Mes ancêtres, les européens… un peu de généalogie et de génétique

Cela fait une dizaine d’années maintenant, que j’ai commencé mon arbre généalogique. Actuellement le fichier GEDCOM de mon arbre comprend autour de 4000 individus. Certes, il y en a peut-être que 2500 qui sont mes ascendants. En effet, il y a aussi dedans les ascendants de mon mari et de la branche paternel de mes nièces. Mais cela vous donne un ordre d’idée de l’avancement de mes recherches. J’arrive à un stade ou les archives manquent. Il est difficile de remonter au-delà du 14ème siècle. Pour certaines branches, je ne peux pas aller plus loin.

La génétique pour compléter la généalogie papier

Je me suis donc tournée par curiosité vers le test adn à finalité généalogique. Celui-ci m’a permis de retrouver un ancêtre parti au Québec vers 1720 avec son fils, laissant le reste de sa famille en France. Il y a fondé l’une, voire la première tannerie de la ville de Québec. Il y avait rejoint la famille fondée par son frère défunt (protestant de l’Ouest de la France fuyant la répression religieuse). En effet, suite au décès de son frères, il était devenu le tuteur de ses neveux et nièces. L’analyse de l’ADN a aussi mis en relief nos liens avec les flamands, bien que notre famille n’ai jamais eu connaissance ni par transmission orale, ni dans les archives, d’ancêtre venus de cette partie de l’Europe. En gros à cette étape de notre recherche, nous avons découverts, que nous sommes pour moitié proche d’une population dite ibérique et pour l’autre moitié de population du Nord-Ouest de l’Europe, puis dans une plus faible part des populations d’Italie, des Balkans et de Scandinavie. Ma sœur et moi, nous avons les mêmes résultats, mais avec des pourcentages de répartition différents. Ce qui est normal. Nous héritons de nos deux parents, de chacun environ 50 %,, mais la répartition n’est pas la même entre frère et sœur. C’est pourquoi faire des analyses sur plusieurs membres de votre famille proche est intéressant. Par contre, nos informations sont plus susceptibles de concerner le lignage maternelle, car aucun membre masculin de notre famille proche n’a voulu faire le test. Nous n’avons donc pas d’informations complètes, concernant le chromosome Y paternel et donc l’halogroupe Y. Dans un premier temps, mes analyses ADN et celles de ma sœur ont surtout été comparées avec des panels de populations actuelles. Ceci a un inconvénient. Les populations actuelles sont le fruit de migrations antérieures et ne rendent pas correctement compte d’origines plus anciennes.

ADN ancestrale : comparaison avec des populations anciennes

Je me suis donc tournée vers des sites proposant des comparaisons avec de l’ADN de populations anciennes (mytrueancestry, genomlink), relevées sur des sites archéologiques. Et là ça devient plus intéressant. Les résultats ne contredisent pas forcément les précédentes analyses, mais ils les complètent. Ils permettent de voir comment l’histoire des migrations de population d’Europe s’inscrit aussi dans l’histoire de notre famille. Je vous donne un exemple. J’ai des correspondances ADN avec des personnes retrouvées au Nord de l’Espagne, au début du Moyen-Age. On pourrait penser, que ce sont des ibériques. Sauf que l’adn de ces personnes montrent qu’ils sont majoritairement d’ascendance visigoth et un peu ibérique. En effet sur mytrueancestry, selon votre niveau d’adhésion vous pouvez voir des informations plus détaillées sur la personne issue d’une population ancienne, avec qui vous partagez de l’adn commun. Cela s’explique par le fait que l’Espagne a fait partie de l’empire visigoths. Je peux donc certes avoir des points communs génétiques avec des populations actuelles ibériques, mais ceux-ci peuvent venir d’anciennes ascendance goths communes, pas forcément ibériques. Comme ma sœur a fait aussi une analyse et qu’elle a pris plus de gènes ibérique que moi de nos parents, nous avons pu voir aussi que nous descendons de vascons. Car elle a des correspondances avec des vascons. La comparaison d’adn avec des populations anciennes permet de pondérer les résultats obtenus lors d’une comparaison avec les profils génétiques de populations actuelles.

Voici en gros les résultats obtenus pour moi et ma sœur, comparés avec l’ADN de populations anciennes*. Nous sommes proches d’individus (dans l’ordre du plus proche/fréquent au plus éloigné ou rare) :

  • germains (Nord-Ouest- Europe) et en particulier des francs et des belgae,
  • goths et plus particulièrement visigoths (partie de Scandinavie et issus de vagues de migration goth en Europe),
  • dalmatiens de l’Illyrie (pays des balkans sur la cote adriatique proche de l’Italie),
  • vikings scandinaves du Danemark et de la Suède,
  • vascons d’Espagne et d’Aquitani en France,
  • gallo-romains et celtes.
  • étrusques et ligures en Italie.

*les dénominations de mytrueancestry se réfèrent autant à des peuples qu’à des cultures à une époque donnée. Par exemple, une personne trouvée en zone géographique et époque gallo-romaine, qualifiée de gallo-romaine, peut être d’ascendance celte par exemple.

Pour résumer
En gros ce qui ressort le plus pour ma sœur et moi, ce sont des correspondances avec les germains, les (germains) scandinaves, les celtes, les vascons et les illyriens. Ce sont vraiment ces 5 là qui ressortent le plus souvent avec les meilleures correspondances.

La mode « viking »

Les viking étant à la mode (profusion de série TV sur le sujet) sur genomelink il y a une analyse, qui permet de savoir si vous pourriez avoir des ascendants vikings. Et si oui, le site précise de quel groupe, soit viking scandinaves, viking anglais, viking slaves ou vikings finnois, vous êtes le plus proche. Pour ma part, cette analyse m’a surtout servi à confirmer les données de mytrueancestry qui m’indiquait des correspondances génétiques avec des scandinaves, dont d’une part des vikings d’origine danoise trouvés en Angleterre (victimes du massacre de la St Brice à Oxford) en 1002, et d’autres part des individus retrouvés au Danemark et en Suède, notamment ile de Oland et Gotland, ayant vécus vers 850~950 ap. JC. Je rappelle que le terme viking ne désigne pas à proprement parlé un peuple à la base (même si souvent utilisé dans ce sens), mais plutôt un « métier » ou une « fonction ». Ce sont des guerriers explorateurs et marchands, voire pirates. Et ils ne sont pas tous d’origine scandinaves comme le rapporte une étude récente à ce sujet, voir l’article : La génétique montre que les Vikings n’étaient pas tous des grands blonds aux yeux bleus.

Qu’est-ce que cela m’a apporté ?

Les deux surprises de ces analyses ont été de nous découvrir des ancêtres scandinaves et illyriens. Les celtes, les germains, les ibériques, les gallo-romains, nous nous y attendions un peu. Cela semblait géographiquement et historiquement logique par rapport à ce que nous savons de notre famille et de l’histoire de notre région, les Pays de la Loire. La Scandinavie par contre, cela faisait partie des résultats possibles, mais qui nous semblait vraiment peu probable. Nous pensions que physiquement (oui, je sais, c’est cliché…), d’une part nous n’avions pas vraiment le profil et que d’autre part notre région est plutôt géographiquement et culturellement éloignée.

Ensuite, Les dalmatiens de l’Illyrie, là c’est encore une autre surprise. D’abord parce que L’Illyrie dans mes cours d’histoire antique, j’en ai quasiment jamais entendu parlé. En gros pour moi, les balkans, c’est cette zone là-bas où il y a eu beaucoup de guerres au XX ème siècle, mais qui est finalement assez inconnue. Je suis donc partie à la découverte de l’histoire de cette région d’Europe. La génétique m’a conduite à découvrir l’histoire de régions d’Europe, que je connaissais moins. Ce fut aussi l’occasion de revisiter l’histoire locale. Nous savons que des gascons ont vécu dans notre région, car ils ont laissé leur trace dans la toponymie. Il y avait aussi une colonie d’anciens soldats de l’armée romaine issus de la tribu des Taïfales (peuple germains ou sarmates ?!), qui ont donné leur nom à la ville de Tiffauges (voir le site de l’association TAIFALI). Il y a eu aussi des raids vikings (Ile de Bouin, Monastère de Noirmoutier, prise de Nantes, destruction du monastère de Luçon, raid sur Poitiers, établissement sur l’Ile de Ré..etc), ainsi que des échanges commerciaux avec l’Espagne et les régions flamandes.

Dalmatie à l’époque romaine vers 120 (source Wikipedia)

J’ai toujours eu du mal à vraiment adopter une tradition spirituelle de mon continent en particulier, même si toutes me parlent un peu. J’ai presque envie de dire que maintenant j’ai un argument « rationnel » ou scientifique pour le justifier. Mes origines sont européennes et multiples (en termes de zones, d’époques, de cultures différentes). Je suis issue de l’histoire de tous ces gens, qui se sont affrontés ou se sont rencontrés au fil du temps. Ils ont concourus à mon existence. J’oserai dire finalement, je suis indo-européenne ? Peut-être le terme qui permet de concilier l’ensemble ?

Évite les gens toxiques, entoure toi de quoi au juste…?!?

Dans la web-sphère des blogueurs, des guides, des coachs, des sorcières, des prêtres(sses) et des chamans, le développement personnel côtoie parfois de très près le développement spirituel. Effectivement, il y a des passerelles entre ces deux domaines. Un sujet revient souvent dans la masse des publications. Il s’agit du fameux « entoure-toi de gens bienveillants et évite les gens toxiques ». C’est souvent un bon conseil. Mais, tout dépend du contexte et de la façon dont la personne qui le reçoit le comprend et l’applique. Il est facile de déraper du « évite les gens toxiques » à évite tous les gens qui te contrarient à cause de tes idées. C’est à dire s’entourer de personnes ayant uniquement les mêmes opinions et les mêmes croyances, tout en refusant tout débat. Notre peur du rejet, notre besoin d’appartenance ou notre désespoir parfois nous égarent et nous rendent vulnérables. La frontière entre « éviter les gens toxiques » pour avoir la paix et fuir le monde devient alors très mince.

Qu’est-ce qu’une personne toxique ?

C’est en retournant à la racine des mots, que nous pouvons mieux comprendre les concepts qu’ils désignent. Toxique vient du latin toxicum, qui signifie « poison ». Lui-même est issu du grec ancien τοξικόν ou toxikón, qui désigne un poison dont on imprègne les flèches. Nous avons donc dans le mot toxique, l’idée de rendre malade ou de tuer à l’aide d’une substance. Dans le cas d’une relation sociale, il s’agit d’une personne, qui a le pouvoir de nous faire sentir mal, démoralisé, dévalorisé, vidé voire aliéné. Nous entretenons avec cet individu un rapport malsain. Ce lien peut être basé sur de la manipulation, de la jalousie, de la culpabilisation, de la violence physique et/ou psychique, des critiques, de l’intolérance ou une emprise. Si les pervers narcissiques sont souvent cités comme exemple de personnes toxiques, il peut s’agir aussi d’une personne de notre entourage, qui ne se rend pas compte de l’impact de son attitude. Ses paroles à notre égard agissent comme un poison.

Les personnes contrariantes sont-elles toxiques ?

Mais, il arrive parfois que la notion toxicité d’une personne, soit mal comprise. Elle est alors interprétée comme sa capacité à nous contrarier, c’est à dire nous causer du souci ou susciter notre mécontentement. Cette contrariété se manifeste lorsque notre interlocuteur émet des avis différents des nôtres ou conteste nos croyances. Ses paroles nous irritent et déclenchent notre agacement. Ce déplaisir nous pousse parfois à croire que nous vivrions mieux, sans avoir affaire à lui ou elle. Pourtant est-ce parce que les opinions de cette personne sont contraires aux nôtres, que celle-ci est toxique ? Pour ma part, je répondrai non. Si l’opinion contradictoire d’une personne me dérange, cela ne fait pas d’elle pour autant quelqu’un de malsain ou un obstacle à mon évolution personnelle. Tout dépend du contexte et de la façon dont cette personne exprime son avis. Si ce dernier est énoncé de façon à me faire me sentir idiote, nulle ou pour me dévaloriser en tant que personne, c’est peut-être toxique ou juste maladroit. Mais si mon interlocuteur exprime un avis contradictoire, sans élément me dévalorisant en tant que personne, alors c’est juste un débat d’idées. Je vais prendre un exemple concret avec les opinions ci-dessous.

Un exemple concret

Phrase 1 – Quoi, tu regardes encore ces âneries d’émissions de télé-réalité, mais t’es vraiment une idiote !

Phrase 2 – Pour ma part, je ne regarde pas les émissions de télé-réalité. Car je trouve que ces productions n’ont rien à voir avec la réalité. Elles proposent une forme de divertissement voyeuriste et trompeur.

Dans la première phrase, son opinion négatif sur la télé-réalité est l’occasion de juger la personne en face d’elle et de l’insulter. Elle cible l’autre en usant du pronom « tu ». Dans la seconde phrase, la personne exprime uniquement son opinion et explique celui-ci, sans chercher à juger son interlocuteur parce qu’il ne partage pas le même avis. Elle se positionne avec le « je ».

Je ne suis pas mes opinions

Malheureusement, il arrive que nous confondions la critique de nos opinions avec la critique de notre personne, même si celle-ci est correctement formulée. Parce que avouons-le, nous aimons avoir raison. C’est humain. Nous défendons parfois bec et ongles nos opinions, pas parce qu’elles sont justes, argumentées ou rationnelles. Mais parce que cela froisse notre égo d’admettre que nous avons tord, donc qu’il faut revoir notre vision du monde et nos croyances. Il y a aussi des périodes où nous sommes si émotifs, vulnérables, qu’un rien nous touche, mêmes si les propos n’avaient pas pour intention de nous nuire.

Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous avez envie d’entendre, ce que vous entendez, ce que vous comprenez… il y a dix possibilités qu’on ait des difficultés à communiquer. Mais essayons quand même…

Bernard Werber

Le biais de confirmation

Qu’est-ce que le biais de confirmation ? Il s’agit d’un biais cognitif. Il a été introduit au début des années 1970 par les psychologues Daniel Kahneman et Amos Tversky. C’est un schéma de pensée trompeur et faussement logique. Le biais de confirmation, en particulier, désigne notre tendance naturelle à prendre de nouvelles informations et à les utiliser pour confirmer notre système de croyances. Il est aussi désigné sous le terme de prophétie auto-réalisatrice. Au lieu de rechercher de façon égale les arguments en faveur et en défaveur de nos idées, nous avons tendance à nous focaliser seulement sur ceux qui les confirment. Ce n’est pas forcément de la mauvaise volonté de notre part. En effet, notre cerveau préfère les raccourcis, car c’est plus économique en temps et en énergie. Malheureusement, ce biais nous donne une fausse impression d’objectivité. Ce biais opère par une sélection de preuves, mais aussi de souvenirs. A partir de ces éléments biaisés, nous interprétons la réalité. Pour la sélection de souvenirs, pensez aux personnes qui affirment que c’était mieux avant. Leur croyance trahie la réaction tout à fait humaine d’être dérangé par le changement et de préférer garder ses habitudes. Le passé, c’est la zone de confort. Je sais ce qui m’attend, je l’ai déjà vécu. Alors que l’avenir est incertain, cela me demande de m’adapter. Il est pourtant parfaitement normal de voir de temps à autre nos croyances et nos idées remises en question. Cela fait partie du mouvement de la vie.

Est-ce que les gens qui pensent comme vous, vous aident à évoluer ?

Certes vivre au milieu de personnes qui ne partagent pas vos opinions et vos croyances, n’est pas agréable et confortable. Cela peut même à l’extrême vous mettre en danger de mort. Je pense par exemple au régime totalitaire nazi, qui prônait l’extermination des juifs ou à la chasse aux sorcières. Mais nous, européens de l’Ouest en 2021, sommes rarement dans ce cas. Mon propos concerne les situations du quotidien et nos rapports avec les personnes, que nous côtoyons pour diverses raisons (famille, ami, travail, administration, santé…). S’entourer de bonnes personnes, ce n’est pas forcément côtoyer seulement des gens, qui ont le même mode de pensée que soi. Les bonnes personnes, de mon point de vue, sont celles qui sont capables de nous dire des choses agréables ou désagréables, avoir des avis différents, sans nous juger. Elles savent discuter des idées, sans dévaloriser la personne que nous sommes. Être conforté dans ses idées, c’est confortable mais pas forcément sain. La vie est pluralité et diversité, que ce soit d’opinions, de personnalités, de cultures, de croyances, d’expériences et surtout d’idées. Sans cela, nos cultures et nos sociétés n’auraient pas évolué. Par exemple, l’esclavage n’aurait pas été remis en question, la perception de la terre et le fait qu’elle ne soit pas au centre de l’univers non plus, ou encore la monarchie de droit divin, etc. Les avis divergents sont une source d’évolution. Ils nous permettent d’exercer notre esprit critique, de prendre conscience qu’il y a d’autres façons de vivre. A mon sens, le débat d’idées est le terrain de jeu de l’ouverture d’esprit. Donc, une personne qui te contrarie parce qu’elle a des opinions différents des tiens, n’est pas une personne toxique. Toutes les idées sont critiquables ou discutables. Quand elles ne le sont pas, c’est probablement parce qu’elles sont devenues des croyances ou bien des tabous.

Définition de la croyance
«  Dans son acception la plus simple, la notion de croyance sert à désigner l’adhésion à des idées, des opinions, des valeurs sans qu’une démonstration rationnelle, empirique ou théorique n’ait conduit à l’élaboration et l’adoption des croyances en question. Classiquement donc, la croyance reposerait sur une parole d’autorité, un ouï-dire, des raisons non vérifiées en elles-mêmes : croire, c’est se fier à quelqu’un ou quelque chose (texte, récit, mythe, etc.) indépendamment de faits empiriquement établis ou démontrés. »

Source : encyclopédie Universalis. »

Tabou : qui ne doit pas être évoqué dans la conversation, qui est frappé d’interdit quel que soit cet interdit ou qui ne peut faire l’objet d’aucune critique.

Source : encyclopédie Universalis. »

Se sentir écouté et compris

Pourquoi cherchons nous à être écouté et compris ? Tout d’abord, pour ne pas nous sentir seul, donc exclut de la société. C’est notre peur du rejet, qui nous pousse à chercher une personne ou un groupe correspondant en notre conception du monde (idées, croyances, culture, valeurs…). En soit, c’est un besoin parfaitement humain. Nous cherchons à satisfaire notre besoin d’appartenance (voir la pyramide des besoins de Maslow). L’être humain est en effet un être sociale. Il lui est nécessaire d’être au contact des autres durant son enfance pour se développer. Je vous invite à consulter les expériences de René Spitz, psychiatre et psychanalyste américain d’origine autrichienne, dans les années 1940 à ce sujet. Ce besoin est aussi présent à l’âge adulte. Nous avons eu l’occasion de le constater dans une expérience à grande échelle, lors du confinement au printemps 2020. Avec la diminution des interactions sociales, les autorités sanitaires ont constaté un accroissement de la détresse psychologique chez la population générale.

Celui qui t’écoute, ne veut pas forcément ton bien

Mais, quelqu’un qui pense comme nous ou affirme partager nos points de vue, n’est pas forcément inoffensif ou bien intentionné. Les experts du marketing, les leaders politiques et les gourous de secte ont en commun, de se servir de ce besoin, pour séduire leur cible. La technique est simple. Pour s’adresser à leur public, ils parlent de leurs histoires et ce qu’ils ont en commun avec vous. Ils témoignent avoir vécu les mêmes difficultés et avoir la solution pour les résoudre, car ils sont la preuve vivante que c’est possible. Ils peuvent parfois susciter la peur, en parlant de ce qui se passera de grave si vous ne faites rien. Puis ils vous font entrevoir qu’ils possèdent la solution pour faire cesser une souffrance, une injustice ou un problème en achetant leurs produits, leurs services ou en adhérant à leur projet de société. C’est pourquoi les gourous de secte s’adressent particulièrement aux personnes vulnérables. C’est à dire qui traversent un moment difficile de leur vie : maladie, décès d’un proche, divorce, chômage, traumatismes suite à une agression ou un accident, harcèlement, dépression nerveuse, phobie sociale, enfance difficile, difficultés financières, etc. Car leur besoin d’être écouté et soutenu, est accru. Leur souffrance et leurs problèmes prennent tellement la place dans leur esprit et leur vie, qu’ils cherchent à tous prix à s’en défaire. Le désespoir les mènent alors à adhérer à des discours séducteurs, dans l’espoir d’être délivré par un sauveur, une héroïne, un prophète ou un pouvoir miraculeux. Le discours du manipulateur ressemble beaucoup à celui de gens bien intentionnés (thérapeute, guide, conseiller, militant…), ce qui le rend parfois difficile à déceler.

Les autres ne comprendront pas….

L’escroc appuiera parfois sur le fait que vos proches ne peuvent pas comprendre, que certaines personnes vous diront que ce qu’il enseigne est faux. Selon eux, mieux vaut ne pas les écouter pour avoir la paix de l’esprit, l’initiation ultime, la guérison divine ou l’élévation spirituelle, etc. Ils sont soi-disant une entrave à votre évolution. Petit à petit, il vous coupe de votre réseau sociale pour vous inciter à vivre seulement avec ceux qui ont les mêmes conceptions ou au sein de sa communauté. Voilà comment il est possible de passer de vouloir fuir les gens toxiques, à refuser le débat d’idées, puis fuir la société en rejoignant une communauté repliée sur elle-même. Ce phénomène est aussi appelé bulle de l’entre-soi, c’est à dire être amis seulement avec des gens qui pensent juste comme moi. Le lien social s’étiole et le vivre ensemble devient plus difficile. Les individus se polarisent. Ils se forment alors ce qu’on appelle des opinions identitaires. C’est à dire que chaque personne s’identifie à ses opinions, comme si l’opinion devenait soi. Si cet opinion est attaquée, alors l’individu se croit attaqué personnellement.

Vouloir la paix versus fuir le monde

Lorsque tout va mal, il est en effet tentant de vouloir s’éloigner de la société pour faire cesser nos souffrances et repartir à zéro. Vous avez sûrement déjà vu passer dans le fil d’actualités de votre Facebook le visuel d’une maison en bois perdu en forêt au bord d’un lac ou sur île déserte, avec la question : « Que serais-tu prêt à faire pour pouvoir passer un an ici ?». Je vous rassure, cela m’a tenté aussi. Franchement, les actualités sont si déprimantes, que l’envie de fuir le monde est vraiment tentante. A certaines périodes de notre vie, il peut nous arriver une série d’événements négatifs, qui nous donnent l’impression que le sort s’acharne contre nous : licenciement, maladie, décès d’un proche, etc. Ce peut-être une solution temporaire, qui nous permet de reprendre pied. Parfois effectivement pour faire le point, il est nécessaire de prendre de la distance. L’essentiel est que cela ne devienne pas une fuite du monde réel pour aller se réfugier dans une illusion de « paradis », où tout le monde vous brosse dans le sens du poil. De mon point de vue, avoir des gens avec des opinions différents des nôtres et tolérants dans notre cercle de relation, est une nécessité. Grâce à eux, nous pouvons voir le monde sous un autre angle et éviter de nous enfermer dans un système de pensée. Ils sont nos garde-fous. Si nous sommes contrariés par l’opinion d’une autre personne, la première chose à faire est plutôt de se demander pourquoi celui-ci nous touche. Mais cela ne signifie pas que cette personne est « toxique » et que vous devez l’éloigner de vous. Certes, ce n’est pas confortable, mais qui a dit que la vie devait être quelque chose de seulement agréable ?

Je vous invite à voir la conférence d’Albert Moukheiber sur le fonctionnement de notre cerveau.

Lors de cette conférence-débat, découvrez les facteurs et mécanismes cérébraux qui influencent nos prises de décisions et entrent en jeu au cours de l’apprentissage. Apprenez à repérer et à déjouer les différents biais cognitifs à l’oeuvre dans le fonctionnement de notre cerveau.

Sources et lectures complémentaires :

L’addiction au tarot divinatoire

Cela fait quelques temps, que je voulais écrire sur ce sujet. Car j’avais remarqué, que comme pour l’alcool, les jeux de hasard, les jeux vidéos ou le sexe, il est possible de devenir addict au tarot . Cette addiction est classée dans les dépendances sans substance. Lors de mes recherches, j’ai trouvé quelques d’articles sur le sujet côté anglophone. Mais cela a été beaucoup plus difficile d’en dénicher côté francophone. Les liens sont en fin d’article. Est-ce parce que le sujet dérange ou qu’on sous-estime le fait de devenir dépendant à ce type de pratique ? Je ne sais pas. Même si je n’ai pas trouvé de réponse à cette question, mes recherches m’ont permis de cerner dans ses grandes lignes, le phénomène de l’addiction au tarot divinatoire.

Le tarot est un outil superflu

Même si cet outil fait partie de ma panoplie, j’ai du mal à comprendre les personnes, qui éprouvent le besoin de le consulter tous les jours (hors phase d’apprentissage des cartes). Et si j’en propose parfois l’usage sur mon blog, je n’en fais pas le centre de ma pratique spirituelle. Car pratiquer le tarot ne rend pas spirituel. Cela reste un outil, il faut bien garder cela à l’esprit. La spiritualité est dans la façon d’être et d’agir dans le monde. Il y a des personnes d’une grande sagesse, qui n’ont jamais touché un tarot de leur vie, ni consulté de tarologue. Le tarot peut-être utile, mais il n’est pas indispensable.

Le tarot contre les angoisses de l’avenir

De mémoire, la seule période, pendant laquelle j’ai beaucoup consulté le tarot, était l’adolescence. A posteriori, je comprends aujourd’hui pourquoi. Car c’est une étape de la vie, qui peut-être très angoissante. Les adultes nous demandent de préparer notre avenir et de choisir une orientation professionnelle. J’étais vulnérable, timide et je manquais de confiance en moi. A cette époque, je percevais les autres comme étant toujours plus beaux, plus doués ou plus confiants que moi. J’estimais être nulle dans la majorité des domaines de ma vie. Lors de soirée entre copines, je me souviens avoir posé plusieurs fois la même question à mon jeu, à quelques jours d’intervalle. J’espérais à chaque fois une réponse différente, plus enthousiasmante ou fiable. Hors, c’est quelque chose, qu’il ne faut jamais faire évidement. C’est le meilleur moyen de douter et de s’embrouiller l’esprit.

Cette addiction peut apparaître suite à un événement bouleversant dans la vie, comme le décès d’un proche, une longue maladie, un licenciement ou une rupture amoureuse. Le tirage de tarot va venir calmer nos angoisses et nous rassurer sur l’avenir. Cette réaction ne concerne pas que les gens que nous pensons crédules ou naïfs. Cela a plutôt à voir avec un besoin humain d’être réconforté ou conforté dans ses choix, face à un présent déstabilisant et un avenir incertain. C’est une façon de s’imaginer avoir une prise sur notre destinée, à un moment où nous nous sentons vulnérables et désorientés. Le recours compulsif au tarot peut aussi cacher un mal-être ou une dépression.

Comment savoir si tu es addict au tarot ?

Ci-dessous une liste de signes (non-exhaustive) :

  • tu ressens le besoin de consulter pour chaque décision ou acte de ta vie,
  • tu insistes pour que ton tarologue te donne une réponse en Oui ou Non à une question, même si il/elle t’explique que ça ne marche pas comme ça,
  • tu consultes tous les matins une ou plusieurs vidéos de tirage des énergies du jour,
  • au lieu d’écouter les conseils d’un tirage effectué pour ta situation, tu vas consulter plusieurs médiums pour avoir différentes lectures, sans jamais être satisfait,
  • ta seule façon d’avoir de l’espoir concernant ta situation est d’effectuer/consulter une lecture de cartes,
  • si tu possèdes ton propre jeu, tu vas reposer plusieurs fois la même question en la reformulant dans l’espoir d’avoir une réponse qui te convient,
  • tu dépenses de plus en plus d’argent et de temps en consultation et en achat de jeux de cartes, au point d’être à découvert ou d’oublier de payer des choses essentielles (loyer, nourriture, frais de santé, cantine des enfants, etc).

Comment remédier à cet usage compulsif ?

Il faut te souvenir qu’une lecture de tarot ou de jeu divinatoire te permet de comprendre les leçons du passé et les énergies du présent. Il ne peut pas prédire un futur précis, seulement des potentialités de développement par rapport à la situation présente. L’avenir, c’est ce que tu choisis de vivre à travers les décisions que tu prends et les actions, que tu poses ! Il faut éviter de poser plusieurs fois la même question à quelques jours d’intervalle et à plusieurs pratiquants différents, en espérant une autre réponse. Agis avant de demander une autre lecture de tarot complémentaire. N’utilise jamais le tarot comme une excuse pour ne pas prendre de décision ou passer à l’action. Avant de demander un tirage, poses-toi sérieusement la question du pourquoi de ta demande. Cherche les raisons profondes de ta requête. Tu peux les écrire dans ton journal, pour y voir plus clair et les relire le lendemain. L’écriture permet une prise de recul. Limite-toi à une lecture par semaine. Au lieu d’anticiper l’avenir, apprends à vivre dans le présent (méditation de pleine conscience, lâcher prise…) et à accepter de faire des erreurs. Car l’erreur permet l’apprentissage. N’hésite pas à demander de l’aide et faire un point avec un psychologue concernant cette addiction.

A lire au même sujet :