Quand le marketing aura dompté et tué la sorcière

Je suis tombée dans le monde du néo-paganisme francophone et donc aussi celui des sorcières modernes, qui lui est lié, au début des années 2000. Je suis loin d’être une pionnière. Ces mouvements sont nés avant que j’en fasse la connaissance. Mais, depuis quelques temps, je remarque quelque chose, qui me pose question et m’interpelle. Il s’agit de l’émergence de youtubeuses, de formations, de magazines et autres produits estampillés sorcière/sorcier. Vous allez me dire avec mes motifs graphiques sur tee-shirts et autres supports imprimables, j’en fais partie. Oui, c’est bien pour ça que je me pose la question. Bien que je pense être plus dans l’humour et la démarche artistique. Je me dois de questionner le sujet. Mais quel sujet ? Et bien la transformation de la notion de sorcière en concept marketing et commercialisable, c’est à dire sa récupération par le capitalisme comme produit source de profits.

La sorcière et la culture néo-païenne cibles de la récupération culturelle

C’est peut-être la lecture récente de Sorcière de Mona Chollet et du Temps de l’anti-pub, de Sébastien Darsy, qui ont stimulé ma réflexion. Il y a aussi l’e-mail reçu du groupe de presse Oracom, éditeur de Happinez, respire, Miss respire, Simple Things, Psychologie Positive, Yoga magazine… Ce dernier a lancé une « école des sorcière » avec des formations reprenant les thèmes du féminin sacré, dont les contenus me rappellent ceux explorés par des (néo)païennes et sorcières modernes au début des années 2000 et ensuite via leurs blogs, leurs livres auto-édités et des ateliers « faits maison » avec passion. Je ne dis pas que les auteurs de l’école des sorcières du groupe Oracom ne sont pas sincères, mais il m’a semblé qu’un pas vient d’être franchi… celui de la commercialisation ou utilisation marketing de la sorcière. Et je ne pense pas que ce soit une bonne chose à 100 %. Un groupe de presse qui lance une école de sorcières…avouez que ça questionne. Même si ce groupe de presse est orienté bien-être et spiritualité. En commercialisant des magazines et des formations pour devenir sorcière, on transforme la sorcière en concept marketing et en produit, ce qui petit à petit peut vider le mot de son sens. Rappelez-vous qu’une sorcière vit en marge de la société, c’est sa force et sa faiblesse. Elle est une intermédiaire, une entre les mondes. Elle appartient au domaine du sauvage, même si elle est capable de vivre en société. Si vous ne l’avez pas lu, consultez aussi, Femmes qui court avec les loups de Clarissa Pinkola Estés, sur le thème de la femme sauvage.

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Le confinement d’une païenne

Je me rends compte que je n’ai rien écris ici depuis une vingtaine de jours. Pourtant, nous sommes en confinement et à la maison. On pourrait croire que j’ai le temps. En faite… pas tant que cela. Faire l’école à la maison et occuper le petit, gérer un ravitaillement efficace et une bonne intendance pour sortir le moins possible pour les courses, s’occuper du jardin et surtout garder du temps aussi pour soi… tout cela a fait que je ne me suis pas beaucoup occupée de ce site. Financièrement, c’est aussi une période délicate ou notre foyer a du resserrer les cordons de la bourse. Enfin, le confinement est aussi la période pour penser à l’après. Car croire qu’on va reprendre notre vie comme avant après cette crise ou qu’on va en sortir dès le 11 mai, est une utopie. Oui, il y a aura du changement et pour que celui-ci nous soit favorable, nous devons en être acteur, réfléchir et nous informer.

L’école à la maison

J’ai la chance de n’avoir qu’un bout de chou à gérer et de niveau Grande Section ! Le programme est donc pas trop lourd, accessible et organisable sous forme d’activités ludiques et de jeux. Le printemps étant là, c’est aussi l’occasion de faire des expériences en rapport avec la nature. Par exemple : planter des graines, observer les oiseaux, observer les habitants de nos hôtels à insectes, faire du land-art, commencer un herbier, observer l’aube, écouter les bruits de la nature, s’occuper du jardin potager, célébrer les changements de saison, etc.

Le ravitaillement ou les courses

Habituellement, nous faisions un gros panier de courses par semaine et des petits compléments à coté. Là notre plein de courses est géré pour nous nourrir une semaine minimum voire une semaine et demi, sans devoir ressortir pour un oubli ou un complément. Pour autant, nous n’avons pas stockés dans des proportions importantes plus de denrées que d’habitude. C’est plutôt les achats, qui ont été concentrés autour d’un seul panier et l’organisation pensée pour réduire l’approvisionnement à une seule sortie hebdomadaire. On a pas stocké plus de boite de conserves, de papier toilette ou de surgelés par exemple. Et j’ai regardé avec assez de surprise, les premiers jours certains rayons se vider : pâtes, farine, conserves, etc. Bref, les êtes humains (moi comprise) nous ne réagissons pas toujours de façon rationnelle, mais plutôt émotionnelle. Et là clairement, c’est la peur du manque, qui a fait paniquer une partie de la population.

Le jardin, bien-être et autonomie

C’est évident que tout le monde n’a pas la chance ou la possibilité d’en avoir un. Mais durant ce confinement, le jardin est autant devenu un espace de bien-être, permettant de sortir dehors sans avoir à se préoccuper de la distanciation sociale, qu’une moyen aussi de produire sa propre nourriture. Enfin, pour ce dernier point, je dirais plutôt de poser les bases de la production de sa propre nourriture. Sans aller jusqu’à l’autonomie totale, le jardin potager apporte un complément de qualité (si on se débrouille un minimum).

Dans un article du site Passeportsante.net on apprend que le jardinage :

  • réduit le stress et les risques de maladies cardiovasculaires,
  • permet une meilleure alimentation, car évite de grignoter devant TV ou Internet quand on s’ennuie et permet de produire des produits frais et sain,
  • est l’occasion de faire une activité physique au même titre qu’un sport,
  • renforce les muscles et les os, une des activités physiques qui préserve le mieux la qualité des os, après la levée de poids.

Une crise qui impose un changement

Si vous pensez reprendre votre vie comme avant dès le dé-confinement enclenché, vous rêvez. Il ne s’agit pas non plus de virer pessimiste et envisager le pire. Mais évitez d’y penser et faire l’autruche, pour ne pas stresser… c’est pas une solution non plus. Il faut trouver un juste milieu. Tout d’abord, qu’est-ce que nous a appris cette crise ?

Le système de santé

Notre système de santé allait mal avant et les coupes budgétaires n’ont rien arrangé. Bon ça on le savait avant, mais là ça a été flagrant que les politiques antérieures nous ont bien plombées. On ne peut donc plus gérer le système de santé comme envisagé juste avant, c’est à dire en réduisant au minimum le service public et en favorisant la privatisation du système de santé. Car la santé n’est pas un bien de consommation, mais un des besoins essentiels de l’être humain. De plus, le problème du Coronavirus ne sera pas régler tout de suite. Nous n’avons pas de traitement vraiment spécifique et efficace, pas de vaccin. Les scientifiques ont encore beaucoup de questions sans réponses concernant ce virus. Nous devrons donc recourir aux gestes barrières et à la distanciation sociale pendant encore un bon moment.

Relocaliser l’économie, penser l’autonomie ?

La fermeture des frontières et le ralentissement des économies de différents pays à échelle mondiale ont causé des problèmes de réapprovisionnement de produits essentiels. Ce qui nous a démontré que la mondialisation de la production n’est pas la solution idéale. Il faudrait voir à relocaliser l’économie. A titre individuel, tendre vers l’autonomie me semble aussi une réflexion intéressante. Il ne s’agit de vivre en autarcie, nous aurons toujours besoin des autres, d’échanges. C’est difficile de tout faire soi-même. Mais il s’agit de reprendre du pouvoir sur nos vies et reconquérir des savoir-faire concernant les biens de consommation essentiels, des choses du quotidien. Je pense par exemple à la nourriture.

La terre nous dit « merci » !

Le ralentissement des activités humaines a aussi permis de réduire la pollution, notamment atmosphérique. On ne peut plus nier l’impact négatif de la surproduction sur notre environnement. Cela va de pair avec le fait de relocaliser l’économie aussi, pour limiter les transports polluants sur de longue distance. De la même façon, nous ne devons pas abandonner les actions concernant le climat à cause de cette crise.

Le télétravail

Si certains employeurs étaient frileux vis à vis de cette solution, le confinement a été l’occasion de le tester. La France est d’ailleurs l’un des pays en Europe où il était le moins développé. C’est un moyen de limiter les long trajet entre le domicile et le lieu de travail, donc la fatigue, le stress et la pollution aussi. En 2016, les télétravailleurs représentaient autour de 16% des travailleurs en France. Alors qu’ils sont entre 25 et 35 % dans les pays anglos-saxons (voir source enquête KRONOS). Enfin cette enquête révèle :

  • une baisse de 5,5 jours par an d’arrêts maladie ;
  • une augmentation du temps de travail de 2,5 % ;
  • une augmentation de la productivité de 22 % ;
  • une réduction de 40 min du temps moyen de trajet domicile-travail ;
  • une augmentation de 45 min du temps moyen de sommeil des salariés.

Alors pourquoi pas développer le télétravail pour les métiers pour lequel cela est possible ?

Vivre avec soi et les autres

Vivre en confinement, c’est vivre H24 avec ses proches ou soi-même, si l’on vit seul. Cette réduction de l’espace vitale et de la diversité des interactions sociales influencent nos relations et notre bien-être. Dans certains cas, cela peut faire ressortir des conflits dans le couple, les amplifier ou nous pousser à nous interroger sur nous-même, notre vie, notre rapport à l’autre et la société dans laquelle on veut vivre. C’est un temps de pause forcée, pour une partie de la population (pas tous les travailleurs), qui nous questionnent.

Ces métiers sous-estimés mais essentiels !

Enfin, cette crise met à l’honneur tous ces métiers sous-estimés et souvent sous-payés et pourtant essentiel à l’économie. Je n’en ferais pas la liste, car je risque d’en oublier et de vexer ceux qui ne seraient pas cités. Merci à vous tous pour les services rendus et les risques encourus. Pourquoi faut-il attendre une crise pour se souvenir d’eux ? Et si on changeait notre regard sur ces métiers et surtout sur la notion de réussite professionnelle.

Conclusion

Voilà quelques unes de mes réflexions… liste non-exhaustive, réflexions surement imparfaites, pas nouvelles non plus, à enrichir. Le confinement est l’occasion de revenir sur certaines d’entre elles. Mais de toute façon ce sont surtout des pistes, des ébauches…. la crise n’est pas finie. Mon point de vue peut donc encore évoluer, alimenté par les faits réels, la tournure des évènements, le témoignage d’autrui…etc.

Intuition, rêves et médiumnité : des expériences surprenantes !

L’intuition, les rêves prémonitoires et la médiumnité sont des sujets, dont je parlais avec prudence. Car tous mes interlocuteurs n’étaient pas forcément réceptifs à ces sujets. Aujourd’hui, j’écris pourtant sans craintes. Car je considère que mettre un tabou sur un sujet, est contre-productif. Cela crée des incompréhensions, des jugements négatifs et des quiproquos nuisibles au vivre ensemble. A l’extrême, cela peut même conduire au rejet et à la discrimination ou laisser le champs libre aux manipulateurs.

Médiumnité : ignorance, peur et préjugés

Ces thèmes touchent au domaine des phénomènes inexpliqués ou pour les plus sceptiques, de la superstition. Et qui dit superstition, dit parfois moqueries ou mise en doute de la crédibilité des personnes ayant vécu ces expériences. Ce qui peut se comprendre, car il y a effectivement quelques personnes de peu de foi dans le lot. Mais pourquoi mettre tout le monde dans le même sac ? N’est-ce pas un jugement hâtif ? Car en réalité les personnes ayant vécu des expériences hors normes sont les premières à douter de ce qu’elles ont vécu. Elles sont souvent les premières à se demander si elles ne sont pas folles ou victimes d’une illusion, d’un hasard fortuit. Elles ne sont pas forcément superstitieuses, mal éduquées ou irrationnelles.

Témoignages

Pourquoi je parle de ce sujet ? Et bien parce que moi-même j’ai vécu des expériences étranges, ainsi que de proches. Heureusement, la parole se libère sur le sujet et on trouve de plus en plus de témoignages écrits sous forme de livres, de blogs ou en vidéo sur Youtube par exemple. Ce sont des Messieurs ou mesdames Toutlemonde, qui un jour sont confrontés à un phénomène extraordinaire, irrationnel ou inexplicable (rêve prémonitoire, intuition, communication avec les défunts, vision, etc). Je me suis reconnue dans certains articles. Ce que j’ai vécu est plus en rapport, avec ce qui touche au domaine des rêves prémonitoires, de l’intuition, des coïncidences troublantes et/ou des synchronicités. Je ne contrôle pas le phénomène. Cela n’arrive pas sur « commande ». Il peut parfois se passer des mois, voire des années entre deux expériences troublantes.

Rêves prémonitoires et intuition, ma propre expérience

J’ai noté certains de mes rêves, les plus intenses. Intense signifie pour moi intense au niveau des perceptions. C’est à dire que le rêve me semblait très proche de la réalité, comme de déambuler dans un autre monde. C’est à dire, qu’il était en couleur, avec parfois des odeurs associées aux lieux, la sensation du toucher et l’espace en 3 dimensions, etc. Je n’y étais pas spectatrice, mais actrice, comme immergée dans un autre univers. Ces rêves sont rares. Mais, suffisamment surprenant, pour que je m’en souvienne. Et dans ce type de songe, je prends conscience à un moment donné de rêver. Mais cela n’interrompt pas toujours l’expérience immédiatement. Je crois que l’on appel ça, le rêve lucide. Il m’arrivait par exemple avec un ami lorsque j’étais adolescente, d’être informée entre 24h et une semaine à l’avance, qu’il allait m’appeler. Cela fonctionnait uniquement pendant les périodes de perte de contact prolongé de contact. J’ai constaté que c’est arrivé bien trop souvent, pour que ce soit seulement une coïncidence. Et toujours dans des circonstances ou rien, ni personne ne pouvait m’avoir informé de son intention d’appeler à l’avance. Cela ne fonctionne pas avec mes autres proches. A part mon mari, pendant l’année où il travaillait sur Paris, alors que j’étais resté en Pays de la Loire. Depuis plusieurs années, je note d’ailleurs mes rêves les plus marquants dans un journal onirique, lucides ou pas, dans un journal. La plupart m’aide à mieux me connaître et quelques uns beaucoup plus rares se révèlent prémonitoires. J’ai remarqué certains élements récurrents, lieux, objets ou personnes dans mes rêves et ce que leurs présences signifient pour moi.

Recherches scientifiques et parole libérée autour de la médiumnité

Je pense qu’il est important de libérer la parole sur ce sujet. Les préjugés, qui circulent à ce propos, n’aident en rien à comprendre ces phénomènes. Ces jugements négatifs ne peuvent pas plus à répondre aux questionnements, de ceux qui les vivent. Heureusement, des scientifiques s’intéressent aussi au sujet et permettent d’aborder la question avec pragmatisme. Je pense dans le domaine du rêve éveillé à Stephen Laberge ou George Romey. Pour la synchronicité, il y a Karl Gustav Jung et le physicien Wolfgang Pauli, etc. Il y a de nombreuses peurs et incompréhensions autour de ces domaines. Il est important de les comprendre et de les écouter, pour ne pas rester bloqué ou s’auto-censurer par crainte du regard des autres.

Et toi as-tu vécu des expériences de ce type ?

A lire aussi :

  • Définition du mot « médium » Wikipedia
  • Médium du latin medius, qui signifie intermédiaire, milieu, au centre. Un médium est perçu comme une personne qui sert d’intermédiaire entre le monde terrestre, matériel et celui des esprits, spirituel.

Débattre, critiquer et s’informer sur le net

L’art du débat est difficile. On ne me l’a pas appris. J’en suis consciente. Et d’ailleurs, cela ne fait pas partie de notre éducation (souvent, y’a des exceptions), tout comme l’art de communiquer. Je ne parle pas de l’art de communiquer des marketeux et des pubards, qui a pour objectif de vendre en utilisant nos émotions pour manipuler nos opinions et créer des « faux » besoins. Je parle de l’art de discuter avec autrui d’un sujet en avançant des arguments contradictoires et en recevant l’opinion d’autrui, sans se sentir blessé, diminué ou attaqué. L’art d’échanger sans chercher à prendre le pouvoir sur autrui ou à combler les failles de son amour propre en voulant forcément avoir raison.

Les difficultés à communiquer sur le web

C’est à dire bien distinguer la critique d’un sujet de celui de sa personne. Ne pas penser, que parce qu’on a pas les mêmes idées, on est en systématiquement en « conflit » ou qu’on remet en question notre personne. Évidement cela dépend du contexte. Mais beaucoup de dialogues, de débats n’ont pas lieu par peur de ce face à face d’idées, reçu comme une attaque personnelle. Beaucoup de conflits naissent aussi sur Internet du fait que la communication y est encore plus sujette a quiproquos que dans la réalité. Cela s’explique par le fait que l’être humain a besoin d’autres signes non-verbaux pour comprendre l’autre. L’écrit seul est parfois lacunaire. Les expressions du visages et le ton comptent autant que le choix des mots. On parle aussi de langage corporel.

L’internaute zappe

Sur le net, le comportement est aussi plutôt au zapping et à la consommation rapide de données. En 2019, le temps moyen passé sur un site Internet était de 2 minutes et 19 secondes (source Blog Orson.io). Nous lisons en diagonale, plutôt ce qui est court et facile à comprendre. Les marketeux parlent d’ailleurs de « snack content » ou « snackable content ». Ce qui ne favorise pas forcément la réflexion en profondeur. Pire encore, parce que nous ne savons pas tenir un débat contradictoire, il peut nous arriver de renoncer à échanger et à vouloir vivre uniquement avec des gens de mêmes opinions. Cela me fait penser à ces beaux principes du développement personnel, qui encouragent à ne fréquenter que des gens dans un état d’esprit positif ou qui sont dans le même état d’esprit ou un « mindset» plus élevé. Inconvénient, mal compris ce principe peut conduire tout simplement à se créer un cercle de personnes, qui vous caressent dans le sens du poil et ne vous présentent que la vision de la vie, qui vous convient. Et c’est ainsi que nous construisons une vision du monde limitée et artificielle. Certes, elle est confortable. Mais dans un tel cadre, nous ne sommes pas remis en question dans nos convictions, au risque de finir par adopter une perception figée et erronée de la vie. La contradiction fait partie de notre existence, même si elle est inconfortable à expérimenter. Ce n’est pas quelque chose de mauvais en soi. Elle nous permet aussi d’évoluer, de prendre conscience de nos erreurs et d’apprendre le vivre ensemble dans le respect de la diversité.

Interpréter ce que dit l’autre

Même si notre interlocuteur choisit les bons mots, il peut nous arriver de mal comprendre. Nous lui donnons la tonalité de notre humeur du moment. Nous comprenons ce qu’il dit en fonction de l’état dans lequel nous sommes. Un état, qui n’est pas forcément palpable par notre interlocuteur, au travers d’un écran sur Internet. Il arrive aussi aux êtres humains de d’attribuer un sens péjoratif ou mélioratif à un mot, en fonction de son histoire personnelle. Par exemple, une personne peut-être susceptible sur le sujet de la paresse ou de prendre du temps pour ne rien faire, parce que dans son enfance, il a été traité de « bon à rien » par un parent maltraitant. Le mot ou le sujet touche une blessure ancienne. Mais son interlocuteur ne le sais pas. Parfois, la personne n’en est elle-même pas consciente. Cela vient de son histoire personnelle. Enfin, nous allons parfois rapidement en conclusion hâtive en nous fiant à nos impressions. Il n’y a pourtant aucune honte à dire « je ne sais pas » et à poser des questions pour vérifier, si ce que nous supposons est juste. Je ne juge personne. Ce sont des erreurs que j’ai faite et que je peux encore faire. Que des proches ont faites. Qui s’observent facilement autour de soi. Mais que nous pouvons corriger en nous observant, en prenant conscience du problème et en choisissant d’agir.

La communication implicite

Parfois, nous entamons un dialogue écrit sur Skype, Messenger ou autre… en pensant que certaines informations sont connues de l’autre ou évidentes. Hors ce n’est pas le cas. L’implicite, c’est une ou des informations qui ne sont pas énoncées en termes clairs et que l’interlocuteur doit comprendre par lui-même. C’est ce qu’on désigne aussi par le terme de sous-entendu. Ce qui donne lieu parfois à de superbes quiproquos. Imaginez une salle fermée avec un groupe de 3 ou 4 personnes autour d’une table entrain de discuter. Une autre arrive et frappe à la porte. Quelqu’un dit : « On frappe à la porte. », pensant que quelqu’un va se lever pour ouvrir. Mais, personne ne bouge. Parce qu’elle n’a pas dit : « Est-ce que quelqu’un peut aller ouvrir ? ». Cela lui semblait évident que sa phrase invitait les autres à aller ouvrir, mais ce n’était pas énoncé clairement. Les autres ne l’ont pas perçu comme une demande claire. Personne n’a bougé.

Internet, vers une communication pauvre et édulcorée ?

Communiquer est un rapport à double sens. Il revient à l’émetteur de s’exprimer clairement. Et en retour, à l’émetteur d’être à l’écoute, de poser des questions ou de demander à faire reformuler si il n’est pas sur d’avoir compris le message. Cela me rappelle aussi les jeux dit du « téléphone arabe » en classe de primaire. L’émetteur murmure un message à l’oreille d’une personne, qui doit le répéter à une autre, puis autre, etc. Et en bout de chaîne malgré le soin apporter par chacun à répéter le plus fidèlement possible le message, celui-ci arrive souvent en bout de chaîne déformé. Bien communiqué n’est pas de soi. Internet est un lieu d’échanges, pourtant je vois les forums passer de mode, les commentaires dans les blogs diminuer et les groupes Facebook ne sont pas vraiment des lieu de dialogues. Il y a souvent quelques membres plus actifs, qui postent et alimentent le fil, et beaucoup de spectateurs. J’avoue préférer les forums. Surtout quand ils ont la forme de groupe de travail ou de réflexion, avec des travaux suivis. On peut voir l’évolution ou constater un résultat concret à la fin, car il y a un objectif à atteindre ou un but à concrétiser.

Il me semble que poster un statut sur les médias sociaux, revient plus aujourd’hui à chercher une forme d’approbation en récoltant des « likes » ou à consommer de l’information. Je peux me tromper. Mais, je crois que ce n’est pas pour rien que les marketeux parlent de « snack content ». On dévore de l’info comme on mange un plat de TUC ou des Curly à l’apéro devant une série TV, le tout arrosé d’une bière. C’est à dire sans y prêter vraiment attention. C’est peut-être de la nostalgie de ma part des premières années du web où nous étions dans l’effervescence du partage de connaissances. Cet outil abolissait les frontières physiques et économiques pour que les idées circulent auprès du plus grand nombre, pour faire évoluer les esprits. Vision idéaliste ?

Paganisme éclectique francophone

Le paganisme* éclectique francophone, qu’est-ce que c’est ? Ce n’est pas une expression nouvelle. Je l’ai déjà entendu au début des années 2000 avec l’émergence du mouvement païen sur le web francophone. Ce concept était parfois dans les débats des premiers forums et sites de l’époque. Il a fallu attendre ces dernières années, pour que j’arrive progressivement à reconnaître suivre une voie éclectique. Une voie qui d’ailleurs pourrait être qualifiée de non-voie, car elle n’est pas une tradition ou une religion particulière, à proprement parlé. C’est plutôt un cheminement individuel. C’est suite à des dialogues et des lectures sur le sujet, j’ai constaté que je n’étais pas la seule dans ce cas en France et dans le monde. Cette attitude n’est pas isolée. Cette non-voie pourrait donc être qualifiée à mon sens, de mouvance. Elle serait caractérisée par des croyances, des comportements ou des valeurs communes aux individus, qui la composent, sans pour autant former une tradition ou une voie particulière.

* Paganisme : terme générique employé depuis le VI siècle par des chrétiens pour désigner la religion de ceux qui ne sont ni chrétiens ni juifs.

Wikipédia

Qu’est-ce que le paganisme éclectique ?

Paganisme éclectique. Je n’ai pas inventé le mot. Il existe déjà depuis un moment et d’autres personnes ont déjà essayé de le définir. Pourquoi éclectique ? Et bien parce que cela signifie : qui emprunte des éléments à plusieurs systèmes. Hors un païen éclectique, de ce que j’ai pu expérimenté et voir, nourrit sa pratique en puisant dans plusieurs traditions, religions ou philosophie. Ce qui ne signifie pas créer sa propre religion, ni forcément engendrer quelque chose d’incohérent ou de chaotique. Pas de jugement hâtif. C’est du cas par cas. Ce n’est pas non plus de la Wicca éclectique. Car dans cette expression, il y a le mot Wicca, qui est une tradition particulière. Même si cette voie semble bigarrée, car elle a emprunté de ces éléments à plusieurs sources. C’est une voie particulière. Elle a ses fondateurs et ses écoles. Hors le paganisme éclectique se définit comme universaliste, non-confessionnel et ne suivant aucune tradition particulière. Un païen éclectique n’est donc pas un wiccan éclectique. Il serait tentant de faire l’amalgame. Les frontières ne sont pas toujours bien étanches entre les deux.

paganisme éclectique francophone

Les caractéristiques d’une spiritualité païenne éclectique

Si je peux définir le paganisme éclectique et m’y sentir liée, c’est parce que cet art de vivre spirituel est partagé par d’autres en France et en dehors. Il n’existe pas de chef de file, ni de leader, ni de textes de références précis, ni de règles dans la pratique, de hiérarchies ou de cheminement précis à suivre. Pourtant, malgré cette absence de cadre, un ensemble d’individus partage une approche commune concernant la spiritualité. Parce qu’il ne possède pas de dirigeant(e) ou de fondateur(trice), ce mouvement est dit informel. Il est aussi qualifié d’individuel, car ce qui compte est le rapport ou l’expérience directe de l’individu avec le spirituel. Ci-dessous, j’ai listé des points ou des caractéristiques communes concernant le paganisme éclectique, que j’ai pu observer :

  • universaliste ou non-confessionnel,
  • informel et individuel,
  • ne suit aucune tradition particulière
  • respect pour les anciens dieux,
  • participation à une vision du monde magique,
  • respect et/ou vénération de la nature, proche d’une forme de religion de la terre.

Les valeurs du paganisme éclectique

Les valeurs citées ci-dessous sont les valeurs communes. Après la liste peut être étendue selon les individus et cet inventaire est non-exhaustif. Il a été établi d’après mon observation. C’est ce qu’il me semble, qu’on retrouve le plus souvent d’une personne à l’autre. Ce que nous avons de communs. Pragmatisme, tolérance, connaissance et respect.

Pragmatisme

Il n’est adopté comme croyance ou comme pratique, que ce qui fonctionne réellement pour l’individu et qui est cohérent avec son expérience quotidienne. Ceci implique des débats contradictoires avec d’autres individus, quand les avis divergent. Il ne s’agit pas d’adopter des idées parce qu’elles semblent belles, héritées des anciens, séduisantes ou populaires, mais de réellement agir et se confronter au réel ou au concret avant de faire sienne une croyance ou une pratique

La tolérance

Chaque individu a le droit de suivre son propre chemin. Il n’est pas du devoir d’un païen éclectique d’instruire ou de corriger les croyances des autres. Le paganisme éclectique n’est pas prosélyte, ni missionnaire. Ceci n’interdit pas de partager son expérience sous forme de conseils, de témoignages ou d’enseignement, si cela est demandé et tant que la liberté de conscience est respectée. Il existe un nombre infini de chemins vers le divin et que chaque chemin individuel est le leur, seul, à parcourir.

La connaissance

Chaque individu a la responsabilité de s’instruire aussi complètement que possible sur les traditions, qu’il utilise comme sources. Ceci peut signifier de suivre des cours, questionner d’autres pratiquants, vérifier ses sources ou les faits. Il est de la responsabilité de chacun de savoir en quoi ses croyances et ses pratiques individuelles peuvent différer des croyances et pratiques anciennes ou étrangères, d’autres cultures, dont il s’inspire. Il est aussi important d’être conscient de ne pas tomber dans le travers de l’appropriation culturelle.

Le respect

Cette notion va de pair avec la tolérance et la connaissance. S’instruire sur une tradition et ses sources se fait par respect et tolérance pour ceux qui l’ont pratiqué par le passé ou la pratique encore. Il n’y a rien de mal à adapter les pratiques d’une autre foi à son contexte. Mais il est irrespectueux et malhonnête d’essayer ensuite d’enseigner que ses propres méthodes et concepts adaptés à son usage sont les mêmes que ceux enseignés par les traditions, qui leur ont servis de sources.

Le danger de l’appropriation culturelle

Avoir mis en mot ce que représente le paganisme éclectique me permet aujourd’hui de dire que j’en suis. Et pour une fois, cette étiquette certes large, fourre-tout et imparfaite, me convient très bien. Elle a des qualités et des défauts. L’une de ses principales faiblesses ou je dirais écueil, est l’appropriation culturelle. Cette expression, à l’origine, désigne l’utilisation d’éléments d’une culture par les membres d’une culture jugée « dominante ». Il peut s’agir de l’appropriation d’éléments matériels et immatériels telles que des symboles, des objets, des idées, ou dans le cas qui nous concerne des divinités, des pratiques religieuses, chamaniques ou magiques, etc. Ce terme a une connotation péjorative. Elle est ainsi perçue comme une forme d’oppression et de spoliation par la culture « minoritaire ». Elle peut avoir une connotation raciste et participer à la perte d’identité des membres de la communauté spoliée. Cependant, il ne faut pas oublier qu’historiquement l’appropriation culturelle est aussi une étape à part entière de l’évolution et du contact entre les différentes cultures. A bien y réfléchir, on constate très vite au regard de l’histoire de l’humanité que ce concept, dans sa vision péjorative, entre en conflit avec la tendance des cultures à se nourrir les unes des autres. Dans sa version extrême, elle peut conduire à une certaine forme de conservatisme, dont l’objectif serait de s’opposer à toute forme d’interaction, d’échange et de partage avec d’autres communautés. Sa conséquence serait d’aboutir à une sorte de fermeture aux autres, voire de rejet et d’intolérance. Il est donc important pour les païens éclectiques d’être conscients de ce problème et d’être prudents, honnêtes et respectueux envers les autres traditions, qui nourrissent leur cheminement spirituel.

L’exode des auteurs païens du site Patheos suite à son rachat par une entreprise de droite

Peut-être en as-tu entendu parlé ? J’avoue mettre mise à l’écart des actualités païennes francophones pendant plusieurs mois et internationales encore plus. Cette affaire date de fin 2016 et s’étend jusqu’à début 2018. Elle m’a totalement échappé. Comme je suppose que je ne suis peut-être pas la seule, j’ai décidé d’en parler ici à titre informatif. Et tant pis, si j’ai l’air de débarqué avec un truc un peu ancien… Ses informations viennent de la pétition de 20 auteurs païens de Patheos, qui se sont mobilisés et des articles de l’un d’entre eux sur cette affaire. Les liens seront mis en bas de page.

Le rachat de Patheos par une entreprise de droite évangélique

C’est en septembre 2016, que Patheos a été acheté par Beliefnet, qui appartient à une organisation évangélique, BN Media. Au moment du rachat, certains auteurs de la mouvance païenne se sont inquiétés de cette acquisition. En effet, l’un d’entre eux Gus DiZerega venait d’être censuré par Beliefnet. En réponse à ces inquiétudes en janvier 2017, les contributeurs avaient reçus l’assurance de Beliefnet, que rien ne changerait. Dans le même temps, ils furent invités à signer un nouveau contrat avec Patheos. Mais, ils leur étaient imposés de signer dans les deux jours après réception et ce contrat n’était pas un renouvellement de l’ancien, mais une modification des termes de l’ancien. Il comprenait notamment un contrôle éditorial considérablement accru sur les rédacteurs de Patheos. En outre, le nouveau contrat interdisait explicitement le dénigrement de Patheos ou de toute société liée. Ceci explique que l’affaire n’a pas été relayée sur Patheos ou de façon très édulcorée. Donc elle a pu échapper aux lecteurs francophones occasionnels de ce média.

Les liens entre Beliefnet et des organisations de droite

Ceci les a incité à mener une enquête sur les entreprises de Beliefnet, révélant que Patheos était désormais lié à plusieurs organisations de droite, évangélistes et pro-armement, y compris la National Rifle Association, la Billy Graham Evangelistic Association, Focus on the Family, Guns owners of America, Promise Keepers, Concerned Women for America, American Family Association et American Center of Law & Justice.

Pour beaucoup d’auteurs païens écrivant chez Patheos, ces affiliations étaient moralement problématiques. Par exemple la connexion entre Patheos et l’ACLJ. Patheos et Affinity4 sont des marques de BN Media. Affinity4 canalise les collectes de fond de l’ACLJ. En outre, Jeremy McGee, président et chef de l’exploitation de Patheos, a également siégé au conseil d’administration d’Affinity4, aux côtés de Jay Sekulow, avocat principal de l’ACLJ. L’ACLJ promeut la criminalisation de l’homosexualité en Afrique. Un fait qui entre en conflit avec les valeurs défendues par les auteurs païens de Patheos.

L’exode des auteurs païens

Courant mars 2017, environ 16 blogueurs actifs avaient quitté Patheos. 20 blogueurs toujours présents et des anciens auteurs avaient demandé à ce que leurs écrits soient supprimés du site (cf. Update on the pagan exodus, blog Allergic Pagan). Malgré cela certains auteurs sont restés, comme par exemple John Beckett, qui a écrit sur le sujet de l’exode païens sur Patheos. Mais lorsqu’on lit son article, on sent un ton trop «politiquement correct ». En 2018, quelques semaines après qu’il ai écrit qu’il n’y avait pas de censure sur Patheos. Un auteur de la section évangéliste de Patheos, Warren Throckmorton, a été viré de Patheos sans raison explicite à part que ces écrits ne correspondent plus aux «objectifs stratégiques» de Patheos (cf.lien ci-dessous). Bien que celui-ci soupçonne qu’un de ses articles critiques sur la NRA en soit la cause.

Sources
Update on the Patheos Exodus, Blog Allergic Pagan, février 2017
Lettre ouverte de départ adressée à Patheos Pagan, Blog Allergic Pagan, février 2017
Pétition (fermée) des auteurs païens de Patheos, change.org
6 Reason Why John Beckett is a Tool: Reflections on the Pagan Exodus from Patheos
The Blog at Patheos is “410 Gone”,Warren Throckmorton
Beliefnet Announces Acquisition Of Patheos , septembre 2016
Why Did Over A Dozen Bloggers Leave Patheos?, Huffpost juin 2017
Beliefnet acquires Patheos; Pagan bloggers guardedly optimistic, The Wildhunt

Vivre une spiritualité de son époque en cohérence avec soi-même

Mon cheminement ne rentre plus dans un cadre ou une tradition précise. C’est un fait, que je vis désormais très bien. Je dirais même que j’en suis fière, après avoir longtemps douté et craint de m’égarer. Je n’ai plus besoin d’étiquette pour me définir. J’ai lâché prise dur mes croyances négatives à ce sujet. Et même si je suis plus proche en ce moment des manifestations de « ce qui est divin » de là où je vis. Ma spiritualité n’est ni celtique, ni indo-européenne, ni gallo-romaine, ni ancestrale, ni locale ou que sais-je encore. Cela te surprend peut-être ? Si vraiment, il fallait que je la définisse, je dirais qu’elle est de son époque, comme celles de nos ancêtres étaient de la leur. Ils vivaient au présent. Je vis au présent. Car, si on devrait vraiment suivre les pas de nos ancêtres, pas certain que ça donne une tradition précise à l’arrivée. Cela devrait même être plus proche, je pense d’un paganisme éclectique. Je m’explique…

La généalogie pour expliquer la spiritualité ?

Hommage à ma tante passionnée de généalogie…

Il y a plus de 20 ans maintenant, que la généalogie est entrée dans ma vie. Ma tante, une institutrice passionnée d’histoire locale et de généalogie, avait fait notre arbre paternel. C’est elle qui m’a enseigné les notions de bases nécessaires à cette quête. J’ai encore ses notes, rédigées dans une écriture parfaite, faites de pleins et de déliés impeccables. J’ai conservé aussi son schéma m’expliquant la numérotation Sosa-Stradonitz. Je me souviens du jour où je suis allé chez elle à ce sujet. Elle avait les yeux pétillants de joie à l’idée de transmettre sa passion, à un autre membre de la famille. Que ton âme repose en paix tantine. Tu as su passer le flambeau à la génération suivante. Comme personne ne s’était occupé de ma branche maternelle, j’ai décidé de m’en charger. Ces recherches se sont étalées sur plusieurs années, en fonction de mon temps libre. Aujourd’hui, j’ai retrouvé la trace d’un peux plus de 1000 de mes ascendants maternels.

Arbre généalogique, recherche d'ancêtres
Exemples d’arbres généalogiques

Une histoire de choix

Au passage, j’ai cherché aussi le sens des noms de famille, donc leurs étymologies. Ceci m’a permit de constater concrètement, la diversité culturelle de mes racines. Je suis issue d’une longue lignée de personnes ayant vécu en territoire celte picton au sud de Nantes, dans un territoire qui devait vraisemblablement appartenir aux ambilatres (Pays de Retz, Vendée). Donc, si je devais suivre la voie de mes ancêtres, ma tradition serait celtique ou druidique. Sauf que… pourquoi devrais-je m’arrêter spécifiquement à cette période de l’histoire ? Qu’est-ce qui rend plus légitime de commencer l’histoire de ses ancêtres à ce moment là et pas à un autre ? Rien. Je pourrais très bien aussi prendre la tradition romaine, car cette religion a aussi été pratiquée sur ce territoire durant l’antiquité ou bien encore être protestante. Car il y a eu aussi des foyers de protestantisme (durement réprimé) dans ce territoire. Il n’y a pas eu d’élection officielle de la période historique la plus valeureuse, pour déterminer l’une d’elles comme la meilleure. C’est un choix subjectif ou une préférence personnelle, que de s’arrêter sur une période plus qu’une autre. Le raisonnement rationnel n’a rien à voir là-dedans.

L’opposition au monothéisme comme motivation ?

Quoi que, je connais bien une motivation, qui peut chez certaines personnes, amener à ce choix. L’opposition au christianisme. Car le druidisme ou la tradition celtique est celle de mes ancêtres avant la christianisation. Mais alors, cela signifie que ce choix se fait par rapport à eux. Ce serais un choix par dépit… quel dommage ! Personnellement, je ne me définis pas ma spiritualité par par rapport aux religions du livre. Et toi ?

Des noms porteurs d’histoire

Il y a dans les noms de mes ascendants, ainsi que dans les noms de lieux où ils ont vécu des traces de langues germaniques, gasconnes et latines, peut-être même anglo-saxonne. Ma nièce par son père semble avoir des ancêtres espagnols, arrivés peut-être depuis la côte Atlantique à Noirmoutier. Je n’ai pas fini mes recherches. Et les archives ne permettent pas de tout savoir. Si je devais avoir une spiritualité conforme à celle de mes ancêtres, je me retrouverai en faite avec un patchwork de divinités. Mon panthéon devrait faire des emprunts peut-être à toute l’Europe continentale, peut-être même le bassin Méditerranéen et peut-être d’ailleurs. Bref un truc qui ressemblerait plus à du paganisme éclectique, qu’à une tradition ancienne en particulière. D’ailleurs en quoi mes aïeuls pictons auraient-il plus d’influence sur moi, que les gascons, les gallo-romains ou les germaniques, ou encore ceux dont je ne soupçonne pas l’existence faute de traces écrites ? Rien. Cette préférence ou cette affinité est propre à chacun.

Quand les divinités voyagent avec les hommes

L’étude de l’étymologie des lieux-dits en lien avec les divinités m’a appris une chose. Les noms de lieux évoluent en fonction des civilisations et des populations, qui les habitent. Et on peut donc très bien avoir adoré une divinité indo-européenne en un lieu, puis une celtique a pris sa place, puis une gallo-romaine et puis en arriver même à un saint chrétien. Souvent, elles peuvent partager des points communs, car on efface pas si facilement les habitudes. L’exportation des divinités à l’époque gallo-romain a aussi montré, qu’elles ne s’attachent pas forcément à un lieu et voyagent aussi avec les hommes. Les mouvements migratoires plus récent le montrent aussi. Je pense aux hindous. Par exemple, Kali, Ganesh et Durga ne sont pas restés attachés au continent asiatique. Ils sont aussi là où leurs fidèles se sont implantés. Le shinto japonais, dont pourtant les esprits sont très attachés aux lieux, possède un temple en Europe implanté il y a 35 ans à Amsterdam (Japanese Dutch Shinzen Foundation). Le vaudou est une tradition dont les racines sont africaines. Mais ces divinités ont voyagé avec les populations déplacées de force, par la traite négrière, jusqu’en Amérique. Et elles s’y sont implantées. Alors les divinités attachées à un sol, vraiment ? L’histoire de l’humanité me démontre, que ce n’est pas si simple que cela. Prenez un jeune homme blanc américain, qui a des origines irlandaises, françaises et cherokee. Si il prend la tradition du sol, sa religion devrait être amérindienne. Si il prend celle de ses ancêtres, il va se retrouver partagé entre du christianisme, de la tradition celte, peut-être un peu de germanique, du gallo-romain et que sais-je d’autres. Tu comprends le dilemme ?

Série TV inspirée du livre American Gods
Série Tv inspirée du livre American Gods
Les dieux Anansi, Efrit, Baldr, Odin, Lugh, Thot et les humains Laura et Salim

Et notre époque ?

Si les époques précédentes ont vu leurs cultures évoluer avec les mouvements migratoires, les guerres, les invasions ou encore la politique, etc. Notre époque a une autre forme d’influence le commerce mondiale ou la mondialisation et Internet. Je ne suis pas là pour en faire l’éloge. Je connais aussi ces impacts négatifs et j’en suis aussi critique. Mais, c’est un fait. C’est un phénomène que je ne peut pas nier, jusque parce que ça me déplaît. Il est propre à notre époque et il entraîne un brassage d’idées, d’influences culturelles et aussi spirituels sans précédents. Ce qui signifie aussi que nous sommes mis en contact avec des idées et des formes de spiritualités venant de toute la planète, sans forcément nous déplacer. Ceci explique donc que des personnes puissent être mise en contact et adhérer à des spiritualités, ni de leur sol, ni de leurs ancêtres. C’est propre à notre époque. Je ne dis pas que c’est bien ou mal. Ici, je constate un fait. Nos ancêtres vivaient selon leurs époques et ce qu’ils s’y passaient, donc ces personnes font comme eux. Elles vivent selon les caractéristiques de leur époque et ses grands courants d’influence. Sans copier la tradition de leurs ancêtres, elles vivent pourtant avec la même logique. C’est à dire vivre avec son temps.

L’identité est une construction

Je reconnais que mon héritage spirituel est bigarré et issus de diverses influences. C’est une réalité. Un fait. Je n’ai donc pas honte de cela. Je ne suis pas moins légitime, ni inférieure à d’autres, parce que mon chemin est le reflet de ce patchwork d’influences. Je suis l’héritière de populations et de leurs cultures, qui ce sont affrontées et qui se sont mélangées. J’expérimente « ce qui est divin » au quotidien, car la vie est ma plus grande enseignante. Je vis au XXI ème siècle avec ce que cela implique de bouleversements culturels. Ce qui fait que je suis une (moi) et multiple, car le fruit de multiples héritages et de mes expériences.

Tout est en mouvement…

N’est-ce pas un enseignement du paganisme, que de nous rappeler que la vie est un perpétuel mouvement ? L’existence est une suite de changements et d’évolutions. Rien n’est fixe. Les civilisations naissent et meurent aussi. C’est le grand cycle vie, mort, et renaissance. Je pourrais aussi ajouter, que l’identité culturelle (spirituelle aussi) est une construction et prendre la suite des articles sur l’identité, que je n’ai pas fini (article 1, article 2). Car il y a des liens entre cet article et cette notion. Mais, le sujet est dense. Mes connaissances sont encore fragiles et légères sur le thème de l’identité. Je préfère donc prendre le temps d’étudier et de réfléchir, pour revenir sur ce sujet.

Respecter la liberté de conscience

Je n’ai rien contre les traditions anciennes ancestrales, locales, du pagus, etc. J’ai des amies dans ces voies et je me prend pas la tête avec elles. Le respect est présent. Je n’ai aucune envie de les faire changer de voie et elles non plus. Car nos choix sont aussi dignes de respect les uns que les autres. Non, ce qui me gêne en fait, c’est sous couvert de donner des « bons conseils » de sagesse, de formuler des injonctions à suivre une voie plus qu’une autre, parce qu’elle serait plus légitime. Ces formules toutes faites sont faciles à reconnaître, car elles emploient l’impératif présent et/ou utilisent les verbe « devoir » et « falloir ».

Je te souhaite de pouvoir expérimenter librement et de vivre la voie, qui te correspond.

A lire dans un thème proche :
The gods call who they call sur Patheos Pagan
Exploring the origins of religion sur Patheos Pagan
– Learning to trust your experience sur Patheos Pagan
Believe Your Experiences – Wisdom From The Shredded Veil sur Patheos Pagan

Les discours moralisateurs déguisés néo-païens

La morale est une notion autant glorifiée que décriée. Et dans la sphère néo-païenne, il est difficile d’échapper à la critique de celle des religions du livre. Ce qui se conçoit assez aisément (passé houleux, condamnations, etc). Je suis pas fan non plus. Mais, là où ça devient comique, c’est quand les allergiques à la morale judéo-chrétienne s’expriment eux-même, avec des discours moralisateurs. On ne s’en rend pas forcément compte. Je l’ai fait aussi à mes débuts. Une erreur de débutant donc. Ou de non-initié ? De candides ? Choisissez le terme qui vous convient. Personnellement aujourd’hui, je ris de mes anciens éditos ou des échanges tenus sur d’anciens projets. Ceci, il y a plus de 10 ans. Je ris et je me trouve ridicule, quand je les relis. Et tant mieux. Avec le recul, je comprend pourquoi il m’a fallu passer par cette phase pour évoluer. Alors, aujourd’hui on va parler de ce petit défaut ou de cet écueil sans tabou. C’est à dire critiquer les moralisateurs en ayant soi-même un discours moralisateur.

La projection de notre propre aspect moralisateur

Je vous propose de commencer par un retour sur la définition de moralisateur.

Moralisateur : qui a une intention édifiante, qui vise à donner des leçons ou qui défend un certain point de vue sur les mœurs, les principes et la conduite à tenir. Relatif à la distinction entre ce qui est bien et mal.

Le milieu néo-païen est assez allergique à la morale dite judéo-chrétienne. Ce qui peut se comprendre au vu des conflits passés et présents. De plus, les spiritualités, qui ne relève pas des religions du livre, sont globalement condamnées par les institutions de celles-ci. Cela ne permet pas un dialogue serein. Pourtant, il existe aussi des principes moraux païens, selon les traditions. Donc la notion de morale n’est pas absente non plus de la culture néo-païenne héritière des anciennes traditions. Je vous renvoie aux ouvrages sur la morale dans l’antiquité grecque, romaine et l’Europe en général. Je ferai pas une dissertation ou un essai là-dessus.

Le pote Christ, film Dogma

Mais là où ça devient comique, c’est quand nous (ndlr : moi et d’autres païens j’entends) formulons des conseils ou des « vous devriez faire», « vous devriez essayer » « Cherchez-vous » et autres formules à l’impératif présent à l’encontre d’autres païens. Le fond de ces discours peut-être aussi moralisateurs, que celui des monothéistes. On en revient au problème soulevé dans l’article précédent,  Être bien avec sa spiritualité… et foutre la paix aux autres. C’est à dire que : « C’est pas parce que tu es heureux et épanoui sur ta voie, que celle-ci est la plus vrai ou la plus authentique, et que par conséquent tout le monde devrait la suivre. » Souvent, la critique adressée sur un comportement de l’autre (ici l’aspect moralisateur judéo-chrétien) est le reflet d’une attitude en nous, que nous ne supportons pas ou ne voulons pas voir (notre propre côté moralisateur). En psychologie, c’est ce qu’on appelle l’ombre. Il s’agit de la la projection de nos défauts sur les autres. Je vous renvoie à cet article si vous ne savez pas ce que c’est : l’archétype de l’ombre. L’archétype de l’ombre est d’ailleurs présent dans les mythes et les processus initiatiques anciens, sous d’autres noms, évidement.

« De deux choses l’une, nous connaissons notre ombre ou ne la connaissons pas ; dans ce dernier cas, il arrive souvent que nous ayons un ennemi personnel sur lequel nous projetons notre Ombre dont nous le chargeons gratuitement, et qui à nos yeux, la porte comme si elle était sienne, et auquel en incombe l’entière responsabilité ; c’est notre bête noire, que nous vilipendons et à laquelle nous reprochons tous les défauts, toutes les noirceurs et tous les vices qui nous appartiennent en propre ! Nous devrions endosser une bonne part des reproches dont nous accablons autrui ! Au lieu de cela, nous agissons comme s’il nous était possible, ainsi, de nous libérer de notre Ombre ; c’est l’éternelle histoire de la paille et de la poutre. »

C.G.Jung — L’homme à la découverte de son âme, Éd. Mont-Blanc, 4e éd., p. 380.

Je suis plus dans le vrai que toi… ou pas !

Nous en revenons aussi au bon vieux conflit des détenteurs de vérité. C’est à dire, se croire plus dans le vrai que l’autre, aussi plus légitime. Et par conséquent, se sentir en devoir de chercher à lui faire adopter notre point de vue ou de lui enseigner ce qu’il y a de mieux, pour son bien. Parce qu’en général on tient ce type de discours en toute bonne foi et en croyant « bien » faire. Moi la première, je pensais être sur la bonne voie. Maintenant, je ris de mes conneries. A cela s’ajoute la fait de vouloir avoir raison ou le dernier mot… ça flatte l’égo, ça permet d’asseoir son autorité vis à vis des autres de se positionner en dispensateur de la « bonne parole » ou en « sage ». Ah le fantasme du sage ! On pourrait écrire un article à ce sujet, d’autres l’appellent aussi « l’égo spirituel ».

Extrait de la série TV Lucifer

L’initiation, c’est occupe-toi de ton cul avant celui des autres !

Certes mon titre est vulgaire ! Et je l’assume. Parce parfois un bon électrochoc est nécessaire pour frapper les esprits. Si tu as lu la devise ou les valeurs de ce blog, tu auras vu qu’il y l’autonomie et la liberté d’expression. Deux choses pas faciles à pratiquer dans sa vie quotidienne et à défendre dans le domaine de la spiritualité et/ou de la religion. Pourquoi ? Sûrement parce que longtemps religion et pouvoir ont été associés (et le sont encore). Avoir la main mise sur la spiritualité, le dire « quoi faire » ou « ne pas faire » est une façon de les influencer et un moyen d’avoir de l’emprise sur lui. Ne croyez pas que les gens désintéressés, qui ne vendent pas leurs enseignements, sont immunisés contre ce genre de dérive. Et a contrario, tous ceux qui ont un business dans le domaine spirituel, ne sont pas forcément des manipulateurs. Ce serait trop simple et caricaturale d’avoir deux catégories, qu’on distinguerait juste sur le critère de le fait d’avoir un commerce. D’ailleurs, je ne suis pas certaine, que dans les civlisations antiques commerce (argent) et religion n’aient pas été mêlées (sujet à creuser plus tard…).

Être initié, c’est pas se donner le droit de juger les autres

Pour moi, sincèrement, choisir une voie spirituelle, c’est surtout l’aspect initiatique, se transformer soi-même et évoluer qui compte. Alors il m’a fallut au fil du temps prendre conscience que chercher à changer les autres, leur dire quoi faire au vu de ma propre expérience, ce n’était pas la chose à faire. Cela ne servait à rien. Je devais d’abord me changer moi-même et leur foutre la paix ! Car je ne suis pas responsable de leurs vies. Ensuite, on ne peut pas aider quelqu’un contre sa volonté. Conseiller ou donner son opinion, c’est pas interdit, si l’autre en fait la demande. Il ne s’agit pas de se censurer. Mais, c’est la manière d’exprimer son opinion et de se positionner vis à vis de l’autre, qui peut poser problème. Il est facile bardé de bonnes intentions de déraper d’une volonté de conseil à de la moralisation.

Le fléau de l’uniformisation

L’écueil dans lequel il est difficile de ne pas tomber, c’est aussi d’uniformiser nos façons de penser sous prétexte de vouloir se rassembler. La diversité est quelque chose de précieux dans nos spiritualités. C’est difficile à gérer de devoir composer avec des individus aux opinions opposés ou aux choix, qui me semblent critiquables. Pourtant, c’est ainsi que je peux concrétiser le fait de défendre la liberté de conscience, l’autonomie spirituelle et la liberté d’expression. Pratiquer ces principes n’a rien de confortable. Cela demande de se remettre soi-même en cause, plutôt que de redresser les tords des autres.

En guise de conclusion

Je ne peux m’empêcher de reprendre ici une citation. Cette dernière, un jour, m’a donné la claque qu’il me fallait pour ouvrir les yeux. Je sais que c’est à la mode sur les médias sociaux de balancer son panneau de « bonne morale » ou de « sagesse » sur son mur. Et je commence à en user avec plus de prudence, voire à m’en méfier. Parce c’est de la pensée en boîte ou du « prêt-à-penser ». Mais bon… c’est un truc qui me tient sincèrement à cœur. Et si tu l’aimes pas, c’est pas grave. Je vis très bien le fait de proposer des articles, qui ne plaisent pas à tout le monde.

« Du moment que certaines paroles nous plaisent, nous les reprenons à notre compte comme si nous en avions l’expérience et notre pensée réelle, vivante, spontanée, est remplacée par la pensée de nos parents, la pensée de nos maîtres, la pensée de ceux que nous avons admirés dans notre adolescence, la pensée de ceux dont les livres nous ont influencés. »

Extrait de « Bienvenue sur la voie » – Arnaud Desjardins

Être bien avec sa spiritualité… et foutre la paix aux autres !

La spiritualité est un rapport intime et personnel à « ce qui est divin » (dieu, déesses, les divinités, le grand tout, le grand architecte, etc). C’est en cela qu’est sa grande différence avec les religions,  qui sont des institutions pensées pour gérer l’aspect collectif ou communautaire. Ce qui ne signifie pas que l’aspect collectif et la relation à l’autre soit absent de la spiritualité. Mais à mon sens,  ce n’est pas sa caractéristique principale. Et si cela est personnel, c’est donc subjectif (relatif au sujet). Il faudrait être l’autre pour réellement vivre et comprendre son rapport à la tradition, à la philosophie et/ou aux divinités suivies. J’utilise le verbe « suivre » et pas « choisir ». Parce que cette adhésion ne relève pas toujours d’un choix. Ce n’est pas forcément comme choisir ses petites culottes au rayon lingerie par goût personnel, envie de plaire ou pour suivre la mode. Nous ne sommes pas dans les chaussures de l’autre pour décider à sa place, quelle foi devrait mieux lui convenir (en  particulier en sa basant sur des échanges web). Pourtant, il m’est arrivé de porter des jugements de ce type envers autrui et j’ai compris mon erreur. Et il m’arrive de lire encore des réflexions dans le monde néo-païen de ce type. Alors que la seule chose dont nous soyons vraiment responsables , c’est gérer notre vie pas celle des autres. Alors pourquoi continuer à se mêler de ce qui ne nous regarde pas et à croire mieux savoir que l’autre, ce qui lui  convient ?

Marcher dans les chaussures de celui que tu juges…

Il y a des débats, qui sont assez récurrents dans le monde (néo-)païen contemporain. Par exemple, il y a celui de penser que la spiritualité du sol où on vit ou de nos ancêtres devraient être celle, qui nous conviendraient le mieux. Ou bien que adhérer à une foi étrangère est une erreur, un choix exotique, un effet de mode, ou encore que la wicca éclectique c’est du bloubiboulga, etc. Je dis pas que ça puisses pas arriver. Le problème, c’est qu’on est pas dans la tête de la personne pour pouvoir en juger. On ne connait pas forcément son histoire, ses attentes, ses besoins, ni son devenir et ce qu’elle va tirer de cette expérience. Ensuite, on ne peut pas faire une généralité de quelques cas, parce que c’est comme ça qu’on fabrique un préjugé. Cet apriori peut lui même devenir un prétexte à moqueries et à discriminations. Et sincèrement, dans notre histoire, le paganisme a été suffisamment brimé, moqué et victime d’apriori, pour que cela nous servent de leçon. En théorie. En pratique, effectivement nous sommes comme les autres êtres humains, une mémoire courte et des erreurs qui se répètent, etc. Je ne dis pas ça pour faire un procès, c’est un constat. J’ai aussi agi de la sorte et je pourrais encore le faire. C’est aussi mon mea culpa. C’est aussi ma leçon de vie à intégrer au quotidien.

La spiritualité qui te convient, n’est pas celle qu’il y a de mieux…

C’est parce que j’en ai fais l’expérience et que je pourrai encore faire cette erreur, que je peux en parler. Je n’ai pas de tabou sur le sujet. Je ne me crois pas meilleure que toi dans ce domaine. Vivre une spiritualité païenne contemporaine, c’est aussi cela. C’est à dire se regarder dans le miroir et y voir son côté monstrueux, détestable, sombre ou ses erreurs. L’initiation n’est pas qu’un rituel sympa, que je vis le temps de quelques réunions dans les bois avec des amis en robe de lin et des couronnes de fleurs. Je caricature bien sûr 😉 . C’est aussi un travail introspectif. Et ce n’est pas parce que le sujet dérange, qu’on doit faire comme si de rien n’était, parce que tout le monde le fait. Oui, tout le monde l’a au moins fait une fois dans sa vie et moi plusieurs, que ce soit en se pensant ou pas bien intentionné. Car il est possible d’agir de la sorte en se pensant bien intentionné ou dans le « vrai« . En cela, nous ne sommes pas si éloigné du comportement de certains monothéistes, dont nous critiquons l’acharnement à vouloir nous ramener dans le « droit » chemin. Parfois, nous jugeons les choix des autres comme des erreurs et nous aimerions bien les amener sur notre « chemin », parce qu’il semble à nos yeux plus vrai, plus authentique ou plus cohérent. Mais cohérent avec quoi ? Simplement avec notre propre vie et nos propres expériences, qui ne sont pas celles de l’autre. C’est pas parce que tu es heureux et épanoui sur ta voie, que celle-ci est la plus vrai ou la plus authentique, et que par conséquent tout le monde devrait la suivre.

Se tromper fait partie de l’initiation et de la vie

D’autre part, les erreurs font partie de l’expérience. Il est utile d’en faire pour apprendre. Alors quand bien même un choix que je juge erroné pour l’autre, le serait vraiment, cela peut se révéler formateur et une étape nécessaire à sa progression. Notre point de vue n’est qu’un angle de vision sur une situation, qui en comporte plusieurs. Je ne dis pas qu’on a pas le droit d’avoir des opinions. Mais il me semble malsain d’en faire des jugements sur la valeur d’une personne ou de ses choix. Formulé autrement, tu peux dire par exemple « je pense que les traditions liées au sol sont plus appropriées », mais pas « tu devrais étudier ces traditions plutôt que celles-là, car ton choix est incohérent, inapproprié, etc ». La subtilité est dans la formulation. Mais elle a son importance. Dans le premier cas on donne son avis, qui est subjectif, la personne est libre de suivre ou pas. Dans l’autre on se pose en juge et censeur, utilisant la formulation « devoir » pour inciter fortement l’autre à suivre son avis quitte à nier sa liberté de conscience.

Ne pas intervenir sauf si…

Attention, je parle ici des choix de traditions, de voies ou de pratiques, qui n’entrainent pas de conséquences graves. Par là j’entends une aliénation mentale vis à vis d’un gourou, de porter une atteinte physique ou psychique à soi-même ou à autrui, à une personne mineure, d’enfreindre les lois, etc. Dans ces cas là évidement, ça devient légitime d’intervenir, pour éviter un drame ou un accident.

Est-ce qu’on choisit ou est-ce qu’on est choisi ?

Les cheminements sont parfois simples, parfois complexes, et surtout variés. Ils sont propres à chacun avec des points communs. C’est ce que j’ai pu observé lors de mes différentes expériences en suivant la formation d’autres personnes dans la tradition égyptienne, puis la voie de la déesse. La formulation « pourquoi tu as choisi telle voie, plutôt qu’une autre » me semble pas forcément appropriée. Car cela ne se passe pas comme une séance shopping où tu choisis un tee-shirt par goût personnel, envie de plaire ou pour suivre la mode. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de mode aussi dans ce domaine. Mais, ce critère n’est pas valable pour tous les cas. On ne peut donc en faire une généralité. Trouver sa voie du premier coup et la suivre toute sa vie n’est pas plus glorieux, que tâtonner et en expérimenter plusieurs jusqu’à sa mort. La spiritualité n’est pas une compétition, ni une quête de pouvoir. Parfois on a l’impression d’avoir choisi, parfois l’impression d’avoir été attiré ou conduit vers. Est-ce que les chamanes mongoles choisissent de le devenir ? Non ! Mircea Eliade en a bien témoigné dans son ouvrage, ça leur tombe dessus et pas forcément de façon douce et confortable. Corine Sombrun n’est pas mongole, pourtant les esprits par un concours de circonstances l’ont bien conduite là-bas pour être formée.

J’ai appris de mes expériences, que je suis responsable de mes choix spirituels, mais pas de celui des autres. Je sais, que je ne sais pas pour eux. Et j’attends de l’autre que ce respect soit réciproque.

Sterenn

La divinité, bien plus qu’une simple image

Je prends les sujets de réflexion tel qu’ils viennent en ce moment. Aujourd’hui, c’est l’image de la divinité. Et puis l’image quelque part cela rejoint aussi l’idée de nommer ou désigner. Dans les traditions modernes païennes (on dit aussi néo-païennes), résurgences d’anciennes traditions, il y a des représentations de la ou des divinités anthropomorphes et zoomorphes. Est-ce que cela signifie que la/les divinités sont perçues comme de formes humaines ou animales ? Le divin a-t’il une forme ou des formes ? Est-ce de l’idolâtrie ? Cette façon de représenter les divinités peut poser question aux autres, comme à soi-même. J’avertis le lecteur que j’aborde le sujet sous l’angle de ma propre expérience. Il ne s’agit pas de faire une dissertation ou étude sur le sujet.

Représentation du divin sous formes humaines ou animales

J’ai des représentations de « ce qui est divin » sous des formes humaines ou animales, ayant leurs noms propres et leurs attributs spécifiques sur mes étagères. Pour autant, je peux m’en passer. Parfois, même je les oublie. Et je conçois que ces images sont imparfaites à représenter la nature du divin.

Elles ne sont qu’un moyen ou un support pour s’approcher de la compréhension de « ce qui est divin » et aussi un support de dévotion. C’est à dire quelqu’un chose de concret, tangible, palpable sur lequel je peux poser mon regard et focaliser mon attention. Parce que vous avez essayer vous de focaliser votre attention sur La divinité, quand les textes la décrivent comme l’incommensurable ? Pas facile, n’est-ce pas ! Nos sens ont leur limites. Le divin, non !

Un support adapté au monde matériel

L’icône du dieu ou de la déesse est un objet adapté au monde matériel. Il est conçu pour notre incarnation sur terre, qui requiert l’usage d’un corps. Ce dernier perçoit le monde via les 5 sens pour s’en faire une représentation. Il lui faut donc un objet, qu’il puisse capter par les 5 sens pour se représenter une idée du divin. L’iconographie des divinités est une langue, qui nous présente et nous racontent ce qu’est le « divin ». Un langage imagé et symbolique adapté à nos moyens et à notre monde.

Définir l’indéfinissable

En effet, même si « ce qui est divin », à la fois un et multiple, dépasse mon entendement ou ce que je peux imaginer et exprimer.  Pour m’adresser à lui/elle il est plus pratique de le représenter par un objet ayant une forme identifiable et qui fait référence à du connu. Il est alors possible d’utiliser un animal pour incarner certaines qualités, un homme ou une femme porteur de certains objets, dont les fonctions évoquent ses pouvoirs. Il peut s’agir aussi d’un symbole.

Les limites du support de dévotion

Ceci signifie aussi que ce support est réducteur. Il pose des limites, à ce qui est sans limites. Il donne une forme, à ce qui est sans forme et qui les possède toutes. Il en est de même pour le nom. Il ne cerne que quelques aspects, d’une puissance qui possède de multiples facettes. Ce qui explique la multiplicité de noms, qui a pu être donné à la divinité et la multiplicité des formes depuis les débuts de l’humanité. Car aucun n’a jamais pu cerner l’essence de la divinité dans sa globalité.

Et l’idolâtrie ?

L’idolâtrie, en général, c’est une pratique reprochée par les religions du livre aux païens. Il s’agit de la vénération des images ou des représentations du divin. C’est d’ailleurs un mot qui appartient à leur langage et leur vision du monde. Pourtant, cela ne signifie nullement que tout ceux qui se servent d’une image du divin, soient des idolâtres. Je suis allé chercher une définition plus précise sur un site monothéiste pour être sure de leur point de vue

Consiste à diviniser ce qui n’est pas Dieu (Mt 6, 24). Sa source est dans le refus de l’homme de reconnaître la souveraineté de Dieu créateur, seul vrai Dieu. Dans l’Ancien Testament ce mot désignait le culte rendu à d’autres dieux que le Dieu d’Israël.

Site Église Catholique de France, édité par la conférence des évêques de France – https://eglise.catholique.fr/glossaire/idolatrie/ – relevé le 2 janvier 2018

En faite l’adoration des idoles fait référence à la révérence faite aux faux dieux, notamment l’adoration excessive de leurs représentations sacralisées. Sauf que ce point de vue n’est valable que si on admet qu’il n’y est qu’un seul dieu (monothéisme), que tout ce qui existe ne soit pas dieu (transcendance) et que la représentation d’une divinité soit considéré comme sacré. Trois points, qui se discutent.

Immanence et transcendance

Pour ma part l’idée d’un divin qui soit seulement unique ou seulement multiples, ne se pose pas pour moi. Ce qui est divin est unique en son principe et multiples en ses manifestations. Ensuite, nous touchons au débat sur l’immanence ou la transcendance du divin. Qui pour ma part ne peut pas faire débat, le divin étant le tout qui est en tout, l’origine et la fin, il est à la fois immanent (contenu dans la nature de tout ce qui est) et transcendant ( qui est supérieur, dépasse les limites de ce qui est, du monde, et lui est supérieur). Il est à l’extérieur de soi comme en soi.

L’objet et le dieu, le profane et le sacré

Enfin, je ne considère pas mes représentations du divin comme sacré. Si une statue se brise, c’est une statue qui se brise, pas une divinité ou un sacrilège. C’est de la matière, qui a été support de l’idée que je me fais d’une facette du divin et un point de focal pour ma dévotion. Elle porte une part de la divinité, puisqu’elle fait partie du monde crée, mais n’est pas le réceptacle de toute la divinité. La briser ne brise pas le dieu, ni ne lui porte offense. La statue, le dessin ou la peinture de la divinité permet de se faire une idée de « ce qui est divin » sous une forme à ma portée et créer une relation qui puisse passer par le matériel, le geste, l’offrande, la prière. Car nous sommes des êtres matériels et nous concrétisons notre foi, par du tangible, une façon d’être. Comme nous rendons concrètes nos qualités, nos défauts et ce que nous sommes par nos actions et les expériences que nous vivons. La statue ou l’image, c’est aussi la forme sous laquelle peut nous apparaitre en rêve ou en vision, « ce qui est divin ». C’est notre façon de le/la percevoir ou est-ce la façon dont il/elle se rend perceptible ? Hum… je dirais les deux.