La garache, la femme loup poitevine

La Garache est le nom donné en Poitou aux femmes, qui étaient accusées de se changer en louve la nuit venue. Selon les légendes, une simple blessure les contraignaient à reprendre leur forme. On dit aussi que pour la blesser, il fallait l’atteindre avec la balle d’une arme chargée avec trois morceaux de pain bénit lors des trois messes de minuit (source légendes locales de la ville D’angles). Dans certains récits, le personnage de la garache est aussi rapprochée de celui de la dame blanche, des sorcières ou de la ganipote.

La femme-loup dans les légendes vendéennes

Il en était encore fait mention aux XIX éme siècle dans les mythes et légendes, collectées par quelque érudits locaux. Ainsi, il est fait mention de l’histoire d’un jeune homme, qui surprit sa fiancée à se changer en garache à l’aide d’un onguent et d’une formule. Voulant la suivre, il s’enduit de la même mixture, mais se trompa dans la formule. Cette erreur le fit voyager jusqu’au lieu où se rendait sa fiancée, le lieu-dit Lavignon, non en sautant par dessus les haies et buissons, mais en passant à travers. Alors, qu’il vit celle-ci sautait des haies de façon prodigieuse, il s’exclama : « Jésus ». Ce qui fit cesser pour lui le charme et il dut rentrer à pied.

Représentation des loups-garous d'Ossory, de Topographia Hibernica par Gerald de Wales, c. 1200
Représentation des loups-garous d’Ossory, Topographia Hibernica par Gerald de Wales, c. 1200

A Maché, on raconte que garous et garaches se réunissaient à la Fontaine du Bois de Vignères. A Angles, une garache aurait été tuée dans le Champs des Pérochelles et une autre à la Petite Lamberde. On prétend d’ailleurs que cette dernière était une reine d’Angleterre changée en garache sous le coup d’une malédiction. A Avrillé, un homme eu le malheur de rencontrer une garache, qui s’appuya sur ses épaules. Il eut grand peine à s’en débarrasser. Lorsqu’il y parvint, il dit à ses enfants : « Mes enfants, je suis mort, la garache m’a tuée… ». Et quelques jours plus tard, l’histoire dit que tout le village se rendit en effet à son enterrement.

La dame blanche du château de la Vergne à Beaufou

A Beaufou, une légende court concernant le château de la Vergne. Il est dit qu’une dame du lieu se changeait en garache. Mais un jour, son époux lors d’une battue au loup blessa une louve blanche. Il lui trancha une patte. Sur l’instant, celle-ci se changea en main féminine portant l’anneau nuptial aux armes de la Vergne. De retour au château, il découvrit son épouse blessée. Ne pouvant la défaire de son état de garache, il se résolut à mettre fin à ses jours. D’autres récits se rapportant aux garaches sont attestés à Beauvoir-sur-Mer, Chaillé-les-Marais, Chaillé-sous-les-Ormeaux, St Gilles Croix de Vie, Fontaines, la Garnache, l’Hermenault, Longeville, Menomblet, Monsireigne, Rocheservière, St Avaugour-des-Landes, St Juire-Champgillon, St Michel-Mont-Mercure, Talmont, Thouarsais-Bouildroux et Vouvant (cité de la fée Mélusine).

A consulter sur le sujet :
– La Vendée mythologique et légendaire, Jean-Loïc Le Quellec, 2007
– Petite Encyclopédie du merveilleux , Edouard Brasey, 2007
– Les légendes de Mortemer, Boulogne, Jacqueline Caffin, 1986

Les déesses étoiles slaves Zorya

En cette période de nuit des étoiles, j’ai envie d’explorer le thème de la déesse étoile. C’est aussi un thème qui m’est personnellement cher, car plusieurs d’entre elles ont influencé et inspiré mon cheminement. J’aurai pu commencer par Sopdet ou Sothis l’égyptienne. Je pense que certains de mes proches auraient trouver cela logique. Et pourtant non. J’ai décidé de commencer par des divinités moins connues de la mythologie slave, les Zorya. Si tu regardes la série American Gods inspiré du livre de Neil Gaman, elles figurent parmi les divinités du récit.

Les trois déesses Zorya

Zorya est un faite un nom, qui désigne trois déesses de la mythologie slave. Il s’agit de :

  • Zorya Utrennyaya, l’étoile du matin, qui ouvre les portes au soleil.
  • Zorya Vechernyay, l’étoile du berger, qui ferme les portes après le coucher du soleil.
  • Zorya Polunochnaya, l’étoile de minuit, qui accueille dans ses bras le soleil mourant.

Ces déesses sont des gardiennes, comme les Aurores (Eos, l’aurore indo-européenne, l’Aurore romaine, la Mater matuta, Eostre, Ostara, Ushas…). Les légendes racontent, qu’elles surveillent le chien Simargl, enchaîné à l’étoile Polaris de la constellation de la Petite Ourse. Elles devaient s’assurer que la bête ne brisent pas ses chaînes. Car si cela arrivait, alors l’univers serait détruit.

Zorya étoile du matin, l’Aurore

Zorya Utrennjaja est l’étoile du matin. C’est elle qui ouvre les portes de Dazbog, le dieu du soleil. Elle est aussi connu sous d’autres noms dans les langues salves : Gwiazda Poranna, Zvezda Dennitsa, Rannia Zoria, Zornica, Zvijezda Danica, Zara-Zaranica, Zwezda, Gwiazda Poranna. Comme beaucoup d’autres déesses de l’aube, elle est associée à la planète Vénus. Elle a aussi la charge de la protection des chevaux, de la lumière, la purification spirituel et l’exorcisme. Dans certains récits, elle est la femme de dieu Péroune ou Perun et dans d’autres, elle est une déesse vierge.

Zorya étoile du soir, le Crépuscule

Zorya Vechernyay est aussi appelée Gwiazda Wieczorna, Večernja Zvijezda, Zwezda Wieczoniaia, Vechirnia Zoria, Večernica et Večernjača. Cet autre Zorya est responsable de la fermeture des portes du palais du dieu soleil Dazbog. Son étoile est Mercure. Selon les légendes, elle protège les voyageurs égarés et sa lumière indicatrice les guide. Elle est parfois désignée comme l’épouse du dieu lunaire Myesyats et la mère des étoiles. Comme sa sœur, son statut maritale est incertain, car elle est aussi vu dans d’autres sources comme une déesse vierge.

Zorya l’étoile de minuit

Zorya Polunochnaya est la moins connue des trois et la plus mystérieuse. Car plusieurs légendes mettent en avant ses sœurs et omettent carrément de la citer. Elle est aussi appelée Zwezda Polnoca. Il semblerait que son rôle soit d’accueillir chaque nuit le soleil mourant dans ses bras pour lui permettre de renaître. Elle est associée au passage mort/renaissance, à la magie, au mysticisme et à la sagesse.

A lire :

Publications néo-païennes pour enfants : The Pooka pages

Dans ma quête d’outils utiles à la parentalité païenne, je suis tombé sur cette ressource anglophone, The pooka pages for pagan kids (pookapages.com/). Ce projet tire son nom d’une créature légendaire du folklore irlandais appelé Le Puck ou Pooka. Cet esprit de la nature a la propriété d’être métamorphe. Selon les sources et les auteurs, il pouvait être bienveillant ou malfaisant. Le projet tourne aussi autour du personnage de Elsie, une petite fille, et son familier Pooka, un chat.

Publication païenne gratuite pour enfants

Pooka Magazine est une publication gratuite, disponible en pdf sur pookapages.com, à destination des enfants païens. Elle est publiée 8 fois par an, avant les grandes célébrations de la roue de l’année. Ce webzine propose des histoires originales illustrées, des recettes, des idées de bricolages et des coloriages sur la thématique néo-païenne adaptées à un jeune public. Les illustrations sont réalisées par l’artiste Lora Craig-Gaddis. Il est possible de suivre les activités de ce projet collectif sur leur page facebook : facebook.com/PookaPagesTeam. Ce support peut être une bonne source d’inspiration dans le domaine de la parentalité païenne. Il y a des idées sympas d’activités.

On trouve aussi un album des histoires de Elsie et Pooka sur Amazon.

Elsie and Pooka Stories – Summer Broché – 9 juin 2018
ISBN : 978-1983070679
Broché, prix 7,20 €

Aperçu du numéro de Yule 2018

Bès, dieu égyptien, magnifique et bienveillant

Chamane et initiateur

Bès est représenté sous la forme d’un nain. Son visage rappelle le lion, il est marqué par une barbe hirsute et des sourcils imposants. Il porte souvent une peau de lion ou de léopard, avec une queue. Sous cette peau de léopard se cacherait selon les légendes, un pénis impressionnant, associé à un gros appétit sexuel allant de pair avec la joie de vivre, dont il est le dieu. Ce dieu n’est semble t’il pas d’origine égyptienne, mais plus probablement soudanaise ou de l’Afrique centrale. Son rôle et ses attributs (peau de léopard, instrument de musique, couteau, figure effrayante proche du masque) le rapproche d’ailleurs de la fonction du chaman. Dans la langue hiéroglyphique, le mot Bès est proche du verbe « Besa » (protéger), mais aussi de « Beset » qui désigne l’initiation sacerdotale ou la montée royale. Le verbe « bes » signifie « introduire, faire entrer, installer, initier, faire entrer dans la fonction royale ou le temple ». Bès, dieu shaman, a pu être aussi vu comme un dieu lié aux initiations. Le mot Bes signifie aussi secret ou mystère. C’est l’une des rares divinités avec Hathor, à être représenté de face. Il est d’ailleurs associé à cette déesse, comme faisant partie de sa suite de musiciens et danseurs.

Le protecteur

Dieu populaire, il protège les foyers, les naissances et les jeunes enfants des mauvais esprits, qu’il effraie en faisant du bruit et en faisant des grimaces. Pendant les accouchements, les anciens prétendaient que Bès dansait dans la chambre, secouant son hochet en criant pour effrayer les démons qui, autrement, aurait jeté un sort sur l’enfant. Après la naissance, il reste près du berceau pour divertir le nouveau-né. Quand un bébé rit ou sourit sans raison apparente, les anciens croyaient que c’était parce que Bès était quelque part dans la pièce pour faire des grimaces. Il est aussi connu pour son rôle de protection du sommeil. Il garantit aux humains des nuits calmes et un sommeil paisible en écartant toutes les puissances hostiles, et protège aussi des pannes sexuelles. Bès est parfois confondu avec un autre dieu plus guerrier de petite taille à l’apparence quasi-similaire et armé de couteaux, Aha (signifie « le combattant »).

Rieur et bon vivant

Bès est aussi le dieu des rires, de l’humour, de la danse, de la musique de la joie et des plaisirs sensuels. C’est l’image du dieu « bon vivant ». Les danseuses égyptiennes se tatouaient des figures de Bès sur le corps. Jusqu’à présent, aucun temple dédié en particulier à Bès n’était connu. Cependant, de récents travaux archéologiques viennent de mettre à jour un temple, qui pourrait avoir été un lieu de culte en l’honneur de Bès, dans l’oasis de Bahariya.Le culte du dieu Bès fut exporté à l’étranger comme celui d’Aset (Isis). Il était apprécié en particulier par les Phéniciens et les Chypriotes. Les premières monnaies frappés sur l’île d’Ibiza représente notamment le dieu Bès (300 avt JC). Le nom de l’île semble vraisemblablement venir du nom du dieu.Il semblerait, que des traces de son culte soient présentes également en Italie. Ainsi, le culte de Saint Bessus en Italie du Nord comporte de nombreuses similitudes avec celui de Bès. Ils sont tout deux invoqués pour la fécondité et associés à une plume d’autruche dans leur iconographie.

Lors de nos rencontres entre amis amoureux de l’Egypte, nous avons vécu de grands moments de fous rires, sous son inspiration. C’est aussi dans ces moments que nous sont venus des blagues ou des jeux de mots, que nous sommes probablement les seuls à comprendre (private joke), comme le fameux « Bès Café ». Il y a aussi le thé Amon… mais ce serait trop long à vous expliquer.

Ce qui caractérise pour moi ce dieu égyptien, c’est aussi sa bienveillance. C’est à dire que Bès possède une réelle volonté à vouloir le bien et le bonheur des êtres humains, ce qui explique son extrême popularité dans les foyers en ancienne Egypte. Son allure grotesque ou effrayante ne vise pas à nous faire peur, mais à effrayer nos peurs et nos idées noires, qui sont nos démons intérieurs. Je suppose, que dieu égyptien fut peut-être l’une des premières déités de la thérapie par le rire, la musique et la joie de vivre. C’est un dieu bien ancré dans le réel et les préoccupations du quotidien.

Cathubodua et la femme celte

Cet article a été publié pour la première fois, il y a environ 3 ans sur un blog à propos de la divinité Cathubodua. Conservé dans mes archives depuis la fermeture du site, j’ai décidé de le ré-édité.

Je poursuis mon exploration historique. Cette fois-ci, je vais aller à la rencontre de la femme celte. Peut-être que comprendre la place de la femme dans la culture celte pourra m’éclairer sur la nature de Cathubodua.

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La femme celte et le mariage

La femme celte est relativement indépendante de l’homme. Elle peut posséder des biens en propre, notamment mobilier (la propriété foncière était collective chez les Celtes). Elle les conservait en cas de mariage et pouvait les reprendre en cas de divorce. Le mariage est une institution souple, un contrat en deux personnes, dont la durée n’était pas nécessairement définitive. En théorie, la femme choisissait librement son époux. Si elle possédait plus de biens que son époux, c’est  elle qui dirigeait les affaires du ménage. Si leur fortune était égale, le mari pouvait gérer ses biens sans l’avis de sa femme. Le mariage ne signifiait pas pour l’épouse entrer dans la famille de l’époux, elle était toujours membre de sa famille et y retournait en cas de divorce. Si l’époux décidait de la quitter, il devait indiquer des motifs graves pour justifier sa décision, sinon il devait payer des dédommagements. De même la femme pouvait divorcer en cas de mauvais traitements et conservait ses biens. La séparation pouvait aussi se faire par consentement mutuel. Les remariages sont aussi possibles.

Le courage de la femme celte et la guerre

D’après Diodore de Sicile (V.32) :

« chez les Gaulois, les femmes sont presque de la même taille que les hommes, avec lesquels elles rivalisent de courage ».

D’après Ammien Marcellin (XV.12), quand un gaulois est dans une rixe, il peut appeler sa femme pour l’aider :

« l’humeur des Gaulois est querelleuse et arrogante à l’excès. Le premier venu d’entre eux, dans une rixe, va tenir tête à plusieurs étrangers à la fois, sans autre auxiliaire que son épouse, champion bien redoutable encore. Il faut voir ces viragos, les veines du cou gonflées par la rage, balancer leurs bras robustes d’une blancheur de neige et jouer des pieds et des poings, assurant des coups qui semblent partir de la détente d’une catapulte ».

Lorsque les troupes romaines de Caius Marius firent face  aux fantassins cimbres près de la ville de Vercellae (en -101 av. JC), elles combattirent aussi des femmes armées d’arcs, de poignards et de glaives. Leur furie marqua Caius Marius.

Plutarque  nous raconte la fureur des femmes ambrones dans la bataille d’Aix-en-Provence opposant leurs époux aux troupes romaines de Marius, en 102 av. J.-C. (DEYBER 2009, p. 143) :

« Mais là, les femmes se jetant à leur rencontre avec des épées et des haches et poussant des cris aigus de colère et de rage s’efforçaient de repousser à la fois les fuyards et leurs poursuivants, les uns comme traîtres, les autres comme ennemis : elles se mêlaient aux combattants ; de leurs mains nues, elles arrachaient les boucliers des Romains et saisissaient leurs épées, en supportant les blessures qui déchiraient leurs corps avec un courage invincible jusqu’à la fin. » (Plutarque, Vies parallèles, Marius, XIX, 9)

Tacite

« Sur le rivage l’armée ennemie faisait face, dense en armes et en hommes ; parmi elle couraient des femmes semblables à des furies, les cheveux dénoués et portant des torches. Autour d’elles des druides, les mains tournées vers le ciel, répandaient d’affreuses imprécations […] » Tacite, Annales, XIV, 30

« Nous bretons, nous avons l’habitude qu’une femme commande à la guerre. » Tacite, Annales, XIV, 34

Malgré ces témoignages, l’existence de la femme celte guerrière fait encore débat et divise. On ignore si ces témoignages sont des cas isolés ou si la participation de la femme celte aux batailles était courante. L’archéologie nous en apprendra peut-être plus dans les années à venir. Les études des ossements issus de « sépultures de guerriers » ne sont pas aussi fréquentes qu’il le faudrait. Le raisonnement est souvent d’associer une sépulture en armure à un homme, hors il y a peu de temps des archéologues sont tombés dans le panneau. Une news datant du 18 octobre 2013 raconte que deux squelettes ont été retrouvés dans une tombe étrusque, l’un armé, l’autre porteur de bijoux. De prime abord, il a été déduit que celui porteur d’armes était un prince, celui porteur de bijou une princesse. Hors l’analyse des ossements en laboratoires a révélé l’inverse (voir les liens suivants Oops! Etruscan Warrior Prince Really a Princess – Etruscan Warrior Prince Actually A Princess, Bone Analysis Reveals).

La femme celte et la politique

D’après Plutarque, les femmes peuvent jouer un rôle important dans les assemblées confédérales, qui traitent des alliances ou des conflits. Leur bon jugement et leur impartialité y sont appréciés. C’est pourquoi elles se voient confier la tâche d’arbitre dans les conflits.

Tacite (56-120 après J.C) dit dans ses Annales que « les Celtes n’avaient rien contre le fait d’être dirigés par une femme« . Ou encore dans « Vie d’Agricola« : « Sur l’île de Bretagne aucune loi n’interdit aux femmes de monter sur le trône ou de commander les armées« .

Conclusion

Le contexte culturel dont est issu Cathubodua témoigne d’une vision de la femme  plus libre et souveraine que par exemple chez les romains ou les grecs. Il nous apprend également qu’elle peut se révéler aussi combative et courageuse que l’homme, voire prendre les armes et s’engager dans les batailles. Deux passages m’ont fait penser à l’aspect furie, des déesses des batailles associées à la Corneille qui  encouragent les guerriers au combat  :
– « Mais là, les femmes se jetant à leur rencontre avec des épées et des haches et poussant des cris aigus de colère et de rage s’efforçaient de repousser à la fois les fuyards et leurs poursuivants, les uns comme traîtres, les autres comme ennemis. »   (Plutarque, Vies parallèles, Marius, XIX, 9)
–  » […] parmi elle couraient des femmes semblables à des furies, les cheveux dénoués et portant des torches  (Tacite, Annales, XIV, 30) ».

L’octogramme ou étoile à huit branches

Il est fréquent de voir le pentagramme ou l’étoile à 5 branches dans le milieu néo-paien, surtout chez les pratiquants passionnés d’ésotérisme, d’occultisme, de magie, etc. Ce qui est un peu moins mon cas. Vous aurez peut-être remarqué malgré tout la présence de l’étoile à 8 branches ou octogramme, comme logo/symbole de ce projet.

L’octogramme, figure géométrique de l’astre, de l’étoile…

Les plus anciens dessins d’étoiles à 8 branches représentaient l’idée d’étoile ou l’astre comme corps céleste (lune, soleil, planète, comète…), notamment en Mésopotamie. Dans la culture russe, elle représente le soleil rayonnant, comme chez certains amérindiens.

Étoile à 8 branches, déesses, tarot…

L’octogramme est aussi une figure géométrique associée à des déesses, comme Ishtar/Inanna et Laksmi. Elle est présente sur la carte dite de l’Étoile du Tarot de Marseille. C’est Vénus, mais aussi chez les chrétiens l’étoile guide de Bethléem.

Un symbole mettant en rapport l’espace et le temps

L’octogramme évoque pour moi le monde créé, l’univers, car elle condense en elle la notion de temps cyclique, d’espace et un centre caché qui est sa source, son axe et son origine. En Chine, le chiffre 8 représente la totalité de l’univers

L’étoile à 8 branches et la roue de l’année : le temps

Sur la roue de l’année, il y a 8 festivités. C’est à dire 2 équinoxes, 2 solstices et 4 fêtes intercalées entre ces événements. Si je trace un cercle pour représenter la roue de l’année et place les 8 points, je peux relier les 8 points entre eux par le dessin d’une étoile (cf.schéma).

L’octogramme et la rose des vents : l’espace

En suivant le même modèle géométrique que pour la roue de l’année, nous pouvons construire une rose des vents. Chaque pointe de l’étoile indique une direction Est, Sud, Ouest et Nord, ainsi que leurs intermédiaires Sud-Est, Sud-Ouest, Nord-Est et Nord-Ouest.

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L’axe ou le centre

Si l’étoile compte 8 branches, toute son architecture est reliée et vient d’un point pas toujours visible ou matérialisé, qui est le centre. Je dirais sa source ou son origine.

On peut reprendre la figure du cercle et l’étoile à 8 branches pour y représenter les 4 éléments (terre, air, eau, feu) et les 4 qualités élémentaires (chaud, sec, froid, humide), ainsi que les 4 états (ignée, solide, liquide, gazeux).

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Le chiffre 8 est associé à:
– La rose des vents, 4 points cardinaux et 4 directions intermédiaires,
– les 4 Éléments et les 4 qualités élémentaires,
– la roue solaire à 8 bras des celtes,
– La roue du Dharma,
– La rose de Wotan
– Muhlespiele ou jeu du moulin, ou encore l’escarboucle,
– en mathématique le symbole de l’infini est représenté par un 8 couché,
– l’étoile de Vénus, d’Ishtar, de Bethléem ou de Laksmi
– l’étoile rayonnante,
– l’infinie, l’harmonie, l’espace, la matière,
– l’ogdoade ou 8 dieux de la cité égyptienne antique d’Hermopolis,
– Huit principes de yǒng ou 8 traits de base de la calligraphie chinoise,
– considéré comme un nombre chanceux dans la culture chinoise car il sonne comme le mot « prospérité »,
– les 8 trigrammes du Yi King (le ciel, la terre, le tonnerre, l’eau, la montagne, le vent, le feu, le lac),
– les 8 formes de Laksmi, les 8 bras de Vishnou, les 8 pétales du lotus de Bouddha, les 8 planètes autour du soleil, les 8 immortels chinois
– Croix à 8 branches du dieu maya Quetzalcoatl,
– Auseklis (etymologie de son nom dérive de celui de l’aube) était un dieu letton et la personnification de l’étoile de Vénus, représenté par une étoile à 8 branches,
– le symbole de l’organisation appelée l’Aurum Solis.

Les archétypes du masculin divin ou sacré

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Le travail sur soi est sans fin. C’est un processus continu. Si jusqu’ici l’aspect du divin au féminin est celui qui prédomine dans mon cheminement, le masculin et les dieux n’en sont pas exclus, ni dévalorisés . Ces derniers jours, j’ai eu envie de revenir sur le sujet du masculin divin ou sacré et de ses archétypes. Vous trouverez ci-dessous mes premières notes à ce sujet. Ce sont des idées encore un peu en vrac, des pistes de réflexion peut-être à dégrossir ou affiner ultérieurement.

Archétypes du masculin divin (22) :
– l’enfant, le fils ou le jeune homme,
– le père/l’époux,
– l’homme sage, le vieil homme ou le grand-père,
– le guerrier,
– le prêtre,
– le magicien,
– le guérisseur,
– le chamane,
– l’amant, le dieu fertile,
– l’artisan,
– le roi/le souverain,
– le rival ou le destructeur,
– le dieu sombre, de l’au-delà, de la mort,
– le trickster, le farceur ou le frippon divin,
– le sauveur sacrifié,
– le rival destructeur,
– le solaire,
– le lunaire,
– le dieu vert, forestier, sauvage,
– le dieu céleste,
– le dieu des mers, aquatique,
– le dieu terrestre, agraire.

Certains archétypes partagent des points communs ou se chevauchent. Par exemple, un dieu céleste peut aussi être une figure de souverain. Je pense à Zeus/Jupiter, par exemple. Le dieu forestier peut aussi être l’amant fertile.

Édit post-publication : Rhi-Peann me suggère le voyageur, que je qualifierais aussi d’aventurier.

Hypothèse : La Vénus à gaine du Musée Dobrée, une figure de la déesse associée à l’année ?

Cet article fait suite aux deux articles mentionnés ci-dessous, pour mieux comprendre la démarche s’y référer :
– Le mystère des Vénus à gaine de l’Ouest de la France
– L’étrange motif de la Vénus à Gaine du Musée Dobrée

Ma principale hypothèse, concernant les dessins figurant au dos de la Vénus à gaine de type Rextugenos conservée au Musée Dobrée à Nantes (ndlr:qui n’est pas le seul modèle de ce type, ce sont des figurines moulées et vendues à bon marché à la population), est que nous sommes face à une représentation d’une déesse associée à l’année. J’émets l’hypothèse que les motifs figurant au dos de celle-ci représente une sorte de mini-calendrier ou de synthèse de l’année. Cela vient entre autre du fait que le motif central dans sa composition me rappelle la croix celtique. Je vais détailler ci-dessous, ce qui me fait émettre cette hypothèse. Car bien entendu, nous sommes dans le domaine de l’hypothèse.

5, 12, 60 et le calendrier celte de Coligny

Le dessin est structuré en 3 zones :
– en haut un motif rayonnant à 12 branches (un soleil ?);
– au centre un motif structuré en croix à 4 branches visibles (8 branches si on relie les centres des 4 cercles), composé de 4 cercles autour d’un cercle centre, soit 5 au total;
– en bas une grille de 6 rangs et 10 colonnes, soit 60 cases contenant un point.

Je remarque pour le 1 dessin le nombre 12.
Je remarque pour le dessin 2 le chiffre 5.
Je remarque pour le dessin 3 le nombre 60.

5,12,60…. (5 x 12=60) a quoi cela peut-il vous faire penser ? Le dessin centrale la première fois que je l’ai vu m’a fait penser à la croix celtique. Elle-même est associée à la roue de l’année. Hors, l’année celtique selon les données du calendrier de Coligny est organisé en cycle de 5 années solaires (ou lustre) de 12 mois de 29 ou 30 jours. Ces 5 années solaires équivalent à 60 mois lunaires plus 2 mois intercalaires. Coïncidence ?
Cf : Wikipédia, article calendrier de Coligny

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La roue de l’année

Continuons avec le motif central. Nous avons vu dans l’article précédent qu’il se compose de :
– le motif est structuré sur deux croix à 4 branches associées, l’une dont le tracé est matérialisé par des points, l’autre n’est pas visible mais se déduit en reliant les centres des 4 grands cercles. On obtient alors une croix à 8 branches;
– le dessin peut se diviser en 2 zones (haut et bas), contenant chacune 1 pair de motifs identiques (cf. schéma);
– il peut s’inscrire dans un rond ou dans un carré;
– il possède 5 motifs circulaires principaux ou qui se distinguent nettement dans sa structure, dont 4 grands cercles organisés autour d’un plus petit central;
– les deux motifs circulaires du haut possèdent tous deux 14 points entourant 3 cercles concentriques;
– les deux motifs circulaires du bas sont composés de 4 cercles concentriques et un disque plein au centre;
– la composition s’organise autour d’un centre.
Examinons de plus près tous ces éléments.

Les croix, les rouelles, la roue de l’année, solaire et de Taranis

Commençons par nos croix de 4 branches, qui en forment une à 8 branches sous-jacente. Notons que sur d’autres Vénus à gaine produite par le même atelier à la même période figure le motif de la rouelle ou une roue à 8 branches, donc un motif contenant une croix à 8 branches. Le motif de la Venus du Musée Dobrée peut d’ailleurs s’inscrire dans un cercle. Un cercle avec une croix à 8 branches évoque dans la culture celte la roue de Taranis, divinité du ciel, que les romains comparaient à Jupiter. Cette roue, c’est aussi la roue de l’année avec l’axe des solstices, des équinoxes et les 4 fêtes celtiques. Ce motif est aussi la structure sous-jacente de la croix celtique par exemple.

Que dit Wikipedia à propos de la croix celtique :

Il n’existe pas de représentation de la croix celtique, c’est-à-dire avec les branches dépassant le cercle, avant les croix irlandaises chrétiennes. On trouve des symboles antiques de représentation proche (un cercle avec une croix à 4 branches inscrite dans ce cercle, c’est-à-dire que les branches s’arrêtent au cercle) ; ces symboles, appelés roues solaires, apparaissent dès le néolithique (6000 av. J.-C.)4 et dans des Gravures rupestres de Suède.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Croix_celtique

Les deux parties de l’année ?

Le motif peut aussi se diviser en deux zones. En effet, la partie haute contient deux motifs circulaires identiques. Et la partie basse, 2 autres motifs circulaires identiques. Ce qui nous amènent donc à diviser notre mtoif de l’année en 2, donc 2 saisons (lumineuse, sombre) ?

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Les 5 royaumes ?

Il y a encore quelque chose qui m’a interpellé dans ce dessin, les 4 grands cercles organisés autour d’un plus petit central. Si on suit l’hypothèse formulé jusqu’à présent, les 4 cercles sont les 4 fêtes celtiques : samhain, beltane, imbolc, lughnasad. Ceci m’a fait pensé à un fait concernant l’Irlande, ces 4 fêtes et les 5 royaumes. En Irlande, les fêtes celtiques se déroulaient dans la province centrale (Mide). Elle était composée d’une partie de chacune des quatre autres provinces. Chaque fête se déroulait dans une partie associée à une province. Est-ce que cette division en 5 royaume a pu avoir son équivalent symbolique en Gaule ? Cette division peut aussi évoquer les 4 points cardinaux et le centre.

Voilà des pistes de réflexion… des hypothèses…

Associer année (plus précisément la belle saison) et une déesse appartient au fond culturel indo-européen dont sont issus les celtes. Ce ne serait donc pas « farfelu » dans l’idée. Ma démarche reste cependant une hypothèse. Ne voyez pas là une affirmation de ma part, mais biens des travaux de recherches et de réflexions.

 A lire au même sujet :
– http://www.figurinesgalloromaines03.fr/ 
–  Les figurines en terre cuite gallo-romaines, de Colette Bémont, Micheline Jeanlin, Christian Lahanier, édition Maison des Sciences de l’Homme ISBN-13 978-2-7351-0496-3

L’étrange motif de la Vénus à Gaine du Musée Dobrée

Dans l’article précédent sur les Vénus à gaine, je vous ai présenté « en gros » ce qu’est une Vénus à gaine gallo-romaine et le type particulier de celle de Rextugenos, atelier de l’Ouest de la France. Je me suis attardée plus particulièrement sur celle conservée au Musée Dobrée à Nantes, parce qu’elle possède au dos un motif, qui pose question. Il y a plusieurs dessins en faite, qui figurent au dos de cette statuette :
– en haut, une espèce de soleil ou d’œil, un motif rayonnant;
– au centre un motif organisé en croix, contenant des points et des cercles concentriques;
– en bas une grille avec des points.

Comprendre la structure du dessin

Avant de chercher des références historiques ou le sens des symboles au regard de la culture celtique par exemple, j’ai choisi de me livrer d’abord à une analyse de la composition du motif. Dans un premier temps, il me semble plus pertinent de voir de quoi il est composé. 

Premières observations :
– le motif est structuré sur deux croix à 4 branches associées, soit une croix à 8 branches;
– il peut se diviser en 2 zones (haut et bas), contenant chacune 1 pair de motifs identiques (cf. schéma);
– il peut s’inscrire dans un rond ou dans un carré;
– il possède 5 motifs circulaires principaux ou qui se distinguent nettement dans sa structure;
– les deux motifs circulaires du haut possèdent tous deux 14 points entourant 3 cercles concentriques;
– les deux motifs circulaires du bas sont composés de 4 cercles concentriques et un disque plein au centre;
– la composition s’organise autour d’un centre.

Ci-dessous un schéma résumant mes premières observations.

motifs-rextugenos

 A lire au même sujet :
– http://www.figurinesgalloromaines03.fr/ 
–  Les figurines en terre cuite gallo-romaines, de Colette Bémont, Micheline Jeanlin, Christian Lahanier, édition Maison des Sciences de l’Homme ISBN-13 978-2-7351-0496-3

Le mystère des Vénus à gaine de l’Ouest de la France

Il y a quelques semaines, voire quelques mois, j’ai commencé à m’intéresser aux Vénus à gaine de l’époque gallo-romaine. Cet intérêt est survenu dans le prolongement de celui pour la spiritualité de ma terre natale et mes recherches sur les deités pré-chrétiennes de ma région. J’avais vu dans un musée de ma région une vénus à gaine. J’avais été séduite par la finesse de ses traits et les décorations de part et d’autre de sa représentation (rouelles, cercles..).

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