A propos Sopdetmouti

En quête de sagesse, auteur, blogueuse spirituelle

Les dieux anciens illyriens

C’est au cours de mes recherches généalogiques, que j’ai découvert un lien ancestral entre ma famille et les illyriens. Ce fut une surprise, car aucun de nous ne soupçonnait, que certains de nos ancêtres aient pu venir des balkans. Je m’imaginais certes que mes lointains ancêtres avaient pu participer aux grandes migrations de populations européennes, comme tout le monde. Mais, je ne m’étais pas projeter en particulier sur cette partie de l’Europe. C’est une région qui me semble lointaine et peu familière. J’en ai surtout entendu parlé au travers des actualités ou des cours d’histoire, quand cette zone fut le théâtre d’affrontements sanglants. Je ne me rappelle pas dans mes cours sur l’antiquité, que mes professeurs aient parlé de l’Illyrie. Nos cours étaient plutôt centrés sur « nos ancêtres les gaulois », l’empire romain et les francs. Hors même si je vis à l’Ouest de la France aujourd’hui, comme mes ancêtres récents. Cela ne signifie pas que mes ascendants anciens étaient tous originaires de cette région pour autant. Et c’est ce que j’ai découvert via les analyses génétiques. Une part d’entre eux vient des Balkans et en particulier de la Dalmatie, en Illyrie. C’est pourquoi, j’ai commencé à explorer leur culture et leur spiritualité. Je rappelle à mes lectrices et lecteurs, que cet article est une recherche personnelle, pas une thèse d’histoire. J’essaie au mieux de baser mes recherches sur des articles et des ouvrages d’historiens à ma portée. Cependant, mon travail ne peut être totalement exempt d’erreurs et d’approximations, de ce fait. Malheureusement, je n’ai pas les moyens d’un chercheur universitaire en terme d’accès aux ouvrages, de formation et de temps à y consacrer. Merci de le prendre en compte. Ceci étant dit, partons ensemble découvrir les divinités illyriennes…

Lire la suite

Mes ancêtres, les européens… un peu de généalogie et de génétique

Cela fait une dizaine d’années maintenant, que j’ai commencé mon arbre généalogique. Actuellement le fichier GEDCOM de mon arbre comprend autour de 4000 individus. Certes, il y en a peut-être que 2500 qui sont mes ascendants. En effet, il y a aussi dedans les ascendants de mon mari et de la branche paternel de mes nièces. Mais cela vous donne un ordre d’idée de l’avancement de mes recherches. J’arrive à un stade ou les archives manquent. Il est difficile de remonter au-delà du 14ème siècle. Pour certaines branches, je ne peux pas aller plus loin.

La génétique pour compléter la généalogie papier

Je me suis donc tournée par curiosité vers le test adn à finalité généalogique. Celui-ci m’a permis de retrouver un ancêtre parti au Québec vers 1720 avec son fils, laissant le reste de sa famille en France. Il y a fondé l’une, voire la première tannerie de la ville de Québec. Il y avait rejoint la famille fondée par son frère défunt (protestant de l’Ouest de la France fuyant la répression religieuse). En effet, suite au décès de son frères, il était devenu le tuteur de ses neveux et nièces. L’analyse de l’ADN a aussi mis en relief nos liens avec les flamands, bien que notre famille n’ai jamais eu connaissance ni par transmission orale, ni dans les archives, d’ancêtre venus de cette partie de l’Europe. En gros à cette étape de notre recherche, nous avons découverts, que nous sommes pour moitié proche d’une population dite ibérique et pour l’autre moitié de population du Nord-Ouest de l’Europe, puis dans une plus faible part des populations d’Italie, des Balkans et de Scandinavie. Ma sœur et moi, nous avons les mêmes résultats, mais avec des pourcentages de répartition différents. Ce qui est normal. Nous héritons de nos deux parents, de chacun environ 50 %,, mais la répartition n’est pas la même entre frère et sœur. C’est pourquoi faire des analyses sur plusieurs membres de votre famille proche est intéressant. Par contre, nos informations sont plus susceptibles de concerner le lignage maternelle, car aucun membre masculin de notre famille proche n’a voulu faire le test. Nous n’avons donc pas d’informations complètes, concernant le chromosome Y paternel et donc l’halogroupe Y. Dans un premier temps, mes analyses ADN et celles de ma sœur ont surtout été comparées avec des panels de populations actuelles. Ceci a un inconvénient. Les populations actuelles sont le fruit de migrations antérieures et ne rendent pas correctement compte d’origines plus anciennes.

ADN ancestrale : comparaison avec des populations anciennes

Je me suis donc tournée vers des sites proposant des comparaisons avec de l’ADN de populations anciennes (mytrueancestry, genomlink), relevées sur des sites archéologiques. Et là ça devient plus intéressant. Les résultats ne contredisent pas forcément les précédentes analyses, mais ils les complètent. Ils permettent de voir comment l’histoire des migrations de population d’Europe s’inscrit aussi dans l’histoire de notre famille. Je vous donne un exemple. J’ai des correspondances ADN avec des personnes retrouvées au Nord de l’Espagne, au début du Moyen-Age. On pourrait penser, que ce sont des ibériques. Sauf que l’adn de ces personnes montrent qu’ils sont majoritairement d’ascendance visigoth et un peu ibérique. En effet sur mytrueancestry, selon votre niveau d’adhésion vous pouvez voir des informations plus détaillées sur la personne issue d’une population ancienne, avec qui vous partagez de l’adn commun. Cela s’explique par le fait que l’Espagne a fait partie de l’empire visigoths. Je peux donc certes avoir des points communs génétiques avec des populations actuelles ibériques, mais ceux-ci peuvent venir d’anciennes ascendance goths communes, pas forcément ibériques. Comme ma sœur a fait aussi une analyse et qu’elle a pris plus de gènes ibérique que moi de nos parents, nous avons pu voir aussi que nous descendons de vascons. Car elle a des correspondances avec des vascons. La comparaison d’adn avec des populations anciennes permet de pondérer les résultats obtenus lors d’une comparaison avec les profils génétiques de populations actuelles.

Voici en gros les résultats obtenus pour moi et ma sœur, comparés avec l’ADN de populations anciennes*. Nous sommes proches d’individus (dans l’ordre du plus proche/fréquent au plus éloigné ou rare) :

  • germains (Nord-Ouest- Europe) et en particulier des francs et des belgae,
  • goths et plus particulièrement visigoths (partie de Scandinavie et issus de vagues de migration goth en Europe),
  • dalmatiens de l’Illyrie (pays des balkans sur la cote adriatique proche de l’Italie),
  • vikings scandinaves du Danemark et de la Suède,
  • vascons d’Espagne et d’Aquitani en France,
  • gallo-romains et celtes.
  • étrusques et ligures en Italie.

*les dénominations de mytrueancestry se réfèrent autant à des peuples qu’à des cultures à une époque donnée. Par exemple, une personne trouvée en zone géographique et époque gallo-romaine, qualifiée de gallo-romaine, peut être d’ascendance celte par exemple.

Pour résumer
En gros ce qui ressort le plus pour ma sœur et moi, ce sont des correspondances avec les germains, les (germains) scandinaves, les celtes, les vascons et les illyriens. Ce sont vraiment ces 5 là qui ressortent le plus souvent avec les meilleures correspondances.

La mode « viking »

Les viking étant à la mode (profusion de série TV sur le sujet) sur genomelink il y a une analyse, qui permet de savoir si vous pourriez avoir des ascendants vikings. Et si oui, le site précise de quel groupe, soit viking scandinaves, viking anglais, viking slaves ou vikings finnois, vous êtes le plus proche. Pour ma part, cette analyse m’a surtout servi à confirmer les données de mytrueancestry qui m’indiquait des correspondances génétiques avec des scandinaves, dont d’une part des vikings d’origine danoise trouvés en Angleterre (victimes du massacre de la St Brice à Oxford) en 1002, et d’autres part des individus retrouvés au Danemark et en Suède, notamment ile de Oland et Gotland, ayant vécus vers 850~950 ap. JC. Je rappelle que le terme viking ne désigne pas à proprement parlé un peuple à la base (même si souvent utilisé dans ce sens), mais plutôt un « métier » ou une « fonction ». Ce sont des guerriers explorateurs et marchands, voire pirates. Et ils ne sont pas tous d’origine scandinaves comme le rapporte une étude récente à ce sujet, voir l’article : La génétique montre que les Vikings n’étaient pas tous des grands blonds aux yeux bleus.

Qu’est-ce que cela m’a apporté ?

Les deux surprises de ces analyses ont été de nous découvrir des ancêtres scandinaves et illyriens. Les celtes, les germains, les ibériques, les gallo-romains, nous nous y attendions un peu. Cela semblait géographiquement et historiquement logique par rapport à ce que nous savons de notre famille et de l’histoire de notre région, les Pays de la Loire. La Scandinavie par contre, cela faisait partie des résultats possibles, mais qui nous semblait vraiment peu probable. Nous pensions que physiquement (oui, je sais, c’est cliché…), d’une part nous n’avions pas vraiment le profil et que d’autre part notre région est plutôt géographiquement et culturellement éloignée.

Ensuite, Les dalmatiens de l’Illyrie, là c’est encore une autre surprise. D’abord parce que L’Illyrie dans mes cours d’histoire antique, j’en ai quasiment jamais entendu parlé. En gros pour moi, les balkans, c’est cette zone là-bas où il y a eu beaucoup de guerres au XX ème siècle, mais qui est finalement assez inconnue. Je suis donc partie à la découverte de l’histoire de cette région d’Europe. La génétique m’a conduite à découvrir l’histoire de régions d’Europe, que je connaissais moins. Ce fut aussi l’occasion de revisiter l’histoire locale. Nous savons que des gascons ont vécu dans notre région, car ils ont laissé leur trace dans la toponymie. Il y avait aussi une colonie d’anciens soldats de l’armée romaine issus de la tribu des Taïfales (peuple germains ou sarmates ?!), qui ont donné leur nom à la ville de Tiffauges (voir le site de l’association TAIFALI). Il y a eu aussi des raids vikings (Ile de Bouin, Monastère de Noirmoutier, prise de Nantes, destruction du monastère de Luçon, raid sur Poitiers, établissement sur l’Ile de Ré..etc), ainsi que des échanges commerciaux avec l’Espagne et les régions flamandes.

Dalmatie à l’époque romaine vers 120 (source Wikipedia)

J’ai toujours eu du mal à vraiment adopter une tradition spirituelle de mon continent en particulier, même si toutes me parlent un peu. J’ai presque envie de dire que maintenant j’ai un argument « rationnel » ou scientifique pour le justifier. Mes origines sont européennes et multiples (en termes de zones, d’époques, de cultures différentes). Je suis issue de l’histoire de tous ces gens, qui se sont affrontés ou se sont rencontrés au fil du temps. Ils ont concourus à mon existence. J’oserai dire finalement, je suis indo-européenne ? Peut-être le terme qui permet de concilier l’ensemble ?

L’hydronyme Isara et les flux migratoires européens

Il y a une chose qui m’interpelle depuis que j’ai commencé à faire des recherches sur le nom ancien de la petite rivière de mon enfance, l’Issoire, dont le nom ancien est Isara. Nom pré-celtique à la racine indo-européenne. Plusieurs cours d’eau en Europe possèdent la même racine. Fait plus troublant, en notant sur une carte avec un trait (pas toujours bien orienté par rapport au sens du cours d’eau, certes… juste un repère) pour indiquer où se situaient ceux-ci, quelque chose m’a frappé. Une bonne partie d’entre eux forme un axe qui partirait de l’Europe de l’Est pour aller vers l’Ouest, qui fait penser à un axe de flux migratoire en Europe (indo-européen ?).

La question reste à creuser… Je n’ai pas forcément toute la documentation nécessaire pour recenser tous les cours d’eau d’Europe ayant cette racine, ni de logiciel me permettant de faire une carte plus précise de ce réseau hydrographique. Mais cela pose question, tout de même…

En revanche, les nombreux hydronymes du type Isara ont été analysés avec pertinence par des spécialistes de l’indo-européen qui rejettent implicitement l’existence d’une racine *iz dans Isara. En effet, Isara à l’origine des hydronymes Yser, Isar, Isère, Oise, etc. signifierait « l’impétueuse, la rapide », car ce terme évoque immédiatement l’indo-européen *isərós [ish-rós] « impétueux, vif, vigoureux » que postulent les termes sanskrit isiráh, même sens, grec hieros « sacré », etc. et repose sur une racine indo-européenne *eis(ə)-8 et non pas paléo-européenne *iz.

Hydronomie paleo-européenne (wikipedia)

Liste de quelques hydronymes issus de la même racine Isar

  • L’Issoire, affluent de la Boulogne (85 – Vendée)
  • L’Isereau, affluent de l’Issoire (85 – Vendée)
  • L’Isac, rivière (44 – Loire Atlantique)
  • L’Iseron, rivière (44 – Loire Atlantique)
  • L’Issoire, rivière (16 – Charente et 87 – Haute-Vienne)
  • Yzeron, affluent du Rhône
  • L’Isère, rivière du département de l’Isère
  • L’Oise, ancien nom Isara, affluent de la Seine
  • Eséra, rivière aragonaise, Espagne
  • Esaro, rivière italienne de Crotone
  • Eisack, rivière italienne de Sud du Tyrol
  • Lizerne, affluent du Rhône (Ardon, district de Conthey, Valais), Suisse
  • Liseraz, ruisseau (District de Cossonay, Vaud), Suisse
  • Isarco, cours d’eau du Nord de l’Italie
  • Isar, rivière en Bavière, affluent du Danube
  • Isel, rivière en Autriche
  • Ijssel, rivière aux Pays-Bas
  • Jizera, rivière en République Tchèque
  • Yzer ou Ijzer, France et Belgique
  • Iza, affluent gauche de la rivière Tisa dans le nord de la Roumanie
  • Usora, rivière de Bosnie-Herzégovine
  • Istras en Lituanie
Carte de la migration des indo-européens

A lire au même sujet :
Les hydronymes paléoeuropéens et la question de l’origine des celtes (2010)
Hydronomie paleo-européenne (wikipedia)
– Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Paris, Ed. Errance, 2003.

Évite les gens toxiques, entoure toi de quoi au juste…?!?

Dans la web-sphère des blogueurs, des guides, des coachs, des sorcières, des prêtres(sses) et des chamans, le développement personnel côtoie parfois de très près le développement spirituel. Effectivement, il y a des passerelles entre ces deux domaines. Un sujet revient souvent dans la masse des publications. Il s’agit du fameux « entoure-toi de gens bienveillants et évite les gens toxiques ». C’est souvent un bon conseil. Mais, tout dépend du contexte et de la façon dont la personne qui le reçoit le comprend et l’applique. Il est facile de déraper du « évite les gens toxiques » à évite tous les gens qui te contrarient à cause de tes idées. C’est à dire s’entourer de personnes ayant uniquement les mêmes opinions et les mêmes croyances, tout en refusant tout débat. Notre peur du rejet, notre besoin d’appartenance ou notre désespoir parfois nous égarent et nous rendent vulnérables. La frontière entre « éviter les gens toxiques » pour avoir la paix et fuir le monde devient alors très mince.

Qu’est-ce qu’une personne toxique ?

C’est en retournant à la racine des mots, que nous pouvons mieux comprendre les concepts qu’ils désignent. Toxique vient du latin toxicum, qui signifie « poison ». Lui-même est issu du grec ancien τοξικόν ou toxikón, qui désigne un poison dont on imprègne les flèches. Nous avons donc dans le mot toxique, l’idée de rendre malade ou de tuer à l’aide d’une substance. Dans le cas d’une relation sociale, il s’agit d’une personne, qui a le pouvoir de nous faire sentir mal, démoralisé, dévalorisé, vidé voire aliéné. Nous entretenons avec cet individu un rapport malsain. Ce lien peut être basé sur de la manipulation, de la jalousie, de la culpabilisation, de la violence physique et/ou psychique, des critiques, de l’intolérance ou une emprise. Si les pervers narcissiques sont souvent cités comme exemple de personnes toxiques, il peut s’agir aussi d’une personne de notre entourage, qui ne se rend pas compte de l’impact de son attitude. Ses paroles à notre égard agissent comme un poison.

Les personnes contrariantes sont-elles toxiques ?

Mais, il arrive parfois que la notion toxicité d’une personne, soit mal comprise. Elle est alors interprétée comme sa capacité à nous contrarier, c’est à dire nous causer du souci ou susciter notre mécontentement. Cette contrariété se manifeste lorsque notre interlocuteur émet des avis différents des nôtres ou conteste nos croyances. Ses paroles nous irritent et déclenchent notre agacement. Ce déplaisir nous pousse parfois à croire que nous vivrions mieux, sans avoir affaire à lui ou elle. Pourtant est-ce parce que les opinions de cette personne sont contraires aux nôtres, que celle-ci est toxique ? Pour ma part, je répondrai non. Si l’opinion contradictoire d’une personne me dérange, cela ne fait pas d’elle pour autant quelqu’un de malsain ou un obstacle à mon évolution personnelle. Tout dépend du contexte et de la façon dont cette personne exprime son avis. Si ce dernier est énoncé de façon à me faire me sentir idiote, nulle ou pour me dévaloriser en tant que personne, c’est peut-être toxique ou juste maladroit. Mais si mon interlocuteur exprime un avis contradictoire, sans élément me dévalorisant en tant que personne, alors c’est juste un débat d’idées. Je vais prendre un exemple concret avec les opinions ci-dessous.

Un exemple concret

Phrase 1 – Quoi, tu regardes encore ces âneries d’émissions de télé-réalité, mais t’es vraiment une idiote !

Phrase 2 – Pour ma part, je ne regarde pas les émissions de télé-réalité. Car je trouve que ces productions n’ont rien à voir avec la réalité. Elles proposent une forme de divertissement voyeuriste et trompeur.

Dans la première phrase, son opinion négatif sur la télé-réalité est l’occasion de juger la personne en face d’elle et de l’insulter. Elle cible l’autre en usant du pronom « tu ». Dans la seconde phrase, la personne exprime uniquement son opinion et explique celui-ci, sans chercher à juger son interlocuteur parce qu’il ne partage pas le même avis. Elle se positionne avec le « je ».

Je ne suis pas mes opinions

Malheureusement, il arrive que nous confondions la critique de nos opinions avec la critique de notre personne, même si celle-ci est correctement formulée. Parce que avouons-le, nous aimons avoir raison. C’est humain. Nous défendons parfois bec et ongles nos opinions, pas parce qu’elles sont justes, argumentées ou rationnelles. Mais parce que cela froisse notre égo d’admettre que nous avons tord, donc qu’il faut revoir notre vision du monde et nos croyances. Il y a aussi des périodes où nous sommes si émotifs, vulnérables, qu’un rien nous touche, mêmes si les propos n’avaient pas pour intention de nous nuire.

Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous avez envie d’entendre, ce que vous entendez, ce que vous comprenez… il y a dix possibilités qu’on ait des difficultés à communiquer. Mais essayons quand même…

Bernard Werber

Le biais de confirmation

Qu’est-ce que le biais de confirmation ? Il s’agit d’un biais cognitif. Il a été introduit au début des années 1970 par les psychologues Daniel Kahneman et Amos Tversky. C’est un schéma de pensée trompeur et faussement logique. Le biais de confirmation, en particulier, désigne notre tendance naturelle à prendre de nouvelles informations et à les utiliser pour confirmer notre système de croyances. Il est aussi désigné sous le terme de prophétie auto-réalisatrice. Au lieu de rechercher de façon égale les arguments en faveur et en défaveur de nos idées, nous avons tendance à nous focaliser seulement sur ceux qui les confirment. Ce n’est pas forcément de la mauvaise volonté de notre part. En effet, notre cerveau préfère les raccourcis, car c’est plus économique en temps et en énergie. Malheureusement, ce biais nous donne une fausse impression d’objectivité. Ce biais opère par une sélection de preuves, mais aussi de souvenirs. A partir de ces éléments biaisés, nous interprétons la réalité. Pour la sélection de souvenirs, pensez aux personnes qui affirment que c’était mieux avant. Leur croyance trahie la réaction tout à fait humaine d’être dérangé par le changement et de préférer garder ses habitudes. Le passé, c’est la zone de confort. Je sais ce qui m’attend, je l’ai déjà vécu. Alors que l’avenir est incertain, cela me demande de m’adapter. Il est pourtant parfaitement normal de voir de temps à autre nos croyances et nos idées remises en question. Cela fait partie du mouvement de la vie.

Est-ce que les gens qui pensent comme vous, vous aident à évoluer ?

Certes vivre au milieu de personnes qui ne partagent pas vos opinions et vos croyances, n’est pas agréable et confortable. Cela peut même à l’extrême vous mettre en danger de mort. Je pense par exemple au régime totalitaire nazi, qui prônait l’extermination des juifs ou à la chasse aux sorcières. Mais nous, européens de l’Ouest en 2021, sommes rarement dans ce cas. Mon propos concerne les situations du quotidien et nos rapports avec les personnes, que nous côtoyons pour diverses raisons (famille, ami, travail, administration, santé…). S’entourer de bonnes personnes, ce n’est pas forcément côtoyer seulement des gens, qui ont le même mode de pensée que soi. Les bonnes personnes, de mon point de vue, sont celles qui sont capables de nous dire des choses agréables ou désagréables, avoir des avis différents, sans nous juger. Elles savent discuter des idées, sans dévaloriser la personne que nous sommes. Être conforté dans ses idées, c’est confortable mais pas forcément sain. La vie est pluralité et diversité, que ce soit d’opinions, de personnalités, de cultures, de croyances, d’expériences et surtout d’idées. Sans cela, nos cultures et nos sociétés n’auraient pas évolué. Par exemple, l’esclavage n’aurait pas été remis en question, la perception de la terre et le fait qu’elle ne soit pas au centre de l’univers non plus, ou encore la monarchie de droit divin, etc. Les avis divergents sont une source d’évolution. Ils nous permettent d’exercer notre esprit critique, de prendre conscience qu’il y a d’autres façons de vivre. A mon sens, le débat d’idées est le terrain de jeu de l’ouverture d’esprit. Donc, une personne qui te contrarie parce qu’elle a des opinions différents des tiens, n’est pas une personne toxique. Toutes les idées sont critiquables ou discutables. Quand elles ne le sont pas, c’est probablement parce qu’elles sont devenues des croyances ou bien des tabous.

Définition de la croyance
«  Dans son acception la plus simple, la notion de croyance sert à désigner l’adhésion à des idées, des opinions, des valeurs sans qu’une démonstration rationnelle, empirique ou théorique n’ait conduit à l’élaboration et l’adoption des croyances en question. Classiquement donc, la croyance reposerait sur une parole d’autorité, un ouï-dire, des raisons non vérifiées en elles-mêmes : croire, c’est se fier à quelqu’un ou quelque chose (texte, récit, mythe, etc.) indépendamment de faits empiriquement établis ou démontrés. »

Source : encyclopédie Universalis. »

Tabou : qui ne doit pas être évoqué dans la conversation, qui est frappé d’interdit quel que soit cet interdit ou qui ne peut faire l’objet d’aucune critique.

Source : encyclopédie Universalis. »

Se sentir écouté et compris

Pourquoi cherchons nous à être écouté et compris ? Tout d’abord, pour ne pas nous sentir seul, donc exclut de la société. C’est notre peur du rejet, qui nous pousse à chercher une personne ou un groupe correspondant en notre conception du monde (idées, croyances, culture, valeurs…). En soit, c’est un besoin parfaitement humain. Nous cherchons à satisfaire notre besoin d’appartenance (voir la pyramide des besoins de Maslow). L’être humain est en effet un être sociale. Il lui est nécessaire d’être au contact des autres durant son enfance pour se développer. Je vous invite à consulter les expériences de René Spitz, psychiatre et psychanalyste américain d’origine autrichienne, dans les années 1940 à ce sujet. Ce besoin est aussi présent à l’âge adulte. Nous avons eu l’occasion de le constater dans une expérience à grande échelle, lors du confinement au printemps 2020. Avec la diminution des interactions sociales, les autorités sanitaires ont constaté un accroissement de la détresse psychologique chez la population générale.

Celui qui t’écoute, ne veut pas forcément ton bien

Mais, quelqu’un qui pense comme nous ou affirme partager nos points de vue, n’est pas forcément inoffensif ou bien intentionné. Les experts du marketing, les leaders politiques et les gourous de secte ont en commun, de se servir de ce besoin, pour séduire leur cible. La technique est simple. Pour s’adresser à leur public, ils parlent de leurs histoires et ce qu’ils ont en commun avec vous. Ils témoignent avoir vécu les mêmes difficultés et avoir la solution pour les résoudre, car ils sont la preuve vivante que c’est possible. Ils peuvent parfois susciter la peur, en parlant de ce qui se passera de grave si vous ne faites rien. Puis ils vous font entrevoir qu’ils possèdent la solution pour faire cesser une souffrance, une injustice ou un problème en achetant leurs produits, leurs services ou en adhérant à leur projet de société. C’est pourquoi les gourous de secte s’adressent particulièrement aux personnes vulnérables. C’est à dire qui traversent un moment difficile de leur vie : maladie, décès d’un proche, divorce, chômage, traumatismes suite à une agression ou un accident, harcèlement, dépression nerveuse, phobie sociale, enfance difficile, difficultés financières, etc. Car leur besoin d’être écouté et soutenu, est accru. Leur souffrance et leurs problèmes prennent tellement la place dans leur esprit et leur vie, qu’ils cherchent à tous prix à s’en défaire. Le désespoir les mènent alors à adhérer à des discours séducteurs, dans l’espoir d’être délivré par un sauveur, une héroïne, un prophète ou un pouvoir miraculeux. Le discours du manipulateur ressemble beaucoup à celui de gens bien intentionnés (thérapeute, guide, conseiller, militant…), ce qui le rend parfois difficile à déceler.

Les autres ne comprendront pas….

L’escroc appuiera parfois sur le fait que vos proches ne peuvent pas comprendre, que certaines personnes vous diront que ce qu’il enseigne est faux. Selon eux, mieux vaut ne pas les écouter pour avoir la paix de l’esprit, l’initiation ultime, la guérison divine ou l’élévation spirituelle, etc. Ils sont soi-disant une entrave à votre évolution. Petit à petit, il vous coupe de votre réseau sociale pour vous inciter à vivre seulement avec ceux qui ont les mêmes conceptions ou au sein de sa communauté. Voilà comment il est possible de passer de vouloir fuir les gens toxiques, à refuser le débat d’idées, puis fuir la société en rejoignant une communauté repliée sur elle-même. Ce phénomène est aussi appelé bulle de l’entre-soi, c’est à dire être amis seulement avec des gens qui pensent juste comme moi. Le lien social s’étiole et le vivre ensemble devient plus difficile. Les individus se polarisent. Ils se forment alors ce qu’on appelle des opinions identitaires. C’est à dire que chaque personne s’identifie à ses opinions, comme si l’opinion devenait soi. Si cet opinion est attaquée, alors l’individu se croit attaqué personnellement.

Vouloir la paix versus fuir le monde

Lorsque tout va mal, il est en effet tentant de vouloir s’éloigner de la société pour faire cesser nos souffrances et repartir à zéro. Vous avez sûrement déjà vu passer dans le fil d’actualités de votre Facebook le visuel d’une maison en bois perdu en forêt au bord d’un lac ou sur île déserte, avec la question : « Que serais-tu prêt à faire pour pouvoir passer un an ici ?». Je vous rassure, cela m’a tenté aussi. Franchement, les actualités sont si déprimantes, que l’envie de fuir le monde est vraiment tentante. A certaines périodes de notre vie, il peut nous arriver une série d’événements négatifs, qui nous donnent l’impression que le sort s’acharne contre nous : licenciement, maladie, décès d’un proche, etc. Ce peut-être une solution temporaire, qui nous permet de reprendre pied. Parfois effectivement pour faire le point, il est nécessaire de prendre de la distance. L’essentiel est que cela ne devienne pas une fuite du monde réel pour aller se réfugier dans une illusion de « paradis », où tout le monde vous brosse dans le sens du poil. De mon point de vue, avoir des gens avec des opinions différents des nôtres et tolérants dans notre cercle de relation, est une nécessité. Grâce à eux, nous pouvons voir le monde sous un autre angle et éviter de nous enfermer dans un système de pensée. Ils sont nos garde-fous. Si nous sommes contrariés par l’opinion d’une autre personne, la première chose à faire est plutôt de se demander pourquoi celui-ci nous touche. Mais cela ne signifie pas que cette personne est « toxique » et que vous devez l’éloigner de vous. Certes, ce n’est pas confortable, mais qui a dit que la vie devait être quelque chose de seulement agréable ?

Je vous invite à voir la conférence d’Albert Moukheiber sur le fonctionnement de notre cerveau.

Lors de cette conférence-débat, découvrez les facteurs et mécanismes cérébraux qui influencent nos prises de décisions et entrent en jeu au cours de l’apprentissage. Apprenez à repérer et à déjouer les différents biais cognitifs à l’oeuvre dans le fonctionnement de notre cerveau.

Sources et lectures complémentaires :

Parentalité païenne sans endoctrinement

Lorsque nous devenons parents, une foule de questions se posent concernant nos enfants et leur avenir. Et parmi elles, faut-il transmettre ou pas notre spiritualité ? Dans quelle mesure peut-on le faire sans leur imposer un choix ? Oui, parce que pour ma part j’estime qu’un choix spirituel engageant ne peut être fait qu’à l’âge adulte. C’est à dire lorsque la personne a pu apprendre à penser par elle-même et qu’elle a eu l’occasion de découvrir différentes traditions pour se forger son propre opinion. Ce choix, idéalement, ne devrait pas être fait pour faire plaisir à sa famille, aux copains, être « tendance » ou suivre la norme imposée par la société. Pour moi, c’est choix mûri et librement consenti. Bref, si nous résumons le problème en une question, comment parler de sa spiritualité, de ses croyances et des valeurs associées, sans tomber dans l’endoctrinement ?

Des familles païennes différentes, des solutions différentes…

Ici, il est surtout question du cas des néo-païens ou païens contemporains, membres de traditions renaissantes. La question se posera différemment pour des familles de traditions païennes ininterrompues, je pense par exemple à des hindous. Je pense pas qu’il y existe une seule réponse d’ailleurs. Celle-ci va varier en fonction des personnes, du contexte familial (famille recomposée, monoparentale…), l’âge des enfants et les traditions spirituelles concernées. J’aborderai donc seulement ici ma façon de voir les choses. Je ne peux pas parler pour tout le monde, évidement.

Le rituel domestique

Je pratique le rituel quotidien seule. D’une part parce que je suis la seule païenne pratiquante du foyer. Mais aussi parce que j’ai besoin d’être dans le calme et entièrement présente à ce que je fais. Personne n’assiste donc à au rituel domestique avec moi. Mais l’autel est accessible et visible de tous. Il m’est donc arrivé de répondre à des questions en de mon enfant, termes simples, sur ce qu’il y a dessus. Il aime particulièrement le dieu égyptien Bès, qui le fait rire avec ses grimaces.

Répondre à ses questions

Il m’a aussi regardé préparer des bols de sel pour la purification de la maison. Il a posé des questions pour savoir ce qu’il y avait avec le sel et à quoi cela sert. Lorsqu’à l’école maternelle, ils ont étudié les saisons, je lui ai appris la roue de l’année, les notions de solstices et d’équinoxes. Nous avons fabriqué une roue en carton, avec les saisons et une aiguille mobile. Il peut ainsi lui-même positionner l’aiguille sur la saison en cours, ainsi que sur les points marquants les solstices et les équinoxes. Comme il adore la fête d’Halloween, ce fut l’occasion de lui parler des origines celtiques de cette fête populaire. Nous avons aussi abordé ensemble comment on fête les morts dans le monde, par exemple au Mexique avec « El dia de lors muertos » ou en Égypte ancienne. En faite j’aborde des notions de culture et de spiritualité païenne, si de lui-même il pose des questions en rapport avec celles-ci. Si il ne manifeste pas de volonté de s’intéresser au sujet, alors je ne lui impose pas mes croyances. Par exemple, pour les livres il s’est intéressé de lui-même à l’Égypte ancienne. Je lui ai donc acheté avec son accord des livres sur la mythologie adaptés aux plus jeunes. Son père est fan de jeux vidéos. Pendant le confinement, l’éditeur a mis à disposition gratuitement les deux volets éducatifs Discovery Tour Égypte et Grèce antique, extraits du jeu Assassin’s creed. Nous lui avons demandé si cela l’intéressait en lui montrant les démos. Il était fasciné. Nous avons donc pris les deux Discovery Tour et exploré l’antiquité avec lui.

A son retour à l’école en septembre, il a même réalisé une maquette des pyramides du plateau de Gizeh en carton avec nous, pour les présenter à sa classe dans le cadre de la thématique de l’année « Explorer le monde ». C’est grâce au jeu, qu’il a compris la disposition du site et l’histoire des monuments. La culture populaire fournit à notre époque beaucoup de films, d’animations et de livres pour aborder le sujet des dieux, des déesses, des mythes et des cultures anciennes d’une façon pédagogique et sans imposer ses croyances.

Et qu’en dit le droit en Europe ?

Rappelons que la Convention européenne des droits de l’homme contient deux dispositions consacrées à la protection de la liberté de pensée, de conscience et de religion ou de conviction.

L’article 9
1. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.

La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui,prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d’autrui.

Convention européenne des droits de l’homme

L’article 2 du Protocole n°1 à la Convention européenne des droits de l’homme précise, dans le cadre du droit à l’instruction :

Nul ne peut se voir refuser le droit à l’instruction. L’État,dans l’exercice des fonctions qu’il assumera dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement, respectera le droit des parents d’assurer cette éducation et cet enseignement conformément à leurs convictions religieuses et philosophiques.

L’article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966 présente une formulation plus complète qui fait référence à l’éducation religieuse au paragraphe 4.

4. Les États parties au présent Pacte s’engagent à respecter la liberté des parents et, le cas échéant, des tuteurs légaux de faire assurer l’éducation religieuse et morale de leurs enfants conformément à leurs propres convictions.

Vous avez donc tout à fait le droit d’enseigner vos convictions religieuses à vos enfants, tant que cela ne nuit pas à leur bien-être, et ne porte pas atteinte aux droits de l’enfant et aux droits de l’homme. Pour ma part, je me refuse à l’imposer. Je suis donc contre tout rituel engageant (dédication, serment, vœux…) avant la majorité, car le choix de suivre une religion ou une tradition spirituelle relève d’un choix individuel, fait par un adulte capable de penser par lui-même. En ce sens, ma pratique diffère des anciennes sociétés. En effet, lorsque vous veniez au monde à Rome durant l’antiquité, vous adoptiez le plus souvent la religion de votre famille, idem en Grèce, en Égypte..etc. Mais mon contexte est différent. Durant mon enfance, il m’a été imposé une religion et de suivre des rites engageants, alors que cela ne me convenait pas. C’est pourquoi je refuse de faire la même chose. J’ai le prosélytisme en horreur.

Exposer en public ses enfants, non !

De la même façon, je suis contre le fait de faire participer des mineurs à des rituels de groupes public. Être membre d’une association, c’est un engagement d’adulte et individuel. Tant que nos enfants n’ont pas choisi leur voie spirituelle, à mon sens ils n’ont pas à être exposés publiquement comme « membre de ». Ce n’est pas leurs choix, mais celui de leurs parents. Je tolère et je comprends très bien par contre si ils demandent à participer aux rites quotidiens dans la sphère privée de la famille ou du foyer. Imaginez si l’un d’eux est pris en photo en public en tenue rituelle et que le cliché circule sur les réseaux sociaux et dans son école. Si les élèves, leurs parents et les professeurs sont matures et intelligents, tolérants envers les différences. Pas de problème. Mais si ce n’est pas le cas, cela peut se transformer en sujet de moqueries, de rejet et au pire de harcèlement.

Je pense qu’il est plus sage de les laissez grandir et d’attendre qu’ils soient capables de faire leurs propres choix et de les assumer. Je ne suis pas pour les engager dans quelque chose parce que j’y suis moi-même. En tant que parents, à mon sens notre job est de les aider à penser par eux-même, faire leurs propres choix et les assumer. En ce sens, nous pouvons leur montrer ce que sont nos traditions spirituelles, mais sans les y engager. Nos enfants ne nous appartiennent pas. Nous sommes là pour les aider à grandir et devenir des citoyens éclairés pas des clones de ce que nous sommes. C’est mon point de vue. Je conçois que d’autres ne le partagent pas.

Quand le marketing aura dompté et tué la sorcière

Je suis tombée dans le monde du néo-paganisme francophone et donc aussi celui des sorcières modernes, qui lui est lié, au début des années 2000. Je suis loin d’être une pionnière. Ces mouvements sont nés avant que j’en fasse la connaissance. Mais, depuis quelques temps, je remarque quelque chose, qui me pose question et m’interpelle. Il s’agit de l’émergence de youtubeuses, de formations, de magazines et autres produits estampillés sorcière/sorcier. Vous allez me dire avec mes motifs graphiques sur tee-shirts et autres supports imprimables, j’en fais partie. Oui, c’est bien pour ça que je me pose la question. Bien que je pense être plus dans l’humour et la démarche artistique. Je me dois de questionner le sujet. Mais quel sujet ? Et bien la transformation de la notion de sorcière en concept marketing et commercialisable, c’est à dire sa récupération par le capitalisme comme produit source de profits.

La sorcière et la culture néo-païenne cibles de la récupération culturelle

C’est peut-être la lecture récente de Sorcière de Mona Chollet et du Temps de l’anti-pub, de Sébastien Darsy, qui ont stimulé ma réflexion. Il y a aussi l’e-mail reçu du groupe de presse Oracom, éditeur de Happinez, respire, Miss respire, Simple Things, Psychologie Positive, Yoga magazine… Ce dernier a lancé une « école des sorcière » avec des formations reprenant les thèmes du féminin sacré, dont les contenus me rappellent ceux explorés par des (néo)païennes et sorcières modernes au début des années 2000 et ensuite via leurs blogs, leurs livres auto-édités et des ateliers « faits maison » avec passion. Je ne dis pas que les auteurs de l’école des sorcières du groupe Oracom ne sont pas sincères, mais il m’a semblé qu’un pas vient d’être franchi… celui de la commercialisation ou utilisation marketing de la sorcière. Et je ne pense pas que ce soit une bonne chose à 100 %. Un groupe de presse qui lance une école de sorcières…avouez que ça questionne. Même si ce groupe de presse est orienté bien-être et spiritualité. En commercialisant des magazines et des formations pour devenir sorcière, on transforme la sorcière en concept marketing et en produit, ce qui petit à petit peut vider le mot de son sens. Rappelez-vous qu’une sorcière vit en marge de la société, c’est sa force et sa faiblesse. Elle est une intermédiaire, une entre les mondes. Elle appartient au domaine du sauvage, même si elle est capable de vivre en société. Si vous ne l’avez pas lu, consultez aussi, Femmes qui court avec les loups de Clarissa Pinkola Estés, sur le thème de la femme sauvage.

Je citerai à ce sujet un passage du livre le Temps de l’anti-pub de Sébastien Darsy (Actes Sud 2005). Il est extrait du chapitre intitulé « La marchandisation de la culture » :

«  Les publicitaires, pour vendre des produits, s’appuient désormais largement sur des images et des sons que le succès a rendus familiers. A la fin des années 1980, l’idée des publicitaires est que la culture va « ajouter de la valeur aux marques ». En jouant sur le caractère subversif d’œuvres du passé destinées à bousculer la société, la publicité a créé paradoxalement une norme consensuelle capable de faire vendre et de capter l’attention. Parmi les valeurs les plus récupérées en ce début de XXIème siècle, celle de la contre-culture des années 1960 : le Crédit Agricole a détourné le titre anticapitaliste et antimilitariste Imagine, de John Lennon. […] Apple a repris le Born to be wild du groupe Steppenwolf. Ce brouillage de références, d’une génération à l’autre, conduit à associer des biens de consommation à une musique qui prônait au contraire le rejet de la société de consommation.Les publicitaires n’ont pas non plus ménagé leurs efforts pour recycler les messages émancipateurs de Mai 1968. Les slogans aux airs de barricades ont connu un véritable succès à partir de 1990 : « A vous d’inventer le vie qui va avec (GDF)», « Le pouvoir des rêves (Honda) », « N’imitez pas innovez (Hugo Boss) », « libérez-vous la vie maintenant (Intel) ». Sur les affiches, Leclerc a repris l’imagerie subversive de mai 68, notamment le cliché du CRS qui brandit sa matraque derrière son bouclier. Le slogan « la hausse des prix oppresse votre pouvoir d’achat. » Le recyclage de la contre-culture des sixties n’est qu’un exemple parmi tant d’autres en, matière d’appropriation de la culture par la pub. »

Sébastien Darsy, Le temps de l’anti-pub ou l’emprise de la publicité et ceux qui la combattent, édition Actes Sud

Quand la haute-couture et les groupes de presse s’intéressent à la sorcière…

Et la figure de la sorcière moderne, même de la néo-païenne et leurs aïeules sont en passe de mon point de vue de vivre la même chose. Regardez par exemple la publicité de DIOR haute couture 2020-2021. On y retrouve des références visuelles au monde fantastique, aux mythes anciens et donc à l’univers des sorcières et néo-païen. Des grooms se baladent dans une forêt (monde sauvage) et présentent à divers êtres fantastiques des modèles Dior. Il y une sirène nageant dans une rivière, des nymphes aux bains près d’une ruine (cliché romantique), une dame escargot sortant de sa coquille, un jeune homme admirant son reflet dans l’eau (Narcisse ?), une jeune femme habillée à la gréco-romaine et son compagnon cornu (Pan ou un faune?), une jeune femme nue pétrifiée assise sur un rocher, un couple s’embrassant au creux d’un arbre habillés de lierres et de mousse (l’homme vert et sa partenaire ?), etc. DIOR apporte à tous ces êtres sauvage et mythologiquess, ses créations issues de sa maison de haute-couture… la civilisation pour les habiller ? Et oui, nous revoilà à dompter le sauvage. Sous ces airs de publicité féerique, romantique et esthétiquement bien léchée, on récupère la culture païenne et on dompte le sauvage.

Ci-dessous aperçu du clip publicitaire DIOR Haute Couture 2020-2021
Vous pouvez le visionner ici sur Youtube : clip DIOR.

Il y aussi récemment un magazine qui est sorti, New WITCH magazine, publié par Burda Bleu, la filiale française du groupe allemand Hubert Burda Media . Vu de loin, ça a l’air bien. On pourrait se dire, chouette enfin un magazine qui parle des trucs spirituels des sorcières modernes, d’éco-féminisme, de nos modes de vies… Pourtant, je trouve qu’il y a un truc qui coince là-dedans. D’abord sa cible pas toutes les sorcières… vous remarquez que les couleurs sont lumineuses, les thèmes aussi, c’est très consensuel. La sorcière blanche okay, l’autre la dark, la noire, la gothique où celle qui fraye avec l’ombre, le subversif…ouh lala surtout pas. Pourtant, c’est aussi ça la sorcière, celle qui remet en cause l’ordre établi, celle qui se poste entre deux mondes, celle qui est capable de regarder l’ombre et de lui faire face, la mort aussi et tout ce que l’égo humain a de plus ragoutant. La sorcière grande, petit, ronde, maigre, jeune, âgée…etc. Sauf que sur leur couverture et bien qu’est-ce qu’il y a ? Les mêmes mannequins que les magazines féminins classiques… pour la critique du patriarcat et l’empowerment féminine tu repasseras, on a vu mieux. Le slogan sur leur site Internet est un bel exemple de récupération culturel par la publicité: « Réveillez la sorcière qui est en vous. Le nouveau trimestriel qui s’adresse à toutes les femmes modernes : fortes, libres, écolos, féministes, assumées, prêtes à se ré-approprier leur pouvoir et à renouer avec leur féminin sacré. » Le concept de féminin sacré aussi il a bon dos, servi à toutes les sauces, vidé de son sens, devenu tellement fourre-tout qu’on ne saurait même plus le définir.

New Witch Magazine est autant un magazine de sorcière moderne, que moi je suis la petite fille de Margaret Thatcher. Il est conçu sur le même modèle, que les magazines féminin classique et possèdent les mêmes défauts. Ce n’est pas parce qu’il parle de la roue de l’année, de chamanisme et de bien vivre tes ragnagnas que cela en fait un support de presse représentatif des « sorcières modernes ». Un truc qui m’a fait rire aussi, dans le dernier numéro il y a un : « Le Do-Witch-Yourself, ou comment réaliser un bel objet à vocation spirituelle, pas à pas. ». A là on reconnaît les marketeux et leur capacité à créer des mots nouveaux pour innover et créer des « concepts » et des « slogans » pour toucher leurs cibles. Mesdames rappelez-vous que pour les publicitaires vous êtes des cibles.

Sauf que la sorcière n’est pas un produit.
La sorcière n’est pas un concept marketing.
La sorcière n’est pas une tendance mode, mais un mode de vie.
La sorcière n’est pas le fruit du capitalisme actuel, mais issu de la contre-culture et de sa critique. La sorcière n’est ni un profil type de consommatrice, ni une cible commerciale.

Je ne suis pas contre les entreprises commerciales de sorcières ou à thèmes sorciers. Mais j’alerte sur le fait que si on ne fait pas attention la sorcière pourrait être instrumentalisée et devenir un concept marketing vidé de son essence, comme les sixties, mai 68, etc. Vigilance !

A lire au même sujet…

  • Sorcière, la puissance invaincue des femmes de Mona Chollet
  • Le temps de l’anti-pub, l’emprise de la publicité et ceux qui la combattent, de Sébastien Darsy
  • Femmes qui court avec les loups de Clarissa Pinkola Estés

Réveil chamanique par le corps…

Je ne me souviens plus de la dernière fois, avant ce soir, où j’ai pratiqué un rituel chamanique. Depuis 3 presque 4 ans, j’en étais devenue incapable. L’énergie manquait. La connexion n’était plus là, comme morte ou inaccessible. Je n’étais plus capable de passer par cette voie. Elle m’était comme fermée. Sauf les rêves. Mais moi et les rêves, c’est une longue histoire, que je consigne dans un journal depuis plusieurs années. Mais le rituel chamanique, le voyage, la transe, la quête de vision rien depuis presque 4 ans… nada !

Photo by Cindy Chen on Unsplash

Le corps véhicule de la transe

Jusqu’à hier soir… je vivais dans un état de connexion rompue ou difficile à établir. Et puis, je me suis allongée dans l’herbe sous la voûte étoilée. Il était entre 21h et 22h. Je n’ai pas vraiment regardé l’heure à vrai dire. Ce n’était pas important. Je me suis perdue dans la contemplation des étoiles et l’immensité de l’univers. Son mystère est fascinant et émerveillant. Face à lui, on reprend conscience de sa véritable mesure, toute petite face à l’immensité de la création et du cosmos. Et puis je me suis reconnectée à la terre, pieds nus et mains posés à plat sur elle. Mon chat est aussi venu me faire des câlins. Mon corps s’est détendu au contact de l’herbe, du sol et de la fraicheur nocturne. J’ai respiré avec mon ventre. Mes poumons se sont gonflés d’air. Je me suis sentie régénérée et puis de nouveau dans mon corps, les sens en éveil. Ces derniers temps, il était comme une carapace parfois insensible, parfois trop douloureuse (mal de dos, de cervicales, courbatures, tensions musculaires, maux de têtes..etc). Et puis… je ne sais pas, j’ai eu l’intuition ou l’envie de mettre un fond de musique entre guillemets dites « chamaniques ». Et au son du hochet, j’ai dansé, bougé en rythme comme si mon corps était un hochet, comme si il était rempli de petits grains de sable à faire vibrer. Alors j’ai vibré, secoué chaque partie de mon corps. J’ai sentie là où s’était plus souple, facile à « shaker » et là où ça résistait. Les endroits plus rigides, moins souples, je les connais. Cela n’a pas été une révélation, mais plutôt une confirmation. Alors je me suis employée à les faire vibrer, à les remuer comme le reste. C’était vivifiant et énergique. Personne ne me voyait et tant mieux. Car ma danse saccadée n’avait sûrement rien d’esthétique. Je bougeais de tout mon corps. On aurait pu me prendre pour une folle. Mais j’étais abritée par le manteau sombre de la nuit. Nul regard n’ai venu juger mon expérience.

Image by Алина Осипова from Pixabay

Lâcher prise pour se sentir un être vibrant

Je me suis arrêté essoufflée, mais si bien dans ce corps que j’habitais à nouveau. J’ai dormi comme un bébé, détendue. Et le lendemain matin, pas de courbatures, pas de tensions, là où j’en avais depuis des mois. Et ce soir, j’ai renouvelé l’expérience. Habiter ce corps, totalement et pleinement m’a redonné accès à la transe. Loin de me clouer au sol, cet ancrage dans le corps a permis à nouveau à mon esprit de pouvoir s’envoler, se laisser prendre par les vibrations du tambour et du hochet. Juste vibrer. Vibrer comme tout l’univers autour de soi. Je ne suis pas partie très loin. Car je ne le souhaitais pas. Mais j’ai senti à nouveau que j’en étais capable et que les chemins s’ouvraient pour moi, si je le désirai, si je lâchais prise et me contentait d’être au son de la musique. Juste d’être… un être vibrant.

Facebook et les fakes promos des shops de fringues ethniques suite au COVID-19

Amateurs de vêtements ethniques, tribaux, d’inspiration néo-païenne, sorcières, chamaniques ou hippie-chic, vous avez sûrement vu sur Facebook depuis le mois d’avril des pubs alléchantes… Il s’agit de boutiques qui prétendent que suite à la crise du COVID-19 (pas écrit explicitement, mais sous-entendu), elles doivent écouler leurs stocks à moitié prix ou à prix sacrifiés, parce qu’ils vont fermer, ne peuvent continuer leurs activités, etc. Et que c’est vraiment trop triste…

L’arnaque qui joue sur l’émotionnel et la crise

Cela pourrait être vrai. Je ne dis pas que la situation n’existe pas. Mais le problème est que ces boutiques, sous des noms différents, vendent quasiment les mêmes articles (soit les mêmes pièces, soit en partie les mêmes modèles). Même si ils prétendent pour les uns faire des créations « faites mains » ou dans un atelier familiale, etc. D’où les fakes photos de machines à coudre dans un atelier cosy chez le créateur ou un petit atelier, pour faire genre « on produit local, original et à petite échelle »…

Des créations originales qu’on retrouve sur des dizaines de boutiques similaires, avec des noms de shops différents. En examinant leurs pages Facebook, on remarque d’ailleurs que souvent elles ont ouvert début 2020 (plusieurs début avril). Curieux, en pleine crise du COVID-19 ? Bref la grosse arnaque pour vous refourguer du Made in China ou un autre pays d’Asie, Bangladesh par exemple, dont les prix d’achat est de base au raz des pâquerettes. Donc l’argument de la remise ne tient pas la route. Je vous mets quelques captures en exemples, vous verrez que le texte descriptif pour allécher le client est si ce n’est identique mot à mot, souvent très proche. Il y a aussi les fakes photos de l’atelier couture à la maison pour vous faire croire que c’est du « fait main » par des petits créateurs qui bossent chez eux. Bref, tout pour vous prendre pour un pigeon.

Cliquer pour agrandir la vue.
Cliquer pour agrandir la vue.

Cliquer pour agrandir la vue.

Les hommes aussi sont ciblés ! (wildingme)

Troll, drama queen et hater, les 3 plaies du web spirituel et/ou païen

En plus de 17 ans de web et notamment sur la sphère néo-païenne/spirituelle, j’ai pu en croiser des casses-couilles (pardonnez moi l’expression). Dans cet article je te brosse le portrait de 3 types d’internautes, qui peuvent venir pourrir ton site web païen, ton groupe de discussion spirituel, ton projet associatif ou ta chaîne Youtube (païen ou pas…). Ce type d’internautes se retrouvent d’ailleurs dans un peu dans tous les types de communautés. Alors si tu te lances dans la création d’un blog, d’un groupe Facebook, d’une chaine Youtube ou autre, autant que tu sois prévenu…il est possible que tu croises….

1. Le troll

En argot du web, le terme troll définit une personne ou une attitude (troller), qui vise à créer des polémiques ou des discussions enflammées.

Le troll irréfléchi

Il y a le troll idiot. Généralement il ne lit pas les articles, les messages postés et commente sans réfléchir. Il n’a pas de mauvaises intentions. Il reste gérable. C’est pas le pire. C’est souvent un novice, qui ne prend pas le temps de comprendre la discussion où la communauté dans lequel il arrive. Il va donc poster ses questions en rafale, sans regarder si juste avant les gens n’ont pas déjà répondu. C’est le plus soft.

Le troll machiavélique

Ensuite vient le troll intelligent et vicelard, qui vient clairement avec une mauvaise intention. C’est à dire créer une polémique et/ou voir les discussions déraper. Son but peut-être de perturber le média social sur lequel il agit voir parfois de créer des tensions dans un groupe, amener les membres à s’entredéchirer ou deux communautés à se détester. Il agit pour cela en exacerbant les divergences entre les gens.

Le troll se reconnait à plusieurs traits de caractère(liste non-exhaustive) :

  • Il ne supporte pas la contradiction et a toujours raison.
  • Le troll se nourrit des réactions des autres, il continuera de poster tant qu’il reçoit de l’attention des autres ou constate que ses propos ont de l’effet. C’est ce qu’il cherche.
  • Il essaie de se faire passer pour la victime dans l’histoire, victime de ceux qui le critiquent, victime des modérateurs qui interviennent pour le cadrer, victime des admins qui le bannissent, etc. A l’entendre, c’est le roi des gentils, un vrai bisounours et on porte atteinte à sa liberté d’expression en le recadrant.
  • Lâche, il se cache derrière un ou plusieurs pseudos ou possèdent plusieurs comptes pour parfois venir au secours de lui-même dans les débats.
  • Son caractère est aigri et traduit chez lui une grande frustration.
  • Manipulateur; il peut déformer les propos d’une personne dans le but d’en faire la cible de la vindicte des autres.

La meute de trolls

Enfin, il y a les groupes de trolls, dont l’intention est de pourrir la vie d’une victime jusqu’à aller au harcèlement. Ils se déplacent en meute, comme des prédateurs à la poursuite d’une proie à anéantir. Malheureusement, cela peut avoir des conséquences graves. Ainsi certaines victimes peuvent se sentir si détruites par leurs attaques, qu’elles peuvent perdre confiance en elles, devenir dépressives voir suicidaires. Le comportement de ces groupes est un vrai problème de société. Leurs agissements sont illégaux et doivent être signalés aux services compétents.

2. Définition du drama et de la drama queen

Ne pas confondre avec les dramas coréen…. qui sont des minis séries TV. Quoi que quelque part, y’a un lien.

Un drama effectivement, c’est un peu comme un spectacle. Un évènement minime, qui prend des proportions de « scandale » alors que franchement y’a pas matière à ce que ça le devienne. C’est l’équivalent de l’expression « en faire tout un drame ». Et y’a des spécialistes dans ce domaine, on appelle ça des dramas queens, hommes ou femmes. Une drama queen, c’est aussi pénible qu’un troll, mais pas tout à fait pour les mêmes raisons.

Caractéristiques d’une drama queen ou d’un drama king parce que c’est pas exclusivement féminin…

  1. Exagère la situation et ses conséquences. Par exemple que la fermeture d’un groupe de discussion sur une tradition équivaut à la mort de la tradition. Rigolez pas, ça c’est déjà lu sur le web.
  2. Aime les embrouilles ou les drames, même si s’en défend. Un rien peut l’amener à mal interpréter les actions ou les paroles des autres et à les prendre pour une attaque, un manque de respect, etc. Le/la drama queen/drama king serait même capable de s’embrouiller avec son reflet qu’il verrait dans l’eau d’un lac, juste parce qu’il est pas conforme à ce qu’il/elle s’imagine de sa personne.
  3. Pense que c’est toujours la faute des autres et prend tout de façon personnel. C’est la faute des autres si on parle pas assez de lui/elle, si y’a pas assez de personnes motivées pour suivre ses projets, adopter ses rituels, lire ses livres, s’inscrire à son groupe de discussion, etc. C’est son côté Calimero. Il/elle voit toujours le pire d’une situation, quitte parfois même à avoir une vision du monde totalement déformée. Si quelqu’un lance un projet, c’est forcément pour lui faire de l’ombre, par jalousie, pour lui piquer ses idées, etc.
  4. Pense que ses problèmes sont plus importants que ceux des autres. D’ailleurs tout ce qui lui/la concerne est plus important que le reste du monde, plus grave, plus sérieux, plus créatif, plus digne de reconnaissance, plus extra-ordinaire… Les autres ne sont pas à sa hauteur et il/elle n’hésite pas à le faire savoir. Les divinités sont avec lui/elle, voyons.
  5. Vis sa vie comme une série TV façon les Feux de l’Amour, Dallas ou un drame antique. Faut que tout soit théâtralisé, qu’il y ai des scandales ou des rivalités pour faire parler de lui/elle, une lutte, des détails croustillants, des potins et des ragots à disséminer à droite et à gauche, des ennemis qui veulent tout lui piquer. Il/elle a besoin de soigner ses entrées, ses selfies, ses panneaux de citations et ses costumes, bref son image de marque. Pourquoi ? Parce qu’il/elle se prend pour un influenceur/euse ou une personnalité importante du web dans son domaine.
  6. Il/elle a un égo surdimensionné. Il/elle a besoin de faire des annonces officielles pour un peu tout et n’importe quoi sur ses médias sociaux. Car il/elle a besoin d’un public pour regarder ce qu’il/elle fait. Le drama king/queen a besoin de reconnaissance constant, de se faire plaindre ou admirer… bref d’être le centre de l’attention.

3. Les haters

Les haters ou haineux s’apparentent aux trolls, notamment les trolls en groupe. Ils en commun avec eux de diriger leur vindicte sur une cible, un sujet ou une victime précise. Par contre, ils sont généralement souvent moins malins, car leur conduite est dictée par leurs émotions. Si le troll réfléchi à comment manipuler ou créer une polémique, le hater lui ai juste là pour balancer sa haine sans ambiguïté, dénigrer, juger, sans respect des règles de bienséance et anonymement. Il vient soulager sa frustration de façon cru et brut. Pour lui tout est prétexte à juger négativement sa victime que ce soit sa tenue, sa coiffure, ce qu’elle dit, son orthographe, sa diction, ses idées, la couleur de fond dans ses vidéos youtube, ses choix de tradition, de divinités etc. Frustré, il est probablement envieux de sa cible et si obnubilé par la haine qu’il lui voue, qu’il agit parfois comme si il vivait dans un autre monde. Dans un article de FUTURA SANTÉ, on apprend qu’une équipe de chercheurs s’est penchée sur le cas des « haters ». Cette étude a été publiée dans  Frontiers in Psychology. Ceux-ci ont conclu que les rageux du web auraient un niveau élevé de psychopathie (à lire ici, Réseaux sociaux : les « haters » pourraient être des psychopathes).

Il y aura toujours quelqu’un pour….

Voilà un bref portrait de 3 types d’internautes, qui peuvent venir pourrir ton site web païen, ton groupe de discussion spirituel, ton projet associatif ou ta chaîne Youtube. Certaines personnes sont parfois un mix de ces trois profils ou disons possèdent des caractéristiques communes aux trois. Les frontières ne sont pas étanches entre eux. Les médias sociaux sont un miroir déformant de la société. La haine et la frustration, que certaines personnes cachent dans leur vie réelle pour paraitre socialement acceptable, peut y trouver un exutoire. Ils se désinhibent, croyant que Internet leur permet d’être ce qu’ils ne s’autorisent pas à être en société. Quoi faire ? Les ignorer. Car finalement tous les trois sont des frustrés, qui veulent avoir votre attention. Pour ce qui est des « haters », il faut très vitre intégrer le fait qu’on ne peut pas plaire à tout le monde et que lorsqu’on crée du contenu web, on s’expose autant aux louanges, qu’aux critiques. Écoutez les critiques constructives, exposées avec respect et ignorez les haters. Idem avec le troll ou la drama queen, ne vous laissez pas entrainer dans leurs histoires. Laissez-les parler tout seul dans leur coin. Ils se lasseront d’eux-même. Et si les attaques dépassent les bornes de l’acceptable, n’hésitez pas à garder des copies d’écran, l’IP de vos agresseurs et à en référer à une autorité compétente (modérateurs, administrateurs, gendarmerie, police..).

Retour à l’Égypte ancienne

La spiritualité de l’Égypte ancienne a été au début des années 2000, ce qui m’a conduite dans la sphère du néo-paganisme francophone… pour le meilleur comme pour le pire. C’est la civilisation antique, dont la sagesse et la vision du divin m’a inspiré et m’inspire encore le plus. Celle avec qui je suis la plus en adéquation.

Le meilleur

Pour le meilleur, car j’ai gardé contact avec une bonne partie de co-fondateurs, co-admin ou co-modérateurs du projet auquel j’ai participé Ta Noutri (2005 – 2010). Je suis plus ou moins régulièrement en contact avec eux, et ça 15 ans après. Mais quand on évoque cette période, on ressort les photos des rencontres en réelle et c’est que du bonheur d’évoquer le montage des tentes au camping, nos fous rires et nos premiers rituels…. certes un peu hésitants ou maladroits, mais sincères. Je garde un souvenir impérissable du premier Wep Renpet à regarder tous ensemble en direction du soleil levant. Je me souviens de nos fous rires avec Meritamon Inoubast et des rencontres inter-traditionnelles avec des membres de LAPF d’autres traditions (wiccan, celtique, asatru…). D’ailleurs quand je parle de cette période, on dirait un peu une grand-mère, qui radote ses vieux souvenirs.

Le pire

Évidement, le projet a pris fin suite à des malentendus, incompréhensions dans le groupe. Sur lesquels je ne reviendrais pas, car à dire vrai les années ayant passé… j’ai un peu oublié pourquoi. Je suis passé à autre chose. J’ai tourné la page. Surement des brouilles comme il peut y’en avoir dans n’importe quel groupe. C’est humain. Personne n’est parfait. Je ne connais aucun groupe ou aucune communauté, qui n’a pas eu son lot de tensions ou d’incompréhensions. C’est normal. C’est inhérent aux relations sociales. Et comme le web est un miroir grossissant, voir déformant de la réalité, les conflits et les quiproquos sont amplifiés sur les médias sociaux et se transforme inutilement en mini-scandale. Pour pas grand chose d’ailleurs…. on appelle ça un drama ou aussi shitstorm (tempête de merde). C’est un peu aussi à cause de cela que j’ai pris mes distances avec les groupes de discussions Facebook et les forums à une époque, car ça devenait épuisant de gérer les tensions ou de passer son temps à s’expliquer, justifier ses choix pour rien. J’ai vite compris que le web peut vous manger inutilement du temps et de l’énergie, et avoir des répercussions négatives sur votre vie personnelle, sans rien vous apporter d’un point de vue spirituel. Il est parfois salutaire de prendre ses distances et se concentrer sur ce qui en vaut vraiment la peine.

L’essentiel

Heureusement le temps apporte son lot de leçons. Et aujourd’hui, je reviens sur le web païen de la tradition égyptienne, plus sereine, plus posée, débarrassée de certaines attentes irréalistes et plus consciente de ce que je peux ou ne peux pas faire, veux ou ne veux pas faire. Et surtout en ayant plus rien à foutre de ce que pense les autres de mes choix. J’avais expliqué mon point de vue à ce sujet dans l’article :  » Autonomie spirituelle : tu n’as rien à prouver et tu n’es pas là pour plaire à tout le monde ! ». C’est pourquoi j’ai décidé de réactivité le site web Ta Netjerou et de devenir membre du nouveau groupe de discussion sur le netjerisme « Neferou Khepri » créé par Daoud, Merytsekhmet et Maryline Sat Hathor Iounet. Et si ça plait pas… et bien tant pis. Je reviens parce que j’aime cette tradition, j’aime partager des informations, mes recherches à ce sujet et j’aime aider les débutants à découvrir celles-ci. Et surtout parce que je n’ai de compte à rendre à personne à ce sujet. Si vous aussi vous aimez la spiritualité et la sagesse de l’Égypte ancienne ou netjerisme (mais pas les dramas, les trolls…), retrouvons nous là-bas ! 😉