protestante en 1925. Il nous a quitté le 11 août 2011 à l’âge de 86 ans. Il a participé à des groupes Gurdjieff. Il a rencontré au cours de son cheminement spirituel Mâ Ananda Moyî, Swami Randas, Kalou Rinpoché, Abo Rinpoché, Sonam Zangpo Rinpoché, le 16e karmapa (Rangjung Rigpe Dorje), Chatral Rinpoché, Kyabjé Dudjom Rinpoché, Kangyour Rinpoché, le Dalaï Lama et Swami Prajnanpad, son principale enseignant spirituel. Il est aussi allé à la rencontre de maîtres soufis de l’Afghanistan parmi lesquels Khalifa Saheb, le cheikh Samar-Oud-Din et Soufi Saheb de Maïmana, avant que le soufisme ne soit victime de répression. Il a rencontré aussi Taisen Deshimaru maître zen japonais et a tourné deux films sur cette tradition, « Zen ici et maintenant » et « Zen partout et toujours » diffusés en 1971 sur Antenne 2. Dans ses ouvrages, il propose une spiritualité laïque nourrie des expériences qu’il a pu faire au cours de ses différentes rencontres et des enseignements, qu’il a reçu. J’aime beaucoup ses ouvrages « Sur la voie », « La voie du coeur » et « La voie et ses pièges ». Ils sont très accessibles, par rapport à d’autres de ses ouvrages comme la série « A la recherche du soi » en 4 tomes. Enfin, les conseils de l’auteur sont autant valables pour des pratiquants de religions monothéistes, que polythéistes. Il aborde des points communs à de nombreuses voies spirituelles.

Le chamanisme contemporain occidentale

Dans le domaine chamanique, il y a quatre auteurs dont j’ai conservé et apprécié les ouvrages en plus de l’incontournable Mircea Eliade :
– Maud Séjournant,
– Michaël Harner,
– Corine Sombrun,
– Sandra Ingerman.

Parmi les prochains auteurs, que je souhaite découvrir, il y a Frédéric Lenoir. Il est philosophe, sociologue et historien des religions, ancien rédacteur en chef du magazine Le Monde des Religions de 2004 à 2013. Plusieurs de mes proches m’en ont parlé en bien. Il y a évidément d’autres auteurs et d’autres ouvrages dans ma bibliothèque. Mais ceux-ci sont ceux, qui m’ont le plus influencé jusqu’à aujourd’hui. Je relis parfois leurs témoignages pour chercher une réponse ou un conseil, méditer sur ma pratique, explorer un thème qui se manifeste dans ma vie, etc.

Édit après publication : en me relisant, je viens de constater que j’ai oublié Marie José Arel…

 

 

 

Sagesse égyptienne : Le roman Her Bak, tome 1 « Pois Chiche »

Après avoir brièvement présenté le roman en deux tomes Her Bak, je souhaite revenir plus en détail sur leurs contenus. Aujourd’hui je vais présenter globalement le tome 1, qui se nomme « Pois Chiche ».

Le contexte du roman Her Bak

Ce roman se passe en Égypte ancienne à Thèbes, la région du temple de Karnak et du dieu Amon, vers la XXème dynastie (celle des Ramsès). Le héros se nomme Her Bak. Son nom a deux traductions possibles selon l’auteur Isha Schwaller de Lubicz à cause d’un jeu de mots de l’ancien égyptien. Il peut se lire « Pois Chiche » ou « Face de faucon ». Ce détail a son importance. Car les deux aspects de son nom sont utilisés dans les deux tomes du roman, pour signifier son évolution de Pois Chiche l’enfant (graine en devenir) à Her Bak le disciple admis au temple pour être initié. Le nom en Égypte ancienne participe à l’être de la personne, il est porteur de son essence et de sa magie. Un ancien égyptien peut d’ailleurs avoir plusieurs noms au cours de sa vie, en plus de son nom de naissance ou « nom de sa mère », reçus en fonction de son évolution. Her Bak est le fils du cultivateur Sita et de son épouse Hemit, des cultivateurs installés sur le domaine de Menkh, chef des techniciens. Il a pour frère aîné Beau-Parleur et pour sœur Mout-Sherit. Lorsque débute le roman, sa famille vient juste de s’installer sur ce domaine. La veille, Her Bak a reçu son daïou. C’est un vêtement, une sorte de ceinture nouée qui sert de cache-sexe. Ce vêtement signifie aussi aux yeux de la société, qu’il n’est plus un petit enfant. Car ceux-ci se promènent nus.

Le tome 1 est divisé en 3 parties :

– 1ère partie : Pois Chiche,

– 2ème partie : L’apprenti,

– 3ème partie : Her Bak, le péristyle du temple.

S’ajoute à cela en fin d’ouvrage un appendice documentaire sur l’Égypte ancienne qui présente le pays, son histoire, sa civilisation, les formes de son enseignement et la religion égyptienne. Il y a aussi des planches de dessins des hiéroglyphes et des neter ou dieux. Aujourd’hui, le mot dieu est plutôt translittéré par netjer au singulier et netjerou au pluriel. Mais sachez que l’auteur utilise neter, la transcription de son époque.

Partie 1 : Pois Chiche et l’observation de la nature

Dans la première partie, « Pois Chiche » rencontre le Sage du temple, qui distingue le potentiel du jeune garçon dès leur première rencontre. C’est le fameux premier jour. Il est alors l’ami du sage, avant d’être plus tard son disciple. Dans les chapitres de cette partie, suivant le conseil du Sage, Pois Chiche va apprendre en observant la nature et en essayant d’écouter son cœur. Il rencontre ensuite Mesdjet, un harpiste aveugle au service de Menkh et plein de sagesse. Au cours de plusieurs chapitres, l’auteur présente les scribes comme des fonctionnaires dont la population envie le statut et les connaissances. Pourtant, ils ne connaissent pas tout. Ils semblent notamment ignorants de l’enseignement de la nature, la connaissance dont le Sage du temple a montré un aperçu à « Pois Chiche ». Le héros est aussi confronté dans ses premières aventures aux défauts du genre humain comme la jalousie de son frère Beau-Parleur, le vol de terre commis par un voisin et les ruses de son fils pour que ne soit pas dévoilé la supercherie. Le lecteur découvre un « Pois Chiche » curieux, qui observe, mais pose aussi beaucoup de questions. Il veut comprendre. Il ne peut se contenter de réponses toutes faites, de dogmes ou d’absence de réponses. C’est un chercheur de vérité dès son plus jeune âge.

Extrait du chapitre un page 18, dialogue entre le Sage et Pois Chiche

« – Tu as dis « mon ami »… tu me gardes ?

– Non, petit homme, un autre maître t’attend pour éveiller ton cœur.

– Où m’attend-il ?

– Dans ton jardin, dans ton champs d’orge…

– Je ne l’ai jamais rencontré.

– Tu ne savais pas le chercher. Il aime les questions d’enfant ; demande au grain comment il s’ouvre, compte les pousses du palmier, apprend l’heure avec les oiseaux ; demande au vent du Nord d’où vient son souffle vivifiant, au vent du Sud d’où vient son feu.

– Qui répondra ?

– Celui dont tu portes le nom. »

Partie 2 : Pois Chiche, l’apprenti des artisans/techniciens

Dans la seconde partie, « Pois Chiche » va d’abord passé quelques mois comme apprenti scribe, grâce à l’intervention de Menkh, chef du domaine. Il est aussi son porteur de sandales. Cependant, cette distinction par un protecteur haut placé amène « Pois Chiche » à se croire plus important qu’il ne l’est, bref à s’égarer. Menkh s’en rend compte et pour le remettre sur le droit chemin, il l’envoie apprendre auprès des techniciens (les artisans du domaine). Il ira tour à tour dans l’atelier du potier, puis dans celui du perceur/sculpteur de vases, le fabricant de cannes, le menuisier et enfin le tisserand. Il prend d’abord cela pour une disgrâce, mais comprendra ensuite qu’il n’y a pas de sot métier. Il apprendra finalement plus auprès des artisans, que des scribes.

Extrait du chapitre 24, Le Menuisier, dialogue entre Nadjar et Her Bak

« Ta route est bonne, dit Nadjar, si tu comprends ceci : ce qu’on reçoit dépend de ce qu’on donne ; il y a ce qu’on donne au métier, il y a ce que le métier vous donne. Quant à l’ouvrier, il donne le travail de son bras, de son énergie, de son geste exact ou inexact ; le métier lui donne en échange la notion de résistance de la matière et de sa façon de réagir. Quant à l’artisan, il donne au métier son amour ; et le métier lui répond par un confondement de l’artisan avec son œuvre. Quant au technicien, il donne au métier sa recherche des lois de la nature qui le régissent ; et le métier lui enseigne la sagesse. »

Partie 3 : Her Bak, Pasab et l’enseignement du temple extérieur

Dans la troisième partie, « Pois Chiche » est admis à être instruis dans l’enceinte extérieure du temple ou le péristyle. Il est notamment placé par le Sage sous la surveillance du scribe et instructeur Pasab, dont le nom signifie chacal. Plusieurs autres scribes officient en ce lieu comme Remeny, Smôn, Renf-Ankh et Hesy. Mais de tous, c’est Pasab, qui est le plus sensible et disposé à guider le héros vers l’enseignement de sagesse, que lui laisse entrevoir le Sage. Cet enseignement secret est proposé dans l’enceinte du temple intérieur. Je vous propose ci-dessous plusieurs extraits de cette partie du tome 1.

Page 246 dialogue en Pasab et Her Bak

« – C’est en observant mon « symbole » que j’ai compris le premier pas ; le chacal est un dévoreur.

– C’est une bête cruelle !

– Il obéit à la loi de la Nature où la mort de l’un cause la vie de l’autre ; il dévore la chair devenue putride, il purifie les chemins. »

Page 246 – 247 dialogue en Pasab et Her Bak

 » – Ouâb *, c’est l’expansion de la nature individuelle libérée de tout apport étranger ; d’où le nom des prêtres-ouâb qui ont réalisé leur « nature » de telle sorte que chacun d’eux se trouve en harmonie parfaite avec la fonction qui lui est confiée en connaissance de cause, quelle que soit l’importance – grave ou infime – de cette fonction.

– Chaque prêtre-ouâb est donc une pefection ?

– Jamais ! L’œuvre humaine est toujours imparfaite; d’ailleurs, nul ne supprimera les tendances innées à sa nature particulière : il s’agit de changer leur force destructive en puissance de vie. »

* Ouâb signifie pur.

Page 258 – 259 Pasab réfléchit pendant la nuit,

« La dernière heure de la nuit lui donna conscience d’une double réalité. La première quant aux « secrets » : toute connaissance vient du dedans ; on n’est donc initié que par soi-même, mais le Maître donne les clés. La deuxième quant au chemin : le chercheur a besoin d’un Maître pour le guider et le redresser. Mais quel Maître peut forcer l’orgueilleux à préférer le « Réel » à l’apprence et à ses préjugés ? »

A la fin de la troisième partie, le héros sera admis dans le temple intérieur, ainsi que son instructeur Pasab. Ce dernier change de d’ailleurs de nom à cette occasion et devient Oupouat, qui signifie « ouvreur de chemin ». Car, il vient d’évoluer et de se réaliser. Son nom est donc modifié en conséquence. Avant d’être admis, Her Bak passe aussi une épreuve et est confronté au neter pendant une nuit. C’est son comportement à l’issue de cette épreuve, qui lui ouvre les portes du temple intérieur et son enseignement, dont il est question dans le second tome du roman.

Prochainement le tome 2, mais pas tout de suite…. parce qu’il est un peu plus ardu. 😉

Her Bak de Isha Schwaller de Lubicz, un roman initiatique sur la tradition égyptienne

Her Bak est probablement, l’un des livres de ma bibliothèque, que j’ai le plus lu. A chaque lecture, il me semble découvrir un détail, qui m’avait échappé à la précédente. Ce roman initiatique en 2 tomes (Her Bak Pois Chiche et Her Bak Disciple ) a été écris par Isha Schwaller de Lubicz (1885 – 1963), épouse de René Schwaller de Lubicz (1887 – 1961). Il raconte le cheminement d’un jeune garçon Pois Chiche ou Her Bak, de sa vie de fils de paysan à son entrée au temple, parce qu’il a été remarqué par un maître de sagesse du temple égyptien.

Le couple Schwaller de Lubicz

René Schwaller de Lubicz fut chimiste (alchimiste aussi), membre de la société théosophique, ésotériste, égyptologue, spécialiste de la pensée hermétique et de la symbolique de l’Égypte ancienne. Pourquoi je parle de l’époux de l’auteur ? Pour vous situer dans quel contexte, ce roman a été écris. Car Isha était aussi passionnée d’Égypte que son époux et sûrement imprégnée, très influencée, si ce n’est impliquée dans ses activités. Il faut le savoir avant de lire cet ouvrage. Isha se nommait en réalité Jeanne Germain. Elle était née en Normandie. Isha est son nomen mysticum (nom mystique ou initiatique), qu’elle adopta au sein du cercle théosophique et initiatique du Groupe des Veilleurs à Paris. Elle eu quatre enfants d’une précédente union avec l’armateur Georges Lamy, dont elle devint veuve avant d’épouser René Schwaller de Lubicz. Vous trouverez sur le web des biographies plus complètes de René Schwaller de Lubicz, qui vous renseigneront sur la vie du couple, leurs fréquentations et le milieu ésotérique dans lequel ils évoluaient. Je préfère en effet me concentrer dans cet article sur le roman Her Bak.

Le roman Her Bak : cheminement initiatique, sagesse ancienne et ésotérisme

Il est constitué de deux tomes. Le premier se nomme Her Bak « Pois Chiche », le second Her Bak « Disciple ». Chacun relate une partie du cheminement initiatique du jeune Her Bak. Son nom a d’ailleurs deux sens possibles en ancien égyptien « Pois Chiche » et « Face de faucon ». Dans le premier tome, nous suivons le héros de sa première rencontre avec le sage du temple, alors qu’il sort juste de l’enfance jusqu’à son accès au Temple, et plus exactement le Péristyle. Her Bak est fils du couple Sita et Hemit, qui travaillent sur le domaine de Menkh, chef des techniciens. Il a un frère Beau-Parleur et une sœur Mout-Sherit. Il rencontre aussi un harpiste aveugle plein de sagesse Mesdjer. Dans le second tome, c’est son instruction au sein du temple que nous suivons. Le second tome aborde d’ailleurs des notions plus ardues que le premier. Sa lecture est moins facile, mais très intéressante.

Les deux ouvrages possèdent des annexes détaillant des notions propres à la sagesse égyptienne. Il faut cependant être prudent avec le travail de René Schwaller de Lubicz. Comparez ce que vous lisez avec des ouvrages d’égyptologie plus récent. Car il peut y avoir par endroit quelques notions, qui ont été revues depuis son époque, notamment dans la traduction de certains hiéroglyphes. Enfin, les idées avancées concernant la tradition égyptienne sont celles des Schwaller de Lubicz, pas forcément celles admises par l’égyptologie récente. Ce roman reste cependant très intéressant et éclairant sur la tradition égyptienne. Il ouvre le lecteur à des réflexions profondes sur les concepts de cette sagesse millénaire (Ka, Ba, Ab, Ib, Sa, Ren, Neter, Maât, Héka, Sia, Hou, Khaïbit…).

Les leçons du temps

Cela fait un moment que j’ai un projet ou une ébauche d’article sur le thème du calendrier, sa restauration et son utilisation dans le cadre néo-païen. C’est un sujet qui m’intéresse depuis plusieurs années. Je l’ai d’abord abordé dans la tradition égyptienne (kemetisme/netjerisme), puis dans le cadre du néo-paganisme européen. Il est passionnant et plein de ramifications. Mais surtout, il amène à s’interroger sur un thème plus global : le temps. C’est lorsque mes recherches m’ont conduites à lui, que j’ai découvert l’ouvrage, les leçons du temps philosophie et spiritualité, de Serge Carfantan.

L’auteur, docteur en philosophie

Serge Carfantan est docteur agrégé en philosophie, professeur à l’Université de Bayonne et au Lyce Victor Duruy de Mont de Marsan. Il se consacre notamment à l’étude de la phénoménologie, la philosophie de l’Inde et ses prolongements. Il est aussi le créateur du site internet philosophie-spiritualite.com ou ces leçons/articles sur différents thèmes sont en partie consultables. On les retrouve sinon en intégralité dans les ouvrages qu’il publie.

Un ouvrage qui explore le Temps

Son livre est divisé en 7 chapitres abordant différentes questions relatives au temps. L’écriture est claire et étayée, quand cela est nécessaire de références à des auteurs (philosophes, scientifiques…) ayant abordés le sujet. L’auteur est pédagogue et présente de façon très accessible les notions qu’il aborde. Je pense qu’il pourrait réconcilier les plus réfractaires à la philosophie, avec elle. Il traite le sujet du temps autant d’un point de vue philosophique que spirituel. Il présente aussi ce que les sciences et les théories les plus récentes nous apprennent à son sujet.

Il aborde dans son livre les dimensions du temps (passé, présent, futur), le temps objectif, le temps subjectif et le temps psychologique, la notion d’éternité, la fidélité à soi et la constance dans le temps (Peut-on durer, tout en restant fidèle à soi-même?), le temps linéaire et le temps cyclique, l’ici et maintenant (Pourquoi la sagesse recommande-t-elle d’accorder son attention à ici et maintenant ?), la présence, les synchronicités (Dans quelle mesure la synchronicité permet-elle de comprendre notre liberté?et notre liberté vis à vis du temps. J’ai senti à la lecture, qu’il maîtrisait bien le domaine de la philosophie de l’Inde, car il y fait référence parfois. Il cite aussi des auteurs antiques occidentaux. Et tout aussi intéressant, il m’a permis de découvrir les dernières découvertes et théories scientifiques sur le sujet, qui sont assez renversantes. Elles bousculent pas mal nos croyances sur le temps.

Une bonne référence

C’est un ouvrage passionnant, qui explore de nombreux thèmes relatifs au temps. Il complète à merveille mes recherches concernant le calendrier en élargissant mon point de vue. Tellement d’ailleurs, que je vais sûrement devoir reprendre ce que j’ai déjà couché sur papier pour le revoir, l’enrichir ou le repenser. Je ne sais pas si je terminerai un jour cet article… Je vous recommande cet ouvrage si vous voulez explorer ce sujet. En allant sur le site philosophie-spiritualite.com, vous pourrez en lire quelques extraits.

Citation de sagesse antique sur le temps et la présence

Une citation de sagesse antique sur le temps, la présence ou l’ici-et-maintenant, voire la pleine conscience.

« Quand on est présent à soi-même, on possède l’être qui est présent partout.
C’est seulement de cette absence à nous-même que naît notre vie temporelle
et par conséquent notre faiblesse et tous nos malheurs. »

Porphyre
Philosophe néo-platonicien (234 – 305 ?)

Lecture : « L’art de vivre en harmonie » de Anselm Grün

En ce moment, j’ai un ouvrage chrétien sur ma table de chevet (oui, encore un… j’ai aussi des lectures païennes, rassurez-vous… lol). Il m’a été offert y’a 3 ou quatre ans par un membre de ma famille, qui croyait bien faire sûrement en me proposant une lecture religieuse. Sur le moment, j’ai accepté le cadeau, feuilleté et rangé l’ouvrage de côté. Je sais très bien que cette personne a agi non pour me convaincre de revenir vers la foi chrétienne (quoi que…) , mais bien parce qu’elle sait que j’apprécie les lectures spirituelles. Cependant, je n’ai pas mis le nez dedans de suite, car en le feuilletant j’avais vu des thèmes abordés par d’autres ouvrages, d’auteurs d’autres spiritualités, qui disaient à peu près la même chose. Cela m’avait semblé alors un peu de la re-dite pour moi.

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Nom octroyé et nom choisi dans cheminement spirituel (partie 1)

(Article tiré de mon ancien blog Sterenn Tharz-an-Deiz et re-publié ici car toujours d’actualité, datant de juin 2015)

Le thème du nom revient souvent dans les milieux spirituels (ésotérique, religieux, initiatique…). Car aujourd’hui comme à des époques plus anciennes, l’octroi du nom est comme l’acte de naissance d’une personne. Il signe son entrée dans le monde de l’existant et l’identifie au sein d’une communauté. Il n’est plus un être indéfini, mais devient un individu avec une identité. Il peut avoir le prénom d’un aïeul, d’un saint ou d’un héros de son peuple, ou bien encore être nommé Untel fils de ou de la lignée de. En Égypte et dans la Rome antique, une personne pouvait être déchue de sa dignité par l’effacement de son nom de sa tombe et des monuments publics l’honorant. C’était la damnatio memoriae. Effacer son nom des mémoires, c’était la condamner à l’oubli et à une sorte de négation de son existence. Dans le cadre d’une communauté spirituelle, ésotérique et/ou initiatique, les membres adoptent parfois un nouveau nom en entrant dans le cercle de celle-ci. Le nom peut même évoluer selon les stades de l’initiation. Le nom, parce qu’il est une sorte de carte d’identité et une clef de la connaissance de soi, est un sujet fréquemment débattu dans les milieux spirituels. J’ai été moi-même confronté à ce sujet lorsque j’ai choisi ou que l’on m’a octroyé un nom au cours de mes apprentissages. C’est pourquoi je vais tenter d’aborder ce sujet.

Noms civils (nom de famille + les prénoms de l’état-civil)
Là d’où je viens… ce dont j’ai hérité…

Dès notre naissance, nous sommes nommés pour être connus. Nos parents annoncent notre naissance et la font enregistrer légalement à l’état-civil. Mais nous sommes aussi nommés pour être ensuite reconnus et identifiés comme un individu distinct des autres. Nous intégrons ainsi la communauté des citoyens de notre pays. Essayez de désigner quelqu’un sans utiliser son nom ? Pas facile. Vous serez obligé de le décrire à autrui par son apparence physique ou ses activités, ses relations pour faire comprendre à autrui de qui vous parlez. Autrefois, il était aussi fréquent d’associer les terme « fils de » ou « fille de » au prénom, on situait ainsi l’individu par rapport à sa filiation ou une lignée. Cette coutume a d’ailleurs donné naissance à des noms de familles, par exemple :

– en Islande, Ericson signifie« fils d’Eric », Bryndísarson est « le fils de Bryndís » ;
– en Espagne, les noms de famille se terminant en ez sont à l’origine des noms patronymiques indiquant “le fils de”, comme Álvarez (fils d’Álvaro), Fernández (fils de Fernando), González (de Gonzalo) ;
– en Italie ce sont les noms terminé en « is » qui indique la lignée, comme par exemple les Médicis, les De Laurentiis ;
– en France, on trouve les noms finissant en « et », ainsi les Martinet sont fils de Martin ;
– etc.

Ce nom civil est parfois considéré avec dédain dans la démarche initiatique. Car il représente ce que l’on nomme « le vieil homme » ou la partie de soi qu’on quitte pour renaître à une nouvelle forme d’existence en entrant dans une religion ou une tradition spirituelle. Pourtant, ce nom est aussi porteur de sens et d’indications utiles à notre croissance personnelle. Ce nom, composé d’un nom de famille et de plusieurs prénoms, est octroyé par nos parents à l’époque de notre naissance ou les adultes exerçant l’autorité parentale, si vous vos parents biologiques n’étaient pas à vos côtés juste après votre naissance. Il peut vous révéler les énergies, les attentes parentales et l’ambiance de l’époque de votre conception. Votre nom de famille est un héritage de votre lignée. Il est chargé des souvenirs plus ou moins conscients de vos ancêtres, de leurs métiers, de leurs fonctions… Ils sont aussi chargés des attentes et des espoirs de vos parents. Le nom profane va donc nous permettre de comprendre d’où nous venons, dans le sens de ce qu’il nous a été offert en héritage par nos ascendants. Ceci que cet héritage est une influence plus ou moins positive sur notre existence, jusqu’à présent.

Par exemple, savez-vous si votre prénom a été plus choisi ou suggéré par votre père ou votre mère, ou encore une autre personne de votre famille ? Ceci peut indiquer quelle lignée aura plus d’influence sur vous, si c’est plutôt votre ascendance maternelle ou la paternelle. Les noms de famille de vos ancêtres peuvent se référer à des métiers exercés par ceux-ci ou des lieux où ils ont vécu. Il peut être utile de se faire aider par un spécialiste en psycho-généalogie dans le cadre de telles recherches ou de se pencher sur les études concernant les sens et les interprétations multiples d’un prénom. Je pense par exemple à l’ouvrage, Symbolique des prénoms transgénérationnels (Tome 1 & 2), d’Annie Tranvouëz. Regardez par exemple les anagrammes possibles avec vos prénoms, les jeux de mots et les jeux de sonorités, qui se révèlent parfois plein de sens.

(à suivre …)

Le natron, produit de nettoyage et purification de la tradition égyptienne

Le natron est un produit,  dont j’ai eu connaissance au cours de ma pratique au sein de la tradition égyptienne. C’est en particulier auprès du groupe américain fondé par Tamara Siuda ,  que j’ai appris à en fabriquer et que j’ai commencé à l’utiliser. En effet, ce n’est pas le type de produit que l’on trouve couramment sous nos latitudes, que ce soit sous forme naturel ou dans les boutiques ésoterico-paiennes. J’en avais préparé plusieurs sachets pour les offrir aux participants du nouvel an égyptien, il y a environ 8 ans de ça (cf.photo ci-contre). L’une de mes amies m’ayant fait remarqué que son sachet arrive à la fin, j’ai décidé de partager ici la recette. Vous la trouverez aussi en anglais et en accès libre sur le site Wepwawet WIKI Natron (wiki sur la tradition égyptienne dite aussi kemite,  netjeriste), ainsi que dans l’Ancient egyptian prayerbook. C’est un livre de prières et de pratique de la tradition égyptienne rédigé par Tamara Siuda. La recette se trouve au chapitre sur le Senut  (rituel quotidien domestique de ce groupe).

Le natron est un minéral, le carbonate de sodium décahydraté. Il se trouve à l’état naturel aux abords de certains lacs salés des régions désertiques. Il y a des gisements en Égypte, dont se servaient les anciens égyptiens. Le natron était utilisé autant pour l’hygiène et le ménage au quotidien dans les foyers, que pour les rituels de purification dans le temple et pour la momification pour ses propriétés déshydratantes , antifongiques et antibactériennes. En gros, en terme d’usage, le natron est à la magie égyptienne,  ce que le sel est à la magie européenne. Ce dernier étant associé au dieu Seth, il n’est d’ailleurs pas utilisé dans les rites et la magie égyptienne.

Recette pour faire du natron

  • Préchauffer le four à 150 °
  • Mélanger 1 part de bicarbonate de sodium et 1 part de sel fin dans une casserole.
  • Ajouter suffisamment d’eau pour couvrir les ingrédients.
  • Faire bouillir le mélange. Ne faites pas bouillir trop longtemps – le but est de faire fondre les ingrédients dans l’eau
  • Chauffer jusqu’à ce que le mélange devienne une pâte épaisse, mais tartinable.
  • Étaler le mélange sur une plaque à biscuits garnie de papier d’aluminium et mettre le tout dans le four.

Le processus de cuisson peut prendre de 20 minutes à 2 heures selon la quantité (pour 500 gr bien étalé environ en couche d’environ 0,5 à 1 cm d’épaisseur environ 1h). Surveillez la cuisson jusqu’à obtenir quelque chose de bien sec, une poudre blanche voir une substance solide. Certains arrivaient à obtenir quelque chose de cristallisé, personnellement je n’ai jamais réussi à obtenir ce résultat. Ne laissez pas votre natron refroidir à l’extérieur,  afin qu’aucune impureté ne le souille. Le sel casher ou le sel de gemme est préférable au sel de mer iodé, mais tout sel sans iode suffira.

N’ingérez pas la solution eau/natron et n’ingérez pas de natron non plus !!!! Si vous souhaitez l’utiliser pour la purification de la bouche, diluez une très petite quantité (une pincée) dans un grand verre d’eau. Faites un bain de bouche et recrachez le mélange après l’avoir utilisé. Rincez votre bouche à l’eau claire. De toute façon, le goût assez désagréable devrait vous dissuader de le garder trop longtemps en bouche. Vous pouvez l’utiliser pour purifier le corps avant un rituel dilué dans l’eau du bain ou dilué avec de l’eau pour nettoyer l’espace rituel.

Voir aussi :
Emplois thérapeutiques du natron dans l’Egypte antique et le monde gréco-romain (article sur Persee.fr de Patrick Josset)