La garache, la femme loup poitevine

La Garache est le nom donné en Poitou aux femmes, qui étaient accusées de se changer en louve la nuit venue. Selon les légendes, une simple blessure les contraignaient à reprendre leur forme. On dit aussi que pour la blesser, il fallait l’atteindre avec la balle d’une arme chargée avec trois morceaux de pain bénit lors des trois messes de minuit (source légendes locales de la ville D’angles). Dans certains récits, le personnage de la garache est aussi rapprochée de celui de la dame blanche, des sorcières ou de la ganipote.

La femme-loup dans les légendes vendéennes

Il en était encore fait mention aux XIX éme siècle dans les mythes et légendes, collectées par quelque érudits locaux. Ainsi, il est fait mention de l’histoire d’un jeune homme, qui surprit sa fiancée à se changer en garache à l’aide d’un onguent et d’une formule. Voulant la suivre, il s’enduit de la même mixture, mais se trompa dans la formule. Cette erreur le fit voyager jusqu’au lieu où se rendait sa fiancée, le lieu-dit Lavignon, non en sautant par dessus les haies et buissons, mais en passant à travers. Alors, qu’il vit celle-ci sautait des haies de façon prodigieuse, il s’exclama : « Jésus ». Ce qui fit cesser pour lui le charme et il dut rentrer à pied.

Représentation des loups-garous d'Ossory, de Topographia Hibernica par Gerald de Wales, c. 1200
Représentation des loups-garous d’Ossory, Topographia Hibernica par Gerald de Wales, c. 1200

A Maché, on raconte que garous et garaches se réunissaient à la Fontaine du Bois de Vignères. A Angles, une garache aurait été tuée dans le Champs des Pérochelles et une autre à la Petite Lamberde. On prétend d’ailleurs que cette dernière était une reine d’Angleterre changée en garache sous le coup d’une malédiction. A Avrillé, un homme eu le malheur de rencontrer une garache, qui s’appuya sur ses épaules. Il eut grand peine à s’en débarrasser. Lorsqu’il y parvint, il dit à ses enfants : « Mes enfants, je suis mort, la garache m’a tuée… ». Et quelques jours plus tard, l’histoire dit que tout le village se rendit en effet à son enterrement.

La dame blanche du château de la Vergne à Beaufou

A Beaufou, une légende court concernant le château de la Vergne. Il est dit qu’une dame du lieu se changeait en garache. Mais un jour, son époux lors d’une battue au loup blessa une louve blanche. Il lui trancha une patte. Sur l’instant, celle-ci se changea en main féminine portant l’anneau nuptial aux armes de la Vergne. De retour au château, il découvrit son épouse blessée. Ne pouvant la défaire de son état de garache, il se résolut à mettre fin à ses jours. D’autres récits se rapportant aux garaches sont attestés à Beauvoir-sur-Mer, Chaillé-les-Marais, Chaillé-sous-les-Ormeaux, St Gilles Croix de Vie, Fontaines, la Garnache, l’Hermenault, Longeville, Menomblet, Monsireigne, Rocheservière, St Avaugour-des-Landes, St Juire-Champgillon, St Michel-Mont-Mercure, Talmont, Thouarsais-Bouildroux et Vouvant (cité de la fée Mélusine).

A consulter sur le sujet :
– La Vendée mythologique et légendaire, Jean-Loïc Le Quellec, 2007
– Petite Encyclopédie du merveilleux , Edouard Brasey, 2007
– Les légendes de Mortemer, Boulogne, Jacqueline Caffin, 1986

Lucus, le bosquet sacré romain

Dans la toponymie française, on trouve plusieurs communes dont le nom dérive du terme « lucus », par exemple : Le Luc-en-Provence (Var), les Lucs-sur-Boulogne, (Vendée), Luc (Lozère), Luc-en-Diois (Drôme), etc. Lucus désigne dans l’ancienne religion romaine un bosquet sacré. C’est l’un des 4 mots qui désigne une forêt ou un bosquet avec « nemus », « silva » et « saltus ». Cependant, il s’en distingue, car son utilisation était plutot dans un contexte religieux.

Lucus, le bosquet dans un contexte religieux

Dans l’ancienne religion romaine , un lucus est un bosquet sacré. Il s’agissait d’un espace comprenant un nombre important d’arbres ayant une signification religieuse, par opposiiton à silva (forêt naturelle) et nemus (arboretum qui n’est pas consacré). Quant au saltus, il implique une zone de nature vierge avec des caractéristiques topographiques variées.

Lucus, lieu de culte

En fait, le lucus était un lieu cultivé. Il était plus proche d’un parc boisé que d’une forêt, et pouvait contenir un aedes. C’est à dire un bâtiment abritant l’image d’un dieu ou d’autres esprits des lieux donnant lieu à des rituels. Apulée (vers 125 – 170) rapporte que :

« Quand des voyageurs pieux passent devant un bosquet sacré (lucus) ou un lieu de culte sur leur chemin, ils ont l’habitude de faire un voeu (votum) , une offrande de fruits ou de s’asseoir pendant un certain temps ».

Fête Lucaria

La Lucaria (« festival du bosquet (lucus) ») est une fête, qui se tenait les 19 et 21 juillet, selon le Fasti Amiterni , un calendrier datant du règne de Tibère retrouvé à Amiternum (aujourd’hui S. Vittorino).

Un lucus pouvait devenir un centre d’activité et rassembler près de lui une communauté, qui se développe ensuite en village voire en ville. Comme ce fut le cas du Lucus Augusti, qui est maintenant Lugo (Espagne). C’est pourquoi Lucus fait partie du nom latin de plusieurs lieux, dont l’origine ancienne date de l’empire romain.